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Vol XXVI No 1, septembre-octobre 2020, Diverses nouvelles

La Gaspésie n’est pas fatiguée de recevoir des touristes

La Gaspésie n’est pas fatiguée de recevoir des touristes

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
1 septembre 2020 par 


La pandémie de covid-19 a offert à la Gaspésie sa plus belle saison touristique depuis longtemps : en raison de la fermeture des frontières, de très nombreux Québécois ont annulé leurs vacances à l’étranger et se sont plutôt dirigés vers la péninsule. Quelques incidents, liés à la surfréquentation de certains sites, ont émaillé l’été, mais pas assez pour refroidir l’industrie touristique, qui espère prolonger la saison cet automne. Elle a donc lancé une grande campagne de publicité sur internet et dans les médias nationaux.

À mesure que les enfants ont repris le chemin de l’école et les travailleurs celui du boulot, une inquiétude point chez les acteurs du milieu : cet automne, les voyageurs européens ne pourront pas traverser l’Atlantique, alors qu’ils sont friands des couleurs automnales et représentent le gros du contingent touristique après la fête du Travail. Il va donc falloir trouver un moyen de les remplacer…

Mine de rien, en 2019, le taux d’occupation des hôtels et autres hébergements gaspésiens était de 57,2% en septembre et de 41,5 % en octobre. L’objectif que Tourisme Gaspésie s’est fixé est de faire au moins aussi bien cette année, même sans clientèle étrangère! Pour ce faire, le budget de la traditionnelle campagne automnale de publicité (qui en est à sa cinquième année) a été considérablement augmenté, passant de 80 000 à 150 000 $.

Parmi le public cible, on trouve des retraités qui peuvent partir se promener quand bon leur semble, la clientèle locale (Bas-Saint-Laurent et Gaspésie), et de manière générale les jeunes aventuriers dans la vingtaine. Plus original, on va aussi chercher à attirer les personnes qui font du télétravail, ceux que l’on appelle les « travailleurs nomades » et qui squattent habituellement les auberges de jeunesse du Guatemala à la Thaïlande avec leur ordinateur portable.

Les télétravailleurs, une clientèle convoitée

« Il est possible de venir travailler dans un chalet en Gaspésie », explique la responsable des communications de Tourisme Gaspésie, Christine St-Pierre, puisque beaucoup d’entre eux sont connectés à internet. Quelques hôtels ont également décidé d’emboiter le pas, comme le Camp de base Coin-du-Banc à Percé. Dans une récente publication Facebook, cette auberge a fait connaître son offre pour les travailleurs à distance : des chambres à tarif réduit, l’accès à un frigo et à un four micro-ondes, des « espaces de travail intimes dans notre salle à manger vitrée donnant sur la mer avec wifi et imprimante », avec en prime la tranquillité et des activités de plein air offertes tous les jours pour se changer les idées!

La Gaspésie a d’autres atouts pour attirer d’autres clientèles en automne, dans chacun de ses recoins. « Les sentiers de quad sont super beaux ces temps-ci », lance la conseillère en développement touristique de la MRC de la Matapédia, Anne-Julie Otis. Ailleurs, on appréciera la randonnée dans les parcs de Forillon ou de la Gaspésie.

Point positif pour égayer le séjour, les commerces ouvrent leurs portes de plus en plus tard dans la saison, selon Christine St-Pierre : « Cela va facilement jusqu’à l’Action de Grâce. On n’a pas l’ensemble des services, mais il y a quand même beaucoup d’offre. » Bref, la Gaspésie se veut attirante, mais pas au point de revivre les situations chaotiques observées cet été, lorsque les plages ont été envahies par les tentes et les voitures : « Il va y avoir de la place pour camper dans les endroits dédiés! », rassure Mme St-Pierre. Reste à espérer que la météo soit clémente…

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