Pour la mairesse de Rivière-du-Loup, de nouveaux élus coûteraient trop cher

Pour la mairesse de Rivière-du-Loup, de nouveaux élus coûteraient trop cher

20 avril 2021 par 

La mairesse de Rivière-du-Loup, Sylvie Vignet


Ne pas organiser d’élection du préfet au suffrage universel permet à la population d’économiser de l’argent, d’après la mairesse de Rivière-du-Loup, Sylvie Vignet. Elle a fait cette déclaration lors de la période de questions du dernier conseil de la MRC de Rivière-du-Loup, le 15 avril.

« Si on regarde juste le côté financier, pas d’élection à la préfecture, c’est un coût qu’on sauve pour notre population. Il ne faut pas oublier qu’un salaire qui est donné à un préfet [élu par ses pairs] est beaucoup moindre  qu’à un préfet élu au suffrage universel », a expliqué Mme Vignet, avant d’ajouter que cela permettait d’éviter de « créer tous les frais d’une élection ».

Au Québec, il existe deux manières d’élire un préfet de MRC : soit les maires choisissent l’un d’entre eux pour occuper ce poste, soit c’est la population qui vote pour élire un préfet qui ne cumule pas ses fonctions avec celles de maire. Au Bas-Saint-Laurent, quatre MRC (Kamouraska, Témiscouata, Les Basques et La Matapédia) ont opté pour une élection au suffrage universel. Ce n’est donc pas le cas de celle de Rivière-du-Loup, dont le maire de Saint-Cyprien Michel Lagacé est préfet depuis 2002.

En tant que préfet, M. Lagacé a droit à une rémunération annuelle de 41 600 $. Lorsqu’on y ajoute son allocation de dépenses et son salaire de maire, cela donne un total de 66 113 $, selon CIEL FM. Les préfets élus au suffrage universel gagnent effectivement plus que lui : ainsi, Bertin Denis touche 74 464 $ en tout à la MRC des Basques, et Yvon Soucy 75 464 $ au Kamouraska. La palme revient toutefois à la préfète du Témiscouata, Guylaine Sirois, qui reçoit  89 711 $ plus une allocation de dépenses de 16 767 $, pour un total dépassant les 106 000 $.

Retournement de veste

Sylvie Vignet s’était toutefois positionnée en faveur de l’élection du préfet au suffrage universel peu de temps après son élection, en 2017 : « Je pense que la démocratie en serait gagnante. C’est quand même maintenant des budgets beaucoup plus gros à gérer. Quand on est rendus à 10 millions de chiffres d’affaires à gérer, je pense que oui, on serait rendus là, sincèrement », avait-elle lancé à CIEL FM.

C’est l’ancien maire de Saint-Paul-de-la-Croix, Simon Périard, qui a posé la question sur l’élection au suffrage universel au conseil de la MRC. « Ne croyez-vous pas que les grandes orientations et les ambitions d’un préfet méritent d’être connues, débattues et votées par l’ensemble de la population? », a-t-il notamment demandé.

En plus de sa réflexion sur les sommes à engager, Mme Vignet a expliqué que les personnes présentes à la table du conseil (en l’occurrence les maires) sont déjà élues par la population. Elle trouve d’ailleurs avantageux que le préfet ait l’expérience d’être maire.

« Ce n’est pas le fait d’être élu au suffrage universel ou d’être élu par ses pairs qui va faire en sorte que le préfet va faire une bonne job », a-t-elle enfin déclaré pour justifier son changement de position sur ce sujet.

Ce n’est pas la première fois que Sylvie Vignet s’oppose à ce que la population ait davantage de représentants : étant donné la croissance de sa population, Rivière-du-Loup devait avoir deux conseillers municipaux de plus suite aux élections municipales de 2021, mais la Ville a demandé au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) de garder le nombre de conseillers actuel. Dans ce cas également, la mairesse a dit vouloir éviter des dépenses supplémentaires. Cette demande a été acceptée par le MAMH.

Des questions de citoyens non traitées

Par ailleurs, lors du conseil des maires de la MRC de Rivière-du-Loup, le maire de Saint-Modeste Louis-Marie Bastille (qui présidait la séance en l’absence de Michel Lagacé) a refusé de traiter des questions en provenance de citoyens. « Il y a des questions qui sont arrivées malheureusement après l’heure maximale qui était indiquée sur notre site web [14 heures], donc elles ne pourront être répondues ce soir, on devra attendre au mois prochain pour y répondre », a-t-il dit.

Cependant, en vertu d’un arrêté du ministre de la Santé, les citoyens doivent pouvoir envoyer leurs questions jusqu’au début de toute séance ou assemblée qui comprend une période de questions du public, soit 20 heures dans le cas de ce conseil des maires. « Commet une infraction et est passible d’une amende de 1000 $ à 6000 $ quiconque refuse d’obéir à un ordre du ministre », précise le relationniste de presse du MAMH Sébastien Gariépy.

Le porte-parole du Réseau d’information sur les municipalités, Roger Plante, avait justement envoyé une question qui n’a pas été traitée ce jour-là, et a confié au Mouton Noir qu’il déposerait une plainte à ce sujet.

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