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Vol XXVI No 1, septembre-octobre 2020, Diverses nouvelles

Radio Bic : un produit (ultra) local

Radio Bic : un produit (ultra) local

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le Gouvernement du Canada
18 mai 2020 par 

Image: Tali

Si vous syntonisez le 92,5 sur la route 132, vous aurez la chance d'écouter la radio du Bic, mais pas très longtemps : sur une vingtaine de kilomètres environ, de part et d'autre de ce village. Nouvelle venue dans le paysage médiatique régional (elle a commencé à émettre début 2020), Radio Bic est un média ultra-local qui s'assume, pour et par la communauté bicoise.

Derrière ce projet, il y a Jean-Philippe Catellier, le président du conseil d'administration de la Maison de la culture du Pic Champlain, qui fait depuis un certain temps de la médiation entre les artistes et les jeunes du coin. Il y a aussi une rencontre : celle de Michel Delorme, un pionnier de la radio communautaire au Canada, en particulier de celle qui s'adresse aux enfants. « Il a démarré des radios partout dans le monde, explique M. Catellier. Il avait un kit portatif et nous a approchés pour nous le donner. » Sautant sur l'occasion, la Maison de la culture a commencé à donner des ateliers parascolaires de radio dans le village. Rapidement, la possibilité d'utiliser ce média pour souder la communauté est apparue.

La première émission « officielle », Plus mordant que le loup, animée par le rédacteur en chef du Mouton Noir Marc Simard, a été diffusée en février 2020 et a fait office de pilote. Juste avant que la première grille de programmation soit dévoilée, en mars. Dans celle-ci, on retrouvait de la musique, mais aussi une émission dédiée à la philosophie, une autre à l'interculturalité, une heure de contes, et bien d'autres choses…

« Le contenu a été choisi par les gens du Bic suite à un sondage, dit le coordonnateur de la radio Thomas Gaudet-Asselin. On est dans une démarche d'autonomisation de la communauté : notre défi, c'est d'encourager l'implication citoyenne dans ce projet. » Stagiaire à Radio Bic, l'étudiante en psychosociologie Zornitsa Halacheva a justement comme tâche de créer des liens entre la station et la communauté : « En ce moment, j'appelle plein de Bicois pour qu'ils me parlent de leurs rêves et de leurs souvenirs d'ici. C'est incroyable, ils ont plein de choses à dire! »

Les artisans de la radio

Radio Bic a un studio situé dans les locaux de la Maison de la culture, au sous-sol de la Salle Curé Soucy. Celui-ci n'est toutefois plus accessible en raison des règles de distanciation, mais cela n'a pas arrêté les compères de la radio : « On est partis sur un mode « fait à la maison », raconte Jean-Philippe Catellier. On a créé un guide pour les animateurs, et la plupart enregistrent leur émission avec leur ordinateur portable. On fait preuve d'un peu plus d'indulgence sur la finesse technique, la priorité c'est de continuer à créer du contenu. » Thomas Gaudet-Asselin s'occupe du montage, des ajustements sonores et de la mise en ondes. Tout cela correspond finalement bien à l'esprit « do it yourself » que Radio Bic défend depuis ses débuts, et qui se note jusque dans les affiches confectionnées à la main qui ont récemment été installées sur les poteaux de téléphone.

La nouvelle programmation sera dévoilée mardi, et il est encore possible de proposer une émission. Car Radio Bic s'est lancé un nouveau défi : celui d'aller chercher des animateurs qui ne soient pas issus des réseaux que l'on retrouve habituellement sur les ondes, incluant des citoyens qui n'imaginaient même pas qu'ils pourraient avoir « leur » émission de radio. « Je mise beaucoup sur les jeunes, lance Jean-Philippe Catellier. S'ils participent, leurs parents vont écouter, et peut-être vouloir participer à leur tour. »

« Notre chance va bientôt tourner, quand on va recommencer à enregistrer en studio, avec des invités », pense Thomas Gaudet-Asselin. Avec ses formats plus longs que l'ordinaire, mettant en lumière des talents méconnus, Radio Bic a en tout cas déjà démontré sa pertinence. « Notre diversité permet de constater que ce qui se dit sur les autres antennes, c'est tout le temps du pareil au même, assure Jean-Philippe Catellier. On fait différemment! »

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