Projet 5 courts : la place du son dans le documentaire

Projet 5 courts : la place du son dans le documentaire

21 septembre 2020 par 


Le Projet 5 courts, une initiative de l’ONF en partenariat avec différentes boîtes de production locale, veut faire rayonner le talent des cinéastes régionaux. À chaque édition, une contrainte différente : après la Capitale-Nationale (entièrement tourné en numérique), le Saguenay-Lac-Saint-Jean (tourné avec une caméra Bolex) et l’Abitibi-Témiscamingue (court-métrage documentaire, par cinq réalisatrices), c’était au tour du Bas-Saint-Laurent de relever le défi. Soutenue par Paralœil, cette quatrième édition se distingue par le jumelage de chaque cinéaste avec un artiste sonore. Vu cette particularité, il est d’ailleurs recommandé d’utiliser des écouteurs pour une meilleure expérience d’écoute.

À l’affût, invite le spectateur à suivre le biologiste et photographe Hugues Deglaire lors d’une randonnée d’observation en forêt, près de Matane. Les images contemplatives de Steve Verreault jumelées aux sonorités pures de la nature captées par Sébastien Dave Tremblay rendent bien cette phrase du protagoniste : « C’est des fois qu’la nature nous répond, par le son des feuilles ou par quelque chose qu’on va voir, ou un détail sur lequel on va focusser. » Si le confinement ne vous a pas encore donné l’envie d’aller prendre un bain de forêt…

Buttes suit le ballet d’un « aspirateur à tourbe », gigantesque machine inventée à Rivière-du-Loup. Les prises de vue de Nicolas Paquet nous montrent ce champ comme un vaste espace désertique qui ressemble tantôt au sol de la planète Mars, tantôt à un parquet de bois franc qui serait arpenté par une petite araignée mécanique. La trame sonore de Tom Jacques, réalisée avec des instruments créés de toutes pièces pour l’occasion, soutient cette ambivalence entre le familier et l’inconnu.

Il va faire beau demain met en scène le discours que tiennent les Québécois sur la météo. Le montage des images de Guillaume Lévesque est en accord ou en contraste avec les propos recueillis auprès des habitants de la région. Le travail d’Antoine Létourneau-Berger va aussi dans ce sens, soit en rythmant les sifflements de la pluie « à s [i] eau, à s [i] eau », soit en magnifiant les cartes satellites des météorologues, nous laissant dans une impression d’oscillement entre prédictions scientifiques ou ésotériques.

Manège nocturne traverse les différentes phases du sommeil pendant une nuit, condensées en quelques minutes. Les lignes et les lumières que Cynthia Naggar superpose à son dormeur, tout comme la musique de Gueze, ont été guidées par des algorithmes issus de données médicales anonymes. Pour soutenir le tout, la narration est faite de bribes de récits de rêves, recueillis par le biais d’une boîte vocale : parfois linéaires, parfois décousus, comme notre activité cérébrale pendant le sommeil.

Pour cette quatrième édition du Projet 5 courts, les artistes de notre région nous invitent à ouvrir grand nos oreilles pour voir notre quotidien sous un autre angle : les banalités que l’on ne remarque plus en disent long sur l’étrange animal qu’est l’être humain.

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