Les Chic-Chocs à l’affiche d’un ciné-parc

Les Chic-Chocs à l’affiche d’un ciné-parc

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
10 septembre 2020 par 


C’est ce samedi à 19 heures qu’a lieu à la Polyvalente de Matane la soirée ciné-conférence « À la hauteur des Chic-Chocs », qui mettra à l’honneur la chaîne de montagnes située à cheval sur le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie dans une formule ciné-parc. Piétons et cyclistes seront les bienvenus, une zone étant réservée pour eux et leurs chaises pliables.

Il s’agit de l’aboutissement de la campagne « Raconte-nous tes Chic-Chocs », au cours de laquelle les amoureux de ces sommets étaient invités à envoyer leurs photos ou leurs vidéos pour témoigner de leur attachement à cet endroit superbe, mais qui ne bénéficie toujours d’aucun statut particulier. Une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel, et ont « toutes invoqué de bonnes raisons de protéger ce milieu fragile de l’exploitation forestière ou pétrolière, selon le porte-parole du Comité de protection des monts Chic-Chocs, Louis Fradette. Il y en a qui nous disent quelle est leur montagne coup de cœur… » 

Les photos envoyées par ces randonneurs seront projetées sur un mur de la Polyvalente pendant que deux conférenciers, Martin-Hugues St-Laurent et Jacques Bouffard, s’adresseront au public depuis une cabine, leur image étant projetée sur un deuxième mur. Il s’agit de deux sommités dans leurs domaines respectifs : le premier est professeur de biologie à l’UQAR et est l’un des spécialistes les plus reconnus du caribou au Québec, tandis que le second, aujourd’hui guide de montagne à l’Auberge des Chic-Chocs, a escaladé des sommets de plus de 8000 mètres au Pakistan. « Pour aller faire ces grosses montagnes-là, il s’est entraîné dans les Chic-Chocs, témoigne Louis Fradette. C’est peut-être le gars qui connait le plus les Chic-Chocs, il va venir nous parler de son amour pour cette chaîne. »

Pas la fin de la mobilisation

Par la suite, un film réalisé par Robert Mercier, qui inclura quelques vidéos envoyées par le public, prendra l’affiche. Celui-ci est en deux parties, selon M. Fradette : « La première pour sensibiliser les gens à la beauté de cette richesse, et la deuxième où on interpelle les décideurs pour qu’ils agissent au plus vite, parce que ça fait sept ans qu’on crie et les coupes forestières continuent… »

Après cette soirée, la mobilisation ne va pas faiblir, poursuit le porte-parole : le public va être appelé à continuer de manifester, d’une manière qui n’est pas encore révélée. « On souhaite être assis avec les ministères concernés [celui de l’Environnement et celui de l’Énergie et des Ressources naturelles], moi je souhaite même rencontrer M. Legault, clame Louis Fradette. Je suis certain que ce gars-là, qui est assez logique, comprendrait que ça n’a aucun sens que ces sommets fassent partie de la possibilité forestière. »

Le Comité de protection des monts Chic-Chocs bénéficie déjà d’un appui de taille en la personne du député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé. Ce dernier est allé à la pêche aux informations du côté des ministères, et a rapporté quelques informations pas forcément rassurantes aux militants : d’une part, il n’a toujours pas été décidé si les permis d’exploration pétrolière et gazière abandonnés par Pieridae Energy seront retirés de la circulation; d’autre part, malgré l’objectif d’atteindre 17% d’aires protégées en 2020, le ministère de l’Environnement dit ne pas avoir eu le temps de se pencher sur le projet, d’après ce que rapporte Louis Fradette. « C’est bien beau étudier, mais à moment donné, tu vas étudier pour rien », soupire ce dernier.

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