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VOL XXVII No 1, septembre-octobre 2021 Suzanne Tremblay

Un mois d’avril décisif pour l’organisation (ou pas) des festivals

Un mois d’avril décisif pour l’organisation (ou pas) des festivals

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
30 mars 2021 par 

Feste Médiévale de St-Marcellin


Lundi, le ministre de la Santé Christian Dubé a annoncé que le Québec entrait dans la troisième vague de la pandémie de Covid-19, ce qui laisse penser que les mesures sanitaires vont être durcies tôt ou tard. La nouvelle tombe bien mal pour les organisateurs de festivals dans la région, qui doivent rapidement décider à quoi ressemblera leur édition 2021. 

« Si vous avez une boule de cristal pour m’aider, je la prends », s’amuse Nathalie Bélanger de l’Association de développement de Saint-Marcellin, qui organise la Feste Médiévale... avant de redevenir sérieuse : « Le comité organisateur travaille sur des scénarios possibles depuis le mois de novembre. La formule régulière est pas mal écartée. On a des idées en tête, mais on ne veut pas s’avancer, parce que tout dépendra des normes sanitaires en vigueur. »

Puisque ces mesures s’appliqueront même aux Vikings, il est peu probable que l’on puisse voir leurs épiques combats en groupe, moments forts de ce festival mettant le Moyen Âge à l’honneur. Il faut également oublier la visite du camp écossais et des autres reconstitutions d’habitations anciennes, où la distanciation physique est impossible.

Annulée en 2020, la Feste Médiévale a quand même des atouts, à commencer par l’immensité de son site. « On va profiter de notre grand terrain et rester à l’extérieur, confirme Mme Bélanger. Mais on ne pourra peut-être pas accueillir autant de monde qu’à l’habitude. » Les amateurs de chevalerie peuvent donc prendre le risque de cocher les dates du 20 au 22 août dans leur calendrier.

Au Kamouraska, le cirque de la Pointe-Sèche en est à peu près au même point dans sa réflexion. « On travaille très fort pour qu’il se passe de quoi, on trouverait ça vraiment dommage de ne pas avoir d’activité chez nous pour une deuxième année, en sachant qu’il va y avoir plein de monde intéressé », explique Élyme Gilbert, le fondateur de ce cirque qui n’a pu opérer qu’une saison jusqu’à présent, à l’été 2019.

Ça vaut la peine de viser plus petit

Les propos de M. Gilbert résument le paradoxe de la pandémie pour le milieu culturel de l’Est-du-Québec : l’été dernier, la région a reçu plus de touristes que jamais, mais les festivals ont été annulés et n’ont donc pas pu profiter de cette année exceptionnelle pour gagner en visibilité.

Puisqu’une deuxième belle saison touristique est à prévoir, il est important de pouvoir tenir les événements culturels, même avec une formule épurée. « Dans un mois et demi, je vais avoir une réponse très claire et je vais même avoir des billets à t’offrir », lance M. Gilbert, sous-entendant qu’il est exclu d’annuler totalement la saison du cirque situé à Saint-Germain.

D’autres n’ont pas la chance de disposer d’autant de temps pour prendre une décision : habituellement organisé en mai, le Tremplin de Dégelis, un festival de chanson destiné à la relève, va annoncer officiellement à la mi-avril ce qu’il compte faire en 2021.

À Saint-Gabriel-de-Rimouski, le festival Country-Western a d’ores et déjà décidé de tirer une croix sur sa prochaine édition, qui devait avoir lieu du 21 au 25 juillet. « C’est une déception car après des années d’absence, le rodéo devait revenir l’an dernier. On n’a pas pu l’avoir en 2020, on ne l’aura pas non plus cette année », se désole le vice-président du comité organisateur, Alain Carrier. En mars, un événement pré-festival a déjà dû être annulé.

Le comité organisateur travaille toutefois sur un événement plus court, qui aurait lieu début septembre, « pour que les gens se désennuient ». Côté festivals, on s’en va donc vers un été un peu moins anormal que 2020, mais encore loin d’être normal…

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