Un Conseil climat, à quoi ça sert?

Un Conseil climat, à quoi ça sert?

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
15 septembre 2020 par 


La semaine dernière, une réunion du Conseil climat de la MRC de Rimouski-Neigette avait lieu, la « quatrième ou cinquième » selon le député Harold LeBel, qui est à l’initiative de cette entité unique au Québec. Celle-ci est encore en cours de formation et est amenée à prendre de plus en plus d’importance pour entretenir le dialogue entre citoyens et élus sur la question de la crise climatique.

L’histoire commence en février 2019. Ce jour-là, une centaine de personnes préoccupées par les changements climatiques se réunissent à l’UQAR à l’appel du mouvement citoyen Rimouski en transition. L’objectif : émettre des propositions pour faire de Rimouski une ville carboneutre. Le député provincial passe par là, écoute les conversations. « Les gens disaient qu’ils avaient de la difficulté à atteindre les élus », observe M. LeBel, qui prend ce jour-là un engagement : il va proposer aux autres élus locaux de créer un espace de discussion qui permettra à terme d’entendre les préoccupations des citoyens.

Le conseil des maires de la MRC accueille favorablement son idée. « Je voulais qu’il y ait au moins un élu par municipalité, maire ou conseiller. S’est ajouté le député fédéral (Guy Caron puis Maxime Blanchette-Joncas. » Tout ce beau monde se rencontre déjà souvent de par ses fonctions, mais pas pour parler de la crise climatique, qui est pourtant l’une des principales menaces qui nous guettent. « Autour de la table, tout le monde n’est pas rendu au même niveau », avoue Harold LeBel qui fait lui-même preuve d’humilité : « Personnellement, je ne connaissais pas les tenants et aboutissants de tout ça. Je voulais apprendre. »

Dans un premier temps, les élus se sont donc formés aux enjeux, assistant par exemple à une présentation du Conseil régional de l’environnement afin de comprendre les impacts des changements climatiques sur la région et certaines bonnes pratiques à mettre en œuvre. L’étape suivante serait de rencontrer des groupes citoyens, afin que ces derniers puissent partager leurs revendications et leurs propositions, ce qui devrait arriver sous peu.

Une structure à officialiser

Cependant, dans sa forme actuelle, le Conseil climat est trop dépendant de la bonne volonté d’Harold LeBel : « C’est mon bureau de circonscription qui s’en occupe, c’est moi qui convoque, qui essaie d’animer cette table, explique le député. Si on veut qu’il y ait de la pérennité au Conseil climat, il faudrait penser à le structurer, lui trouver un porte-parole ou un président… » Les autres élus sont partants selon lui, et l’objectif est de créer un OBNL qui embaucherait une ou deux personnes pour faire de la recherche, diffuser l’information et « animer l’espace public qu’on voudrait que ça devienne ». La question du financement va toutefois se poser rapidement… 

À plus long terme, un fonds pourrait même être prévu pour financer des initiatives pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans la MRC. Mais il ne sera pas nécessaire d’attendre la concrétisation de celui-ci pour voir les résultats sur le terrain : la première étape (de formation) devrait amener les municipalités à prendre des décisions allant dans le sens du climat, pense M. LeBel, citant le récent exemple de la voiture électrique acquise par la municipalité de Saint-Anaclet, à laquelle les résidents auront accès en autopartage.

Reste que l’inclusion des citoyens dans la prise de décisions est fondamentale pour faire accepter des décisions qui pourraient être difficiles. La Ville de Rimouski a pu le constater la semaine dernière, alors que son projet de règlement interdisant de laisser tourner le moteur d’une voiture à l’arrêt a mené à des débats animés sur les réseaux sociaux.

Mais en assistant au Conseil climat, Harold LeBel pense avoir trouvé une solution à ce problème : « Le maire de Saint-Valérien Robert Savoie, qui est très avancé dans sa réflexion, nous dit que quand on propose de telles idées, il serait bon de quantifier le résultat sur les émissions de GES. Si les citoyens comprenaient ces éléments, ils seraient prêts à accepter des initiatives qui ne sont pas populaires. » Il le faudra bien, car elles risquent d’être de plus en plus nécessaires.

Consultez le journal au format numérique
Visionner

Consultez le calendrier culturel du Girafe