Deux nouvelles églises en voie d’être converties au Bas-Saint-Laurent

Deux nouvelles églises en voie d’être converties au Bas-Saint-Laurent

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
23 avril 2021 par 

Église de Cacouna


Deux municipalités du Bas-Saint-Laurent vont pouvoir se lancer dans la conversion de leur église, afin de lui donner une nouvelle vocation. Il s’agit de Saint-Ulric et de Cacouna, qui ont reçu respectivement 18 000 $ et 23 000 $ du ministère de la Culture et des Communications dans le cadre du Programme visant la requalification des lieux de culte excédentaires patrimoniaux, administré en collaboration avec le Conseil du patrimoine religieux du Québec.

Quelle agora pour Saint-Ulric?

Saint-Ulric a encore un curé, mais ce dernier a 74 ans et va prendre sa retraite cet été. Le conseil de fabrique réfléchit depuis quelque temps à l’avenir du bâtiment, et a crée l’organisme à but non lucratif Patrimoine solidaire à cette fin.

Aucun projet clair n’a encore émergé, explique l’administratrice de l’OBNL Monique Belley, ex-membre du conseil de fabrique : « On a des idées, mais la priorité est de faire un carnet de santé qui va nous dire si l’édifice est bon et que ça vaut la peine d’investir là-dedans. » C’est ce que la subvention récemment acquise va permettre de réaliser. Mme Belley est optimiste, le bâtiment vieux de 150 ans ayant toujours été bien entretenu.

Dans un second temps, c’est lors d’une consultation de la communauté ulricoise que sera déterminée la vocation future de l’église, selon les besoins du village. Étant donnée sa taille imposante, il est exclu de lui réserver un seul usage. Pas question, par exemple, de faire juste une bibliothèque, d’autant plus qu’il y en a déjà une grande à Matane, à un quart d’heure de là.

« On se donne aussi le défi de trouver des usages qui vont rapporter de l’argent, ajoute l’administratrice. Parce que même si c’est à but non lucratif, il faut quand même payer les factures de chauffage et d’entretien sans toujours compter sur la municipalité. Et on n’a pas envie d’organiser des soupers spaghetti ad vitam æternam! »

Autre contrainte, selon elle : « L’église est toute en fioritures et en courbes, ce n’est pas une architecture qui se prête bien à l’élévation de cloisons. Donc on veut des usages qui peuvent cohabiter, un peu comme dans un concept à aire ouverte, en altérant au minimum l’intérieur. » Le projet a d’ailleurs été baptisé L’Agora, c’est-à-dire l’endroit où la population se rassemble.

Des artistes à Cacouna

À Cacouna, l’église de Saint-Georges est elle aussi immense : elle dispose de 800 places assises. La fabrique va prochainement la céder à la municipalité, qui a déjà un projet pour la suite : y aménager une galerie d’art.

« Quatre ou cinq artistes locaux ont déjà été approchés par madame la mairesse », déclare le directeur général de la municipalité, Félix Bérubé, qui est en charge du dossier. Leurs œuvres se retrouveraient à l’entrée de la bâtisse, sous le jubé. Cela signifie que l’église resterait intacte à 95 %, selon le DG. Les bancs devraient même être laissés sur place, afin que le culte continue d’avoir lieu.

Un carnet de santé du bâtiment va aussi être fait prochainement, de même que deux études d’avant-projet : une par une firme d’architectes, et l’autre par des ingénieurs électriques afin d’installer un éclairage qui mettra en valeur les œuvres exposées. 

Grâce à cette nouvelle vocation, la municipalité espère être en mesure d’assurer la survie de cet édifice patrimonial classé le plus longtemps possible. « Les fabriques n’ont plus de sous. Or, pour nous, l’église c’est le cœur du village : on ne peut pas penser voir le bâtiment partir », résume Félix Bérubé. Tous les villages du Québec se disent la même chose et, petit à petit, ils réussissent à trouver des solutions originales.

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