Un logo que j’ai dans le Q

Un logo que j’ai dans le Q

10 décembre 2020 par 

L'ancien logo à gauche et le nouveau, à droite


Depuis des mois que j’essaye, mais non, c’est peine perdue : je n’arrive pas à m’habituer au nouveau logo « Aliments du Québec » depuis qu’on l’a réduit à un grand Q jaune (ou noir) insignifiant. L'ancien arborait une superbe fleur de lys bleu, blanc et jaune stylisée… Désormais c'est carrément : dehors ! notre fleur nationale et le bleu Québec…

Marie Beaudry, présidente de l'organisme Aliments du Québec, justifie ce choix par un problème de visibilité et de lisibilité quand le logo se superpose à d'autres images de couleur. Plus encore, Marc-André Fafard, le président de la firme lg2, grassement payé pour accoucher de cette souris, affirme sans s’étouffer que ce « concept » a « relevé plusieurs défis, comme celui d’éliminer les menus détails et les dégradés de l'ancien logo ».

Quoi ? La fleur de lys, un « menu détail » à éliminer ? L’identité, évacuée ?

Que reste-t-il de fierté pour les produits d’ici dans ce design ? Vous le trouvez vraiment « plus épuré et facilement repérable », vous, comme le prétend madame Beaudry ? Et cet immense rond blanc au centre du Q, désormais vide comme notre mémoire, n’aurait-il pas pu ceindre une fleur de lys, comme le front du Canada est « ceint de fleurons glorieux », le chanceux ?

Sur le site officiel de l’organisme, le bleu a survécu, mais dans les faits, comme ci-dessous sur un emballage de saumon fumé, il ne reste que du blanc sur fond noir.

Pour ajouter l’insulte à l’injure, sur plusieurs produits, ce fade et trop discret logo est accompagné d’un autre, « Fait au Canada », arborant lui sans complexes une feuille d’érable bien rouge. Parce que jamais au grand jamais on n’envisagerait à Ottawa de retoucher le moindrement la sacro-sainte feuille d’érable de l’unité canadienne.

Le symbolique précède toujours le réel. En annihilant ce symbole, on tente de saper à sa source la fierté québécoise.

C’est ainsi que plus de 22 000 produits de 1 200 entreprises cesseront contre leur gré de promouvoir les symboles québécois. Qu’ils contribueront à semer chaque fois une once de plus de désamour envers le Québec, ce grand projet fédéraliste enclenché depuis 1995 et qui se manifeste tous azimuts de manière de moins en moins subtile, COVID aidant.

Tout cela ne me donne qu’une envie : boycotter les aliments du Québec.

Non, vraiment, ce logo, je ne l'ai pas ailleurs que dans le Q.

Consultez le journal au format numérique
Visionner

Consultez le calendrier culturel du Girafe