Des avancées significatives vers un transport collectif régional

Des avancées significatives vers un transport collectif régional

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
5 septembre 2020 par 


Le Bas-Saint-Laurent est tellement dépendant à l’auto solo qu’on peine à imaginer ce à quoi ressemblerait un transport collectif efficace à l’échelle de la région. Pourtant, ils sont quelques-uns à y croire dur comme fer et à travailler dans l’ombre sur ce sujet. Jeudi, le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL) a annoncé avoir reçu un financement de 258 000 $ du Fonds d’aide au rayonnement des régions (FARR) pour « mettre en place un système régional de mobilité durable ».

Dans les faits, cela fait déjà plusieurs mois qu’un expert en mobilité, Philippe Cousineau Morin, travaille pour le CREBSL, sous la supervision du directeur adjoint Patrick Morin. Leur but : préparer des plans de transport collectif qui conviennent aux huit MRC de la région, qui ont des réalités très différentes au niveau de la répartition de la population.

En effet, dans certains cas, comme à Rimouski ou Rivière-du-Loup, un service d’autobus ou minibus électrique vers la ville-centre, d’où l’on basculerait ensuite vers du transport actif (comme le vélo), pourrait être tout à fait adapté. Mais cela ne tient plus dans des MRC où la population est beaucoup plus éparpillée, comme le Kamouraska ou le Témiscouata. Là, un service d’autopartage ou de taxibus serait probablement beaucoup plus efficace.

Selon la directrice générale du CREBSL, Luce Balthazar, les élus des huit MRC sont ont déjà été largement convaincus de la nécessité de développer le transport collectif régional. « Il fallait absolument que les huit MRC embarquent de façon unanime dans le projet, parce que c’est elles qui ont la compétence pour le transport collectif. Il suffit d’une MRC qui est moins certaine, et là tout arrête… » 

Une taxe sur l’essence pour financer le service

Il va surtout falloir que les élus parlent d’une seule voix pour obtenir le financement de la part du gouvernement. Problème, les aides financières pour le transport collectif sont concentrées sur les milieux urbains et excluent les régions, explique Mme Balthazar, qui aimerait que le Bas-Saint-Laurent adopte un système similaire à la Gaspésie : « Là-bas, quand on paie l’essence à la pompe, il y a 1 cent du litre qui va au financement du transport collectif. Ça n’existe qu’à deux endroits : à Montréal et en Gaspésie! » Mine de rien, c’est plus d’un million de dollars qui est ainsi récupéré dans la péninsule chaque année, permettant de financer un service de minibus. 

Le moment est idéal pour passer à l’action : il existe depuis quelque temps d’intéressantes subventions pour l’achat d’autobus électriques et, comme le clame le communiqué du CREBSL, « environ 56 % du pétrole annuellement consommé régionalement l’est pour le transport des personnes », ce qui fait du transport collectif la priorité d’action dans la lutte aux changements climatiques au Bas-Saint-Laurent. 

Luce Balthazar pense que d’ici deux ans, on devrait commencer à voir les résultats du travail en cours. « Ça ne veut pas dire que tous les services seront en place, mais il y aura un certain nombre de MRC qui auront qui auront amélioré la mobilité durable, soit par l’autopartage, soit par le taxibus, soit par des minibus. »

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