Semaine de référendum à Saint-Mathieu-de-Rioux

Semaine de référendum à Saint-Mathieu-de-Rioux

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
12 septembre 2020 par 


Les résidents de Saint-Mathieu-de-Rioux peuvent d’ores et déjà voter en réponse à la question qui agite le village depuis quelque temps : « Acceptez-vous que la municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux acquière l’église pour y réaliser le centre multifonctionnel et la bibliothèque? »

Si la réponse est positive, la fabrique fera don de la jolie bâtisse de pierres roses à la municipalité, à laquelle il incombera de faire des travaux pour aménager une salle accessible à tous, à l’image de ce qu’ont fait plusieurs villages du Québec dans les dernières années. Dans le cas contraire, c’est le centre communautaire actuel qui sera rénové.

Le référendum aurait dû avoir lieu ce dimanche, mais le directeur général des élections s’est opposé à un vote en personne afin de limiter les risques de propagation de la covid-19, explique le maire Roger Martin. Les citoyens ont d’ores et déjà reçu leur bulletin et peuvent voter par la poste ou en déposant leur vote dans des urnes prévues à cet effet au bureau municipal. Ils ont jusqu’au dimanche 20 septembre en après-midi pour se prononcer, suite à quoi le dépouillement aura lieu.

« La population est divisée, c’est un dossier émotif », note le maire en précisant qu’il sera toujours possible d’organiser des cérémonies religieuses dans la bâtisse si elle est transférée à la municipalité. Mais ce n’est pas la sécularisation d’une église déjà très peu fréquentée qui inquiète le plus les habitants de Saint-Mathieu, si l’on en croit les débats sur le groupe Facebook qu’ils utilisent pour parler des nouvelles du village. C’est plutôt les frais que ces travaux vont engendrer.

« On nous demande de nous prononcer sans connaître réellement les coûts associés à la réalisation du projet », écrit par exemple une résidente en réponse à un message d’explication d’un conseiller municipal. « Finalement, vous demandez aux citoyens un chèque en blanc! », abonde un autre.

 « J'ai regardé le document [explicatif du projet] mais celui-ci est incomplet, car il manque le coût d'entretien des bâtiments, pour nous aider à prendre une décision éclairée », écrit une troisième personne dans le groupe. Plus loin, quelqu’un se questionne sur l’impact qu’aura l’augmentation actuelle du prix des matériaux sur la facture totale.

Une manière originale de présenter l’information

« On a un carnet de santé qui a été fait pour l’église, on a une étude d’avant-projet, donc on a une bonne idée des coûts », répond le maire Martin. Dans un document de planification financière disponible sur le site de la municipalité, on peut lire que l’investissement projeté pour la conversion de l’église serait de 2 430 000 $. Une somme similaire serait nécessaire pour retaper le vieux centre communautaire, dans l’hypothèse où le non l’emporte.

Toutefois, ce montant n’est pas écrit sur le document explicatif fourni aux citoyens. « Si on annonce les coûts estimés à tout vent et qu’on lance un appel d’offres, on sait bien qu’il n’y a pas un entrepreneur qui va aller en bas de ces coûts », justifie Roger Martin. 

Une manière différente de présenter l’information à la population a été choisie : la municipalité a calculé que cela représentait une hausse approximative de 5 sous de taxe foncière par tranche de 5$ d’évaluation pour les 25 prochaines années… Concrètement, une maison évaluée à 100 000$ paierait 52,87$ de plus par année. La hausse serait de 50,66$ si on opte plutôt pour une mise à niveau du centre communautaire.

En cas de conversion du bâtiment religieux, un système de chauffage à la biomasse pourrait y être installé, à la manière de ce qui s’est fait dans le centre communautaire (et ex-église) de Saint-Valérien. En revanche, si cette option n’est pas retenue et que l’église reste propriété de la fabrique, la question de sa rénovation continuera de se poser : selon le carnet de santé qui en a été fait, des travaux totalisant plus de 500 000 $ sont nécessaires pour la remettre en état ce bâtiment vieux de près de 150 ans.

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