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Vol XXVI No 1, septembre-octobre 2020, Diverses nouvelles

Dans le Kamouraska, c’est le mois du champignon

Dans le Kamouraska, c’est le mois du champignon

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada
30 août 2020 par 


Une balade en forêt permet de le constater rapidement : les champignons poussent abondamment ces jours-ci. Dans le Kamouraska, depuis le 20 août et jusqu’au 20 septembre, un « mois du champignon » leur est consacré, qui s’adresse autant aux curieux qu’aux amateurs confirmés.

Il s’agit de la première édition de l’événement, qui succède au festival des champignons forestiers, organisé les cinq dernières années dans le village de Kamouraska. Niché, l’événement attirait tout de même environ un millier de personnes venant de partout au Québec, et toutes les activités offertes affichaient complet selon la chargée de projet au mycodéveloppement à la MRC de Kamouraska, Pascale G. Malenfant. Devant un tel engouement, elle en est arrivée à la conclusion qu’il était temps de viser plus haut. La pandémie de covid-19 a été l’occasion de repenser totalement la formule.

On peut consulter la programmation du mois du champignon sur le site Le Kamouraska mycologique. Il s’agit d’un mélange d’activités de découverte sur le terrain, de conférences et de formations en ligne, à quoi s’ajoutent des menus gastronomiques axés sur les champignons sauvages et une exposition au musée de l’agriculture et de l’alimentation à La Pocatière.

L’occasion est donc belle pour tous ceux qui voudraient se lancer dans la cueillette. « Il y a une cinquantaine de champignons intéressants au Québec, détaille Mme Malenfant, dont une douzaine de vedettes sur lesquelles on peut concentrer ses efforts d’apprentissage, comme la chanterelle, le champignon homard, l’armillaire ventru, quelques bolets… Mais on pourrait apprendre à reconnaitre seulement une ou deux espèces et faire de belles cueillettes toute notre vie! »

À l’inverse, il existe quelques spécimens dangereux, comme la très belle amanite vireuse, blanche et élancée, mais… mortelle. « Il n’y a pas beaucoup d’accidents au Québec, relativise Pascale G. Malenfant : les gens sont prudents, personne ne consomme un champignon sans être sûr et certain. »

Attirer les « mycotouristes »

Face à l’intérêt de plus en plus marqué des Québécois pour les champignons sauvages, la notion de « mycotourisme » fait son apparition depuis quelques années. Pour la MRC de Kamouraska, c’est même devenu une priorité de développement. Déjà, il est possible de faire de l’autocueillette à la Pourvoirie des Trois Lacs non loin de Saint-Bruno, et il faut s’attendre à voir de plus en plus d’événements autour du champignon dans la région au cours des prochaines années.

Ce développement va aussi se faire autour de la transformation (que ce soit par la multiplication des plats dans les restaurants locaux ou l’organisation d’ateliers de teinture, par exemple) et de l’interprétation. Il s’agit d’utiliser le champignon comme produit d’appel pour attirer des touristes et les inciter à rester le plus longtemps possible dans la région.

Le mycotourisme représente aujourd’hui 200 000 $ de revenus annuels pour le Kamouraska, l’une des deux régions du Québec, avec la Mauricie, qui se distingue en la matière. Une douzaine d’entreprises ou organisations y ont déjà mis en place des produits mycotouristiques.

Il est possible d’aller beaucoup plus loin, croit Pascale G. Malenfant, qui veut suivre l’exemple de la Castille-et-León. Cette communauté autonome espagnole a été la première région à se spécialiser dans le mycotourisme, qui lui permet d’attirer 40 000 touristes annuellement et de générer des retombées de 91 millions $. « Tout cela s’est bâti en une cinquantaine d’années », précise la chargée de projet. Le Kamouraska est encore loin du compte, mais il est bien décidé à appuyer sur le champignon.

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