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Vol XXVI No 1, septembre-octobre 2020, Diverses nouvelles

Métis-sur-Mer, village solidaire

Métis-sur-Mer, village solidaire

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le Gouvernement du Canada
14 mai 2020 par 

Deux bénévoles (Diane Dubois et Nathalie Brochu) et Sandy de la Ronde.


Si les masques de protection sont très recherchés partout dans la province, à Métis-sur-Mer, on n'en manque pas. Depuis trois semaines, deux bénévoles, Diane Dubois et Nathalie Brochu, ont passé au moins une cinquantaine d'heures chacune à en coudre, à tel point qu'elles ne savent même plus combien elles en ont fabriqué. « Au moins 1300 », assure la présidente du Comité local de développement (CLD), Stéphanie Pépin.

Chaque mercredi (celui de cette semaine n'était que le deuxième), une table est installée derrière l'église du secteur Les Boules pour les écouler, moyennant une contribution volontaire – une somme de 5$ est suggérée. Et nombreux sont les Métissiens à venir en chercher, certains passant au préalable des commandes pour toute leur famille. Coccinelles, fleurs, pingouins, étoiles… tous les goûts et les couleurs sont représentés.

Ici, on n'a pas attendu les recommandations du gouvernement pour enfiler des couvre-visages : il y a un certain temps que Sandy de la Ronde, une résidente du village qui a été médecin à Ottawa et Calgary, a conclu des lectures qu'elle a faites qu'il s'agissait de la protection la plus efficace contre le coronavirus. Elle a trouvé des instructions pour en fabriquer sur internet, et c'est elle qui supervise les opérations de couture. On peut porter ces masques en coton « jusqu'à quatre heures, ou jusqu'à ce qu'ils soient mouillées » et ils sont lavables à l'infini, selon elle. Héritage Bas-Saint-Laurent, l'organisme des communautés d'expression anglaise de la région, a donné un coup de pouce financier. De quoi rassurer une population que la pandémie inquiète, selon la mairesse Carolle-Anne Dubé, car plus de la moitié des 550 habitants ont plus de 50 ans. 


Un « frigo virtuel » pour les victimes de la crise
 

Si l'ambiance est bonne en ce mercredi dans ce village qui mêle francophones et anglophones (« Metis Beach » fut bâti par des colons écossais, et de riches familles comme les Molson ou les Birks y passent l'été), personne n'oublie que les temps sont durs. « Ça ne sera pas une saison facile, dit Stéphanie Pépin. La plupart des gens dépendent du tourisme ici. Ceux qui font le ménage dans les hôtels, par exemple, n'ont pas de job. » À tel point que la faim commence à sa faire sentir.

Le CLD du village a innové en créant un « frigo virtuel ». Rien à voir avec un site internet, il s'agit simplement de l'adaptation du concept de frigo communautaire (dans lequel des citoyens peuvent aller placer des denrées que viendront chercher des gens moins nantis) au contexte actuel. Le mercredi, les résidents de Métis-sur-Mer peuvent faire don de denrées non périssables, alors que l'argent issu de la vente des masques est utilisé pour acheter des produits frais (fruits et légumes, viande, produits laitiers). Stéphanie Pépin se charge elle-même d'aller faire les achats à l'épicerie. « Il y a des gens qui ont des résidences secondaires ici, qui ont fait des dons très généreux, affirme la mairesse Dubé. Ils sont avec nous en pensée. » 

Les gens dans le besoin peuvent communiquer en toute discrétion avec la présidente du CLD pour recevoir gratuitement un panier de nourriture. Celui-ci est livré par Mme Pépin en personne, ou par deux pompiers bénévoles, toujours afin d'assurer que la confidentialité des bénéficiaires est respectée. « En ce moment, on en fait trois ou quatre par semaine, mais on s'attend à ce que la demande augmente dans les prochaines semaines », dit Stéphanie Pépin. À entendre les dernières déclarations du gouvernement, le besoin de masques risque lui aussi d'exploser… 

Les personnes ou les entreprises qui veulent se procurer des couvre-visages faits à Métis-sur-Mer peuvent en commander en appelant au 418-936-3158, ou en écrivant à dianedbs28@gmail.com.

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