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Vol XXVI No 4, mars-avril 2021, Danger: langue en péril?

Protection des milieux humides : l’avis de la population demandé

Protection des milieux humides : l’avis de la population demandé

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
13 janvier 2021 par 


En vertu de la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques, toutes les MRC du Québec ont l’obligation d’intégrer la conservation de ces écosystèmes dans la planification de leur territoire, et d’adopter à cette fin un Plan régional des milieux humides et hydriques (PRMHH) d’ici juin 2022.

Dans le cadre de l’élaboration de ce plan, les MRC du Bas-Saint-Laurent veulent en savoir davantage sur la perception que la population a des milieux humides, essentiels mais souvent négligés, et un sondage a été mis en ligne. « Le sondage nous permet de faire un peu de sensibilisation et de voir comment les gens perçoivent les milieux humides dans le développement du territoire », explique le conseiller en environnement à la MRC de la Mitis, Cyrille Taormina.

Les milieux humides et hydriques sont très diversifiés : il peut s’agir de lacs, de cours d’eau, d’étangs, de marais, de marécages, de tourbières ou encore de plaines inondables. En plus d’abriter une riche vie animale, ils rendent de précieux service aux humains, explique Raphaële Terrail, biologiste à l’organisme des bassins versants du Nord-Est du Bas-Saint-Laurent : « Les milieux humides jouent un rôle de rétention de l’eau et de recharge de la nappe souterraine, mais permettent aussi de diminuer les crues : les marais ralentissent l’eau, donc réduisent les risques d’inondation. » Une caractéristique précieuse dans un contexte de changements climatiques…

Utiles, mais souvent détruits

Dans certaines régions du Québec, jusqu’à 80 % des milieux humides ont été perdus à cause de l’urbanisation et de l’agriculture intensive (par le drainage des champs), et cette disparition contribue assurément aux fortes inondations printanières observées dans les dernières années.

Les milieux humides ont également un impact positif sur la qualité de l’eau, poursuit Mme Terrail : « Ils jouent un rôle énorme de filtration des polluants et des matières en suspension. Surtout dans une région agricole et forestière comme la nôtre, où le réseau de chemins forestiers amène beaucoup de matières en suspension dans les cours d’eau. »

Malheureusement, beaucoup de milieux humides sont détruits parce qu’ils ne sont pas répertoriés. L’organisme de bassin versant qui embauche la biologiste va donc cartographier les milieux humides, déterminer les services qu’ils rendent et faire des recommandations quant à la conservation de ces milieux. Par la suite, il appartiendra à chaque MRC de bâtir son PRMHH en se basant sur ces informations. « En premier lieu, le but est de faire un portrait d’où on en est dans la gestion des milieux humides et d’inventorier les problèmes qu’on rencontre », précise Cyrille Taormina.

Par la suite, les MRC pourraient décider d’adopter des règlements pour la préservation de ces milieux, tout en étant assujetties à la loi québécoise. Celle-ci indique que la logique « éviter-minimiser-compenser » doit s’appliquer. L’idéal est donc de ne pas toucher à un milieu humide pour un développement résidentiel ou industriel. Si ce dernier ne peut se faire ailleurs, il importe alors de minimiser l’impact et de le compenser en restaurant d’autres milieux humides dans le même bassin versant.

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