La Matanie travaille à l’élaboration de son plan d’agriculture urbaine

La Matanie travaille à l’élaboration de son plan d’agriculture urbaine

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
29 janvier 2021 par 


La MRC de la Matanie mène en ce moment des consultations auprès de la population dans le but de rédiger son tout premier plan d’agriculture urbaine (PAU). Celui-ci permettra d’accroître l’autonomie alimentaire des municipalités, tout en encourageant les saines habitudes de vie.

Bien que la seule ville de la MRC, Matane, dépasse péniblement les 14 000 habitants, le terme « agriculture urbaine » peut tout de même être adapté à la Matanie. « Il n’y a pas de définition fixe », prévient la chargée de projet en agriculture urbaine Véronique Gagné, qui a été embauchée par la MRC à la fin 2020.

Dans la MRC de Rimouski-Neigette (qui a adopté son PAU en 2019), on définit l’agriculture urbaine comme « la culture de plantes ou l’élevage d’animaux dans un périmètre urbain et périurbain à des fins personnelles, communautaires ou commerciales », tout en précisant qu’« elle prend toutes sortes de formes ».

C’est en discutant avec tout le monde, du producteur au consommateur en passant par les instances municipales et les organismes communautaires, que la Matanie arrivera à sa propre définition. Mme Gagné note par exemple qu’il y a un important souci du respect de l’environnement chez les personnes qui s’intéressent à ce type d’agriculture.

Fort intérêt de la population

Cette semaine, les habitants de Saint-Adelme, Saint-Jean-de-Cherbourg, Grosses-Roches, Sainte-Félicité et Les Méchins ont donc pu s’exprimer lors d’une consultation publique virtuelle. Signe de l’engouement pour l’agriculture urbaine, plus de 30 personnes étaient présentes.

Véronique Gagné utilise la métaphore de l’alpinisme pour expliquer le but de cette consultation : « On veut savoir quelle montagne les citoyens veulent gravir : est-ce l’Everest, ou juste la petite colline à côté? » Une fois ces objectifs déterminés, le PAU cherchera les moyens d’y arriver. « A-t-on besoin de crampons, d’un sac à dos, d’ânes pour porter le matériel? », image Mme Gagné. Les contributions des citoyens annoncent une montagne assez imposante, puisque la chargée de projet parle de « 34 personnes qui ont quatre ou cinq idées chaque… »

Par exemple, on a proposé :

  • l’installation de serres solaires passives afin de produire une diversité plus grande de légumes;
  • que les municipalités plantent des arbres fruitiers plutôt que des plantes ornementales quand elles font un aménagement paysager;
  • une réglementation adaptée pour que les résidents puissent avoir des poules ou des abeilles;
  • un camion-épicerie pour la vente de produits locaux, qui ferait la tournée des villages.

La question de l’éducation et de la mise en commun des connaissances est également revenue.

Des consultations similaires seront prochainement organisées dans les municipalités de Baie-des-Sables (2 février), Saint-Léandre (3 février), Saint-Ulric (9 février), Sainte-Paule et Saint-René-de-Matane (10 février). Pour finir, ce sont les résidents de Matane qui seront interrogés les 16 et 17 février.

Il faudra ensuite trouver les porteurs de projet, ce qui s’annonce plus compliqué que de simplement exprimer des idées. Mais Véronique Gagné est optimiste : « Les gens sont super mobilisés, et pas seulement les citoyens : les municipalités aussi. Sans elles, il n’y aurait pas de PAU. »

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