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Vol XXVI No 4, mars-avril 2021, Danger: langue en péril?

La Caisse, un café communautaire en gestation à Baie-des-Sables

La Caisse, un café communautaire en gestation à Baie-des-Sables

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
22 avril 2021 par 


Le long de la route 132, bien des cafés et restaurants s’adressent à la clientèle touristique avant tout, et ferment leurs portes une fois les outardes parties au sud. À Baie-des-Sables, cela va toutefois changer : grâce au travail de bénévoles, un café ouvert à l’année va voir le jour l’année prochaine.

Conseillère municipale et présidente du comité culturel, Odette Simoneau est à l’origine de ce projet. Elle en a eu l’idée quand la caisse Desjardins a annoncé son départ de Baie-des-Sables et la mise en vente du bâtiment qui lui appartient. « J’ai proposé qu’on évalue la possibilité de faire quelque chose avec cet immeuble. Il est tellement bien situé, et les citoyens nous demandent depuis longtemps d’avoir un lieu de rencontre et des toilettes publiques au cœur du village. » Le nom du futur café sera donc une référence directe à l’ancienne fonction du lieu.

Un comité a donc été créé dès 2018 pour mener à bien le projet de café La Caisse – puis, de manière plus officielle, un organisme à but non lucratif (OBNL) en février 2021. Ce sera un « troisième lieu », explique Mme Simoneau, c’est-à-dire « un lieu qui se situe entre le travail et la maison, où on arrête avant de rentrer chez soi. » L’objectif? Contrer l’isolement dans cette petite municipalité de 600 âmes, tout en mettant l'emphase sur des activités de loisirs et culturelles (comme des expositions d'artistes locaux).

À l’intérieur, il y aura des espaces pour lire, un coin café, des magazines et des jeux de société, une salle de rencontre pour les différents comités du village, et un petit resto-bar qui servira de source de financement à l’OBNL. Bref, il s’agira d’« un endroit très confortable où on arrête pour prendre un café, et dont on n’a pas envie de ressortir », résume la conseillère municipale.

De l’aide venue de partout

Le comité à l’origine du projet a eu droit à de nombreux coups de main dans les deux dernières années : d’abord, celui de Desjardins, qui va céder l’immeuble gratuitement – plus précisément, le vendre à l’OBNL et restituer l’argent par le biais d’un fonds de soutien à la communauté.

« On a eu assez de bagout pour les convaincre d’installer au moins un guichet automatique sur place, se félicite Mme Simoneau. C’est assez héroïque, parce qu’à St-Ulric et à Métis-sur-Mer ils l’ont enlevé... Nous, on en a un flambant neuf! »

Ensuite, il y a eu l’apport de la municipalité, qui a versé une aide au démarrage de 20 000 $ issue de ses redevances des parcs éoliens Nicolas-Riou et Roncevaux. Puis celle de la MRC de La Matanie, par différents fonds de développement local et un accompagnement pour bâtir le plan d’affaires. Finalement, quelques commanditaires ont été sollicités et une campagne de sociofinancement a été organisée.

Un lieu que la population doit s’approprier

La population va avoir l’occasion de s’impliquer dans les phases subséquentes du projet : « En tant qu’OBNL, on a le droit de faire beaucoup de travaux par nous-mêmes, rappelle Odette Simoneau. On a déjà des bénévoles qui sont prêts à nous aider à mettre le café beau. » Ce qui correspond tout à fait au but recherché : « On veut créer un sentiment d’appartenance au café, que les gens se l’approprient et se sentent chez eux. »

Les travaux devraient commencer à l’hiver prochain, pour une ouverture à l’été 2022. Le café La Caisse deviendra alors le seul établissement de ce genre ouvert à l’année dans ce coin de pays. Une personne sera embauchée pour le gérer le café et mettre en place un menu épuré (sandwichs, salades, planches de dégustation) à base de produits locaux et de saison. L’été, il recevra l’aide d’un emploi étudiant ou deux.

Plus d’un an avant l’ouverture du café de Baie-des-Sables, Mme Simoneau est déjà sûre que la formule sera un succès et sera reprise par des villages alentour. « On va avoir l’appât le plus irrésistible : une machine à crème glacée molle. Avec des couchers de soleil, c’est winner », s’emballe-t-elle.

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