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Vol XXVI No 1, septembre-octobre 2020, Diverses nouvelles

Chemins de vagues

Chemins de vagues

21 septembre 2020 par 


La série photographique Chemins de vagues de Nadine Boulianne était à l’honneur au Centre d’art de Kamouraska tout l’été. Il s’agissait de la première exposition de ces œuvres qui ont pris forme lors d’une classe de maître menée par l’artiste Caroline Hayeur en 2018. Ce séminaire était étroitement lié à la 10e édition de la Rencontre photographique du Kamouraska. L’artiste Nadine Boulianne a alors exploré les rives du Saint-Laurent, plus particulièrement à Saint-André-de-Kamouraska et Métis-sur-Mer. Elle a voulu montrer le fleuve autrement, au-delà de celui qu’on admire tant au quotidien. Elle décrit son expérience comme celle du recommencement.

TRAVAILLER L’INSTANT

Nadine Boulianne est une artiste de la photographie et de la vidéo qui travaille autant avec l’argentique que le numérique. Pour cette série, elle a choisi un appareil Diana F avec une pellicule argentique, sans réelle possibilité d’ajustements. Ce choix permet d’illustrer l’instantanéité d’un moment et surtout son incertitude. Le territoire, autant intime que géographique, est le sujet de prédilection de l’artiste. Selon elle, cette exposition est une façon de croiser l’intime et le grandiose. Le fleuve, si majestueux, est vu dans une intimité que nous connaissons très peu, ce qui crée le charme de l’œuvre.

Chemins de vagues explore la superposition sous de vastes formes : superposition de gris, de statique et de mouvement, puis de différents instants. Pour l’artiste, la superposition d’images crée un rapprochement entre l’humain et le territoire. La nature change et les événements s’accumulent.

Sur son blogue, Nadine Boulianne écrit qu’elle « aime travailler sur les visions alternatives au moyen de détournements de l’image. [Elle] aime [aussi] confronter l’idée que la photographie capture un moment précis dans le temps ». Dans la série photographique dont il est ici question, on pourrait dire que les moments précis représentés deviennent flous, comme si la notion du temps perdait de son sens. La superposition vient ajouter du mystère à l’œuvre.

LE RECOMMENCEMENT

Le recommencement est le thème à retenir de cette série photographique. Par exemple, les vagues partent et reviennent, en différentes intensités. Elles frappent continuellement sur la rive, mais nous en oublions souvent leur chant. De plus, la marée monte et redescend, plusieurs fois par jour, jour après jour, toute la vie. Le fleuve ne cesse de se recommencer lui-même. L’artiste explique que « les vagues s’échouent, comme les expériences s’accumulent en nous ». Encore une fois, on remarque le rapprochement entre la nature et l’expérience humaine. C’est ce qui pourrait expliquer la superposition des images comme une accumulation d’expériences.

Chemins de vagues en valait le détour. Cette exposition nous emporte un peu comme le vent frais du Kamouraska.

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