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VOL XXVII No 1, septembre-octobre 2021 Suzanne Tremblay

Internet haute vitesse : cette fois-ci, c’est sûrement la bonne!

Internet haute vitesse : cette fois-ci, c’est sûrement la bonne!

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
25 mars 2021 par 

En début de semaine, les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault ont annoncé lors d’une conférence de presse commune un investissement majeur pour la connexion des zones rurales du Québec à l’internet haute vitesse : 826,3 millions $ permettront de brancher 150 000 foyers québécois. De cette somme, 64 millions $ iront au Bas-Saint-Laurent, afin de raccorder 9596 foyers.

L’ouest de la région est particulièrement mal desservi par internet, notamment les MRC du Témiscouata et des Basques où la part des foyers n’ayant aucune connexion atteint 44 % et 41 %, respectivement. Les MRC du Kamouraska (17 %) et de Rivière-du-Loup (15 %) se portent un peu mieux, mais leur situation reste problématique à une époque où internet est considéré comme un service essentiel.

« C’est une excellente nouvelle, ça fait longtemps qu’on attendait ça, s’exclame la préfète de la MRC du Témiscouata, Guylaine Sirois. Enfin, les citoyens des régions vont être traités sur un pied d’égalité avec ceux des grands centres. »

Dans les dernières années, cette MRC a pris les choses en main, explique-t-elle : « On a une équipe de professionnels qui a élaboré des projets, on a embauché des consultants, on a déposé des projets dans le cadre des différents appels de projets au cours des années, mais on n’était pas retenus... » D’après les informations dont elle dispose, 100 % des foyers témiscouatains seront connectés d’ici septembre 2022.

Le député fédéral de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas, partage son optimisme : « Ce n’est pas la première annonce qui est faite pour internet haute vitesse dans le Bas-Saint-Laurent, mais le signal qui nous dit que cette fois-ci est la bonne, c’est que les deux ordres de gouvernement ont conclu des ententes avec des distributeurs. Si ces derniers ne respectent pas les échéanciers prévus, ils vont encourir des pénalités. »

L’élu bloquiste se félicite « qu’Ottawa ait entendu raison » en acceptant de transférer de l’argent à Québec. En effet, les deux capitales avaient chacune leurs programmes pour étendre la couverture, mais l’échéancier du gouvernement provincial était plus rapide (2022 contre 2030).

Encore du travail à faire

Même si les nouvelles sont excellentes, le travail n’est pas fini. Six fournisseurs ont été identifiés lors de la conférence de presse de lundi (Vidéotron, Cogeco, Bell, Xplornet, Sogetel et TELUS), et on ne sait pas encore auquel va échoir le Bas-Saint-Laurent.

« On a hâte qu’ils annoncent lequel a été sélectionné, puis on va s’attabler pour finaliser le travail de cartographie », anticipe Guylaine Sirois. Objectif : s’assurer que personne n’est oublié en chemin… et que tout le monde ait accès à un service similaire. « Desservir quelques maisons au bout d’un rang, ce n’est pas rentable. Ils ont l’obligation de le faire, mais est-ce qu’ils vont le faire avec de la fibre ou ils vont y aller avec des satellites ou d’autres? C’est aussi ça qu’on veut savoir. »

Puisque les infrastructures vont être bâties en grande partie grâce à des fonds publics, le député Blanchette-Joncas aimerait avoir l’assurance qu’une compagnie privée ne se les accapare pas. « On ne veut pas rejouer dans le mauvais film qu’on a vu dans les dernières années : une entreprise de télécommunication ne veut pas prêter ses infrastructures et fait en sorte qu’il n’y a pas de concurrence qui vienne s’installer dans un territoire, ce qui désavantage les gens d’une région. »

Accessoirement, il faudra répondre à une autre question, ajoute-t-il : « Si un jour la compagnie fait faillite, à qui va appartenir l’antenne et les infrastructures? »

D’après les gouvernements du Québec et du Canada, c’est 99% des foyers de la province qui seront connectés en 2022 grâce à l’opération annoncée lundi. Le Québec aurait alors le plus haut taux de connectivité au Canada.

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