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Vol XXVI No 4, mars-avril 2021, Danger: langue en péril?

Le logement social, élément clé de la vitalité de Saint-Eugène

Le logement social, élément clé de la vitalité de Saint-Eugène

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
4 décembre 2020 par 


En 2013, Saint-Eugène-de-Ladrière a complété la première phase des Habitations Nicolas-Rioux, un immeuble de six logements sociaux. Depuis, la municipalité veut construire une deuxième phase de grandeur équivalente. Mais en campagne comme en ville, mener à bien un tel projet est compliqué et prend beaucoup, beaucoup de temps.

« Cela fait bientôt huit ans qu’on parle d’une phase 2, mais ça fait à peu près deux ans qu’on a vraiment "clanché" le dossier, explique le maire Gilbert Pigeon. La consultation publique a été faite, la grosse majorité des citoyens est pour. » La petite municipalité de 400 habitants attend maintenant des nouvelles de la Société d’habitation du Québec (SHQ), qui devrait lui attribuer du financement dans le cadre du programme AccésLogis. « La réponse que j’ai eue de la SHQ, c’est que le projet est analysé et admissible », assure M. Pigeon.

Monter un tel dossier est un énorme travail : le budget est de 1,5 million de dollars, et il pourrait même augmenter étant donné la hausse du prix des matériaux causée par la pandémie de covid-19. La municipalité a trouvé des commanditaires (à commencer par la caisse Desjardins), mais va quand même piocher 20 000 $ par an pour la prochaine décennie dans ses redevances éoliennes et offrir un rabais de taxes de 35 ans. En plus de cela, il faudra emprunter de l’argent, mais pas trop afin de respecter l’exigence d’offrir des loyers équivalents à ceux pratiqués ailleurs dans le village.

Le jeu en vaut toutefois la chandelle selon le maire, qui calcule que la première phase des Habitations Nicolas-Rioux ont permis d’amener pas moins de « 13 ou 14 personnes » à Saint-Eugène, selon un jeu de chaises musicales : « Nos personnes âgées viennent s’installer dans un logement social, et cèdent leur maison à une famille avec des enfants. » Dans les dernières années, le village a réussi l’exploit de rouvrir sa classe d’âge préscolaire à l’école.

Garder les personnes âgées a d’autres intérêts pour une petite municipalité : « C’est les plus grands bénévoles! », s’exclame Gilbert Pigeon. « Ils ont de l’expérience et des connaissances, ce sont nos sages! »

Un besoin dans tous les villages

Malheureusement, avec l’âge, il devient plus difficile de s’occuper d’une maison, tant physiquement que financièrement. Le manque de loyers modérés dans les villages pousse beaucoup d’ainés à partir vers les villes, à contrecœur. « Qu’est-ce que tu veux qu’ils viennent faire à Rimouski? », demande le coordonnateur du Comité logement Rimouski-Neigette Guy Labonté, qui confirme que les plus grands besoins en logements sociaux en milieu rural concerne cette classe d’âge.

M. Labonté regrette cependant que le logement social ait été le grand oublié du dernier budget de la CAQ et promet une nouvelle manifestation au courant de l’hiver, notamment pour faire pression sur le député caquiste de Rivière-du-Loup Denis Tardif avant le dépôt du prochain budget à Québec.

Preuve que les besoins sont immenses, à Saint-Eugène, si on avait plus de moyens, on pourrait facilement construire trois immeubles comme celui qui est actuellement projeté : la liste d’attente compte 20 noms pour six logements! « Les  premiers qui se sont inscrits sur la liste ont trouvé un logement ailleurs et sont partis, relate le maire Pigeon. Mais il s’en rajoute toujours d’autres… »

La phase 2 des Habitations Nicolas-Rioux inclura un logement pour personne en situation de handicap, et un autre appartement pourrait être destiné à un·e immigrant·e. Pour les quatre autres, les aînés et les personnes originaires du village seront priorisés.

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