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Vol XXVI No 1, septembre-octobre 2020, Diverses nouvelles

Transport interrégional : une pétition pour un meilleur service

Transport interrégional : une pétition pour un meilleur service

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
15 octobre 2020 par 


Le collectif Citoyen.ne.s de La Matanie pour l’environnement a lancé il y a un mois une pétition « pour une offre de service de transport interrégional durable ». Parrainée par le député Pascal Bérubé, celle-ci se trouve sur le site de l’Assemblée nationale et peut être signée jusqu’au 10 décembre.

Membre de ce collectif, la médecin de famille Sarah Bergeron (qui fait aussi partie de La Planète s’invite en santé, un regroupement de professionnels de la santé qui promeut la défense de l’environnement) est elle-même une utilisatrice du transport interrégional. Elle est donc bien placée pour mesurer l’importance de celui-ci : « Il y a énormément de gens qui l’utilisent pour diverses raisons. J’ai rencontré des touristes avec sac à dos qui vont visiter la Gaspésie, des gens qui vont chercher des soins de santé, des gens qui vont voir leur famille mais n’ont pas les moyens d’avoir une auto, et ont trop de choses à apporter pour faire du covoiturage. »

Malheureusement, le service n’est pas toujours efficace à l’échelle du Québec, et les derniers mois ont mis en évidence ses failles. « Pendant la pandémie, énormément de nouvelles sont sorties sur le sujet, constate Sarah Bergeron. En Estrie, il y a eu des craintes que des liaisons entre petites communautés soient abolies. Des élus sont sortis en Abitibi pour dire que ça n’avait plus de  bon sens. Il y a aussi eu cet homme aveugle de 89 ans qui n’avait plus accès à l’autobus sur la Côte-Nord et devait faire du pouce! »

Ceci dit, les problèmes étaient connus bien avant, ajoute-t-elle : « En 2015, la Fédération québécoise des municipalités et l’Union des municipalités du Québec étaient déjà sorties pour demander de réorganiser le service, parce que ça ne correspondait plus aux besoins de la population. »

Un meilleur service ramènerait la clientèle 

Selon Mme Bergeron, c’est parce que le service par autobus est défaillant que les citoyens se tournent de plus en plus vers l’auto solo. Rétablir un système efficace permettrait de ramener les usagers du transport en commun. L’enjeu est de taille, quand on sait que le secteur des transports représente 43% des émissions de gaz à effet de serre du Québec (et que le transport routier représente 80% des émissions du secteur des transports). Les Québécois consacrent 17% de leurs dépenses après impôt au transport, plus que pour se nourrir. 

Il se fait déjà des choses au Québec, note Mme Bergeron, qui trouve par exemple « formidable » le projet du Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent de mettre en place un transport collectif régional. Mais elle regrette que les projets actuels se limitent souvent à l’échelle régionale ou municipale, oubliant les gens qui voyagent sur de plus longues distances. « Des fois, ça a de la difficulté à se connecter. Je pense que comme citoyen on peut dire : assurez-vous de combler les trous, sinon ce ne sera pas efficace! »

Depuis plusieurs années, les Citoyen.ne.s de La Matanie pour l’environnement animent une page Facebook pour informer sur les initiatives écologiques dans la région, et organisent même quelques activités. Plusieurs groupes de ce type existent au Québec, alors Sarah Bergeron aimerait pouvoir faire converger les forces, afin d’organiser de temps en temps des actions concertées au niveau régional ou provincial. Cette pétition, qui concerne l’ensemble des régions, en est un bon exemple. Au moment d’écrire ces lignes, elle comptait 159 signataires.

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