À Pohénégamook, un été quand même

À Pohénégamook, un été quand même

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le Gouvernement du Canada
26 mai 2020 par 


L'été 2020 ne ressemblera en rien aux précédents, mais à Pohénégamook, haut lieu du tourisme au Bas-Saint-Laurent, on est bien déterminé à ce qu'il ait lieu quand même. « On a un signal abstrait du gouvernement qu'il va y avoir une saison touristique, mais on n'a aucune idée de ce qui va se passer », explique le président de Pohénégamook Santé Plein Air 2.0, Jonathan Laflamme. « Notre pari, c'est que les gens de la région vont venir faire des activités chez nous. »

Les actions annoncées ce lundi par ce centre de villégiature et d'aventures, situé sur les rives du lac éponyme, donnent une bonne idée de ce à quoi vont ressembler les activités sportives cet été partout au Québec : moins d'achalandage, plus d'espace pour chaque visiteur, et une obsession pour la biosécurité. 

En effet, on connaît la municipalité de la MRC du Témiscouata pour son plan d'eau et son monstre, mais Pohénégamook Santé Plein Air 2.0 entend aujourd'hui devenir un « paradis de la distanciation sociale », ainsi qu'on peut le lire dans le communiqué de presse annonçant sa réouverture pour la saison 2020. Pas plus de 320 personnes auront accès au centre de vacances chaque jour entre le 20 juin et le 7 septembre, bien loin des pointes à 2000 visiteurs qui ont déjà été atteintes dans le passé.

Les vacanciers pourront faire de la descente de rivière en canot, de la planche à voile, du kayak, de la planche à pagaie et de la marche en sentier. « On fait nos activités sur 10 km² de plan d'eau, 20 km de sentiers et 5 km de rivière, dit M. Laflamme. Faites le calcul, divisé par 320, ça fait de la place en masse. Dans les sentiers, les gens sont éloignés en moyenne de 200 mètres de distance. Sur le plan d'eau, il n'y a pas de calcul à faire : il faudrait qu'ils soient maladroits pour passer à moins de 2 mètres en voilier ou en planche à voile! » 

Mise en quarantaine obligatoire… pour les vestes de flottaison

Toutes les activités qui rendent impossible la distanciation de 2 mètres sont annulées. C'est le cas par exemple de la balade en rabaska, des soirées contes et légendes autour d'un feu de camp, mais aussi de l'escalade, parce que la majorité du personnel qui supervise les grimpeurs, très expérimenté, a plus de 60 ans. Finalement, c'est à peine 20% des activités habituelles qui pourront avoir lieu.

Et la logistique s'annonce un peu lourde : ainsi, les kayaks seront répartis dans six ou sept stations situées le long d'un sentier bordant le lac. Les canots et les pagaies seront désinfectés après chaque utilisation, les voiliers lavés au savon biodégradable et mis en location à la demi-journée – et non plus pour des périodes plus courtes. Quant aux vestes de flottaison, elles seront lavées après chaque utilisation puis mises en quarantaine pendant 48 heures… Grosso modo, la biosécurité fera augmenter de 30% les coûts de main-d'œuvre. « Pour la première fois cette année, on conseille aux gens d'amener leurs propres vestes de flottaison certifiées », ajoute Jonathan Laflamme. Les clients devront également porter un masque entre leur arrivée et le début de leur activité. 

Il ne faut pas s'attendre à voir des touristes venus de l'extérieur du Bas-Saint-Laurent avant que les restaurants, les campings et les hôtels aient le feu vert du gouvernement pour ouvrir. Pohénégamook Santé Plein Air 2.0 s'attaque donc au vivier du tourisme intrarégional, bien moins garni mais qui pourrait au moins lui permettre de maintenir ses activités. « C'est un défi, mais on est heureux d'ouvrir, en priant pour que les gens du Bas-Saint-Laurent embarquent », déclare le président. Au bord du lac Pohénégamook, l'été 2020 sera celui des découvertes.

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