Covid-19 : menace d’amendes autour des écoles secondaires de la Matapédia

Covid-19 : menace d’amendes autour des écoles secondaires de la Matapédia

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
18 septembre 2020 par 


Une lettre envoyée aux parents d’élèves des écoles secondaires Armand-Saint-Onge d’Amqui, Forimont de Causapscal et de Sayabec, jeudi 17 septembre, s’est rapidement retrouvée sur les réseaux sociaux. Dans celle-ci, on peut lire que suite au classement « peu enviable » du Bas-Saint-Laurent en zone jaune de la pandémie de covid-19, « les agents de la Sûreté du Québec ont commencé à assurer une présence accrue autour des écoles et à tous les endroits de rassemblement, pour vérifier si les personnes présentes sur les lieux respectent les mesures de sécurité préventives par rapport à la covid-19 », selon la logique « aux grands maux, grands moyens ».

Après avoir rappelé la règle de distanciation (maintenir une distance de deux mètres avec toute personne), la lettre précise que des « constats d’infraction pourraient donc être émis à toutes les personnes, y compris les mineurs, qui n’observeraient pas cette règle ». En-dessous, un tableau spécifie la valeur de l’amende pour les mineurs de 14 ans et plus : 560$.

La correspondance est signée du directeur des trois écoles, Frédéric Gaudreau, et des ses deux adjoints. Au téléphone, M. Gaudreau précise pourtant que « dans nos trois écoles secondaires, ça va vraiment très bien, j’ai une belle collaboration des jeunes ». La surveillance policière ne concerne pas l’intérieur de l’école mais ses abords, « sur l’heure du midi dans les parcs où ils sont 30 ou 40 et que la distanciation est absente ». Le directeur considère qu’il est responsable des enfants de 8 heures à 16 heures, incluant la pause du midi.

La persuasion avant la sanction

Aucune contravention n’a encore été émise. « Je vous le confirme, je vous gage même mon pick-up », dit M. Gaudreau, qui ne pense pas qu’il y en aura non plus dans les prochains jours ou semaines. Il parle de « prévention, pour éduquer les jeunes avec le fameux deux mètres » et insiste sur le fait que malgré la menace d’une lourde amende, « on n’est pas dans le punitif, loin de là ».

Le porte-parole de la Sûreté du Québec Stéphane Tremblay affirme qu’« aucune ligne directrice n’a été donnée jusqu’à présent » quant à l’imposition d’amendes à des jeunes autour des écoles. Ce n’est pas la méthode qui sera priorisée par les agents, selon lui : « Si on est avisés qu’il y a non-respect de la distanciation sociale ou du port du masque, un constat [d’infraction] peut effectivement être émis. Mais en général, on fait preuve de souplesse : on explique les mesures pour faire comprendre leur importance aux gens et les convaincre de s’y conformer. »

« La lettre était bien écrite », pense Frédéric Gaudreau pour qui il était important de rappeler que la police peut arriver à l’imposition d’amendes et que tout le monde au-dessus de 14 ans est concerné. Dans le contexte du déconfinement, en juin dernier, l’Institut national de la santé publique du Québec avançait  de son côté que « les messages positifs qui reflètent la capacité d’adaptation de la communauté et qui valorisent les succès obtenus en réponse à la crise sont à privilégier ».

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