Airbnb : Sainte-Luce serre la vis

Airbnb : Sainte-Luce serre la vis

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le Gouvernement du Canada
13 juin 2020 par 


Il faut maintenant un permis municipal pour faire de la location à court terme de type Airbnb à Sainte-Luce, une municipalité touristique du Bas-Saint-Laurent. Les personnes qui souhaitent offrir ce service aux gens de passage devront prouver qu’elles ont les infrastructures nécessaires pour les accueillir, et que cela se fait dans le respect du voisinage.

L’intention n’est pas d’empêcher l’activité (qui est permise à peu près partout sur le territoire) mais de la baliser, selon la mairesse Maïté Blanchette Vézina. « On fait des vérifications de base, pour s’assurer qu’on ne fait pas ça à outrance. » Très populaire, Airbnb apporte son lot de problèmes dans plusieurs endroits. Des logements sortent du marché locatif pour être offerts à prix d’or à des touristes, ce qui provoque l’éviction des classes populaires de certains quartiers. L’afflux de vacanciers amène aussi son lot de nuisances : des logements sont devenus des repaires de fêtards, faisant s’arracher les cheveux aux voisins.

« C’est aussi par équité pour nos autres gîtes, qui demandent un permis et qui ont un processus légal à respecter », ajoute la mairesse.

Pour mettre un logement en location à court terme, il faut notamment avoir une installation septique aux normes et disposer d’un nombre suffisant de cases de stationnement, afin que la rue ne soit pas envahie par les véhicules des visiteurs. Espaces de jeu, terrasses, piscines doivent être disposés de manière à réduire les nuisances pour le voisinage. Lorsque la maison est louée, une personne responsable doit s’assurer que toutes les autres réglementations municipales sont respectées, et être joignable rapidement par la municipalité si nécessaire.

Présenter une demande de permis coûte pas moins de 500$. Le demandeur doit notamment fournir un plan de la propriété et un autre plan permettant d’évaluer la distance aux bâtiments voisins. Le dossier est d’abord examiné par un fonctionnaire municipal, puis par le comité consultatif d’urbanisme qui peut demander à visiter les lieux. Si la demande est approuvée, elle est transmise au conseil municipal pour qu’il l’approuve en séance publique. Lors de cette dernière, toute personne voulant se faire entendre est invitée à le faire.

« Pour une raison x ou y, le voisinage pourrait s’opposer à avoir des gens différents tous les jours, explique Maïté Blanchette Vézina. On veut s’assurer qu’il est d’accord, pour ne pas qu’on ait trop de plaintes. »

Cette réglementation municipale s’ajoute aux exigences du gouvernement provincial : lorsqu’on souhaite louer une unité d’hébergement à des touristes pour une durée inférieure à 31 jours, il faut obtenir une attestation de classification et un numéro d’établissement auprès du ministère du Tourisme.

Sous ces conditions, la location de type Airbnb apparaît donc de moins en moins comme un complément de revenu, et de plus en plus comme une prestation de service, confirmant la tendance à la professionnalisation de cette activité observée depuis quelques années. Les amendes sont d’ailleurs salées pour les contrevenants : un Luçois qui ferait de la location à court terme sans permis recevra une amende de 500$, et de 1000$ en cas de récidive.

Adopté au début de l’année, le règlement est passé quelque peu inaperçu, noyé par la pandémie de covid-19. Mme Blanchette Vézina promet donc de l’indulgence cet été pour les 26 annonceurs de Sainte-Luce sur Airbnb et à ceux qui voudraient s’y ajouter, le temps qu’ils prennent conscience des nouvelles règles.

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