dernier numéro

Vol XXVI No 1, septembre-octobre 2020, Diverses nouvelles

ALLIANCE PAYSANNE ET CITOYENNE CONTRE L’UPA

ACTION COLLECTIVE – MAI 2020

ALLIANCE PAYSANNE ET CITOYENNE CONTRE L’UPA

11 mai 2020 par 

Martin Plourde et Gabrielle Perrouas PHOTO: Gabrielle Perrouas


Tout a été dit sur le sujet : livres, films, conférences, lanceurs d’alertes. L’information est aujourd’hui disponible et abondante. Les habitants du Québec, par l’émergence d’une prise de conscience collective, réalisent que leur garde-manger leur a été confisqué. Ces gardiens autoproclamés du territoire que représentent les dirigeants de l’Union des producteurs agricoles du Québec, l’UPA, ont lentement cédé aux mirages d’une mondialisation spéculative, sans protéger les gens d’ici, qui nourrissent les gens d’ici.

Le taux d’anxiété, de dépression et de suicide est alarmant chez les agriculteurs. Toutes les composantes de l’environnement sont menacées par les pratiques agro-industrielles. L’état de santé générale des gens est en chute libre, ce qui engorge nos systèmes de santé et de services sociaux. Malgré ce sombre tableau, l’appel de la campagne résonne fortement pour les désillusionnés du 2.0.

En 1950, il y avait plus de 140 000 fermes au Québec1 pour quatre millions d’habitants, soit une ferme pour 28 personnes. Aujourd’hui, on compte 29 000 « exploitations agricoles » pour une population de 8,5 millions, soit une ferme pour 293 personnes. Miser sur une réduction aussi draconienne du nombre de petites fermes familiales au profit de quelques mégastructures hyperproductives a non seulement défiguré chacun de nos patelins, fragilisant de facto la relève, mais a aussi condamné à mort notre indépendance collective, mettant en danger jusqu’à notre survie. Ces orientations n’auront servi qu’à enrichir banques et investisseurs, rendant quelques secteurs « compétitifs » sur les marchés internationaux, avec pour conséquence la paupérisation des travailleurs. Prétendre défendre simultanément et à la même hauteur une ferme familiale biologique, qui vend ses récoltes directement à ses voisins dans un rayon de 30 km, et la monoculture d’une ferme-usine polluante, dont les produits douteux sont destinés à l’exportation, est une supercherie. L’UPA est arrivée au bout de ses contradictions.

L’histoire de notre peuple s’est construite sur une paysannerie fière, courageuse et enracinée où chaque famille pouvait compter sur un ou plusieurs artisans de la terre prêts à lui vendre, à échanger et même, au besoin, à partager le fruit de ses récoltes. À cette époque, où toute notre nourriture était produite ici, l’Union faisait vraiment la force.

Après avoir trop longtemps encaissé la violence des législations, des centaines d’entrepreneurs font germer des initiatives dans chaque région. Des hommes, des femmes et des enfants fourmillent d’ingéniosité et n’attendent plus la permission ou la subvention pour innover en matière d’alimentation. Le territoire est immense et l’intelligence, partout. Aujourd’hui, notre sentiment d’appartenance meurtri tressaille de nouveau dans un grondement structuré, car le Peuple a faim. Faim d’une autonomie responsable et émancipée qui lève toute restriction.

Pour avoir renié les priorités vitales de notre nation et failli à nourrir le Québec, pour avoir vendu aux plus offrants ces trésors de fertilité qui nous ont accueillis, pour avoir ignoré systématiquement les avis divergents qui auraient naturellement pétri une association en phase avec le réel, l’UPA, interlocuteur unique du gouvernement, prétendant parler au nom de tous les agriculteurs et de toutes les agricultrices, devra rendre des comptes aux citoyens et aux citoyennes. Le moment est venu pour nous de sortir de l’insécurité alimentaire dans laquelle l’UPA nous a plongés et de récupérer ce que nous avons de plus précieux : notre terroir.

Le taux d’anxiété, de dépression et de suicide est alarmant chez les agriculteurs. Toutes les composantes de l’environnement sont menacées par les pratiques agro-industrielles. L’état de santé générale des gens est en chute libre, ce qui engorge nos systèmes de santé et de services sociaux. Gabrielle Perrouas et Martin Plourde. PHOTO : Gabrielle Perrouas

AFIN D’OBTENIR RÉPARATION POUR LES PRÉJUDICES CAUSÉS,

TOUS LES CITOYENS, CITOYENNES, PAYSANS, PAYSANNES,

ORGANISMES, ENTREPRISES OU ASSOCIATIONS

QUI ESTIMENT QUE LES ORIENTATIONS DE L’UPA,

UNIQUE SYNDICAT AGRICOLE ACCRÉDITÉ AU QUÉBEC DEPUIS 1972,

ONT MIS EN DANGER LEUR SANTÉ ET LEUR SÉCURITÉ

PERSONNELLE, FAMILIALE, PROFESSIONNELLE,

ENVIRONNEMENTALE OU COMMUNAUTAIRE

DOIVENT SE JOINDRE À CETTE ACTION COLLECTIVE

QUI SERA ENTENDUE DEVANT LA COUR SUPÉRIEURE DU QUÉBEC.

http://alliancepaysannecitoyenne.com/

PUISQUE NOUS N’AVONS PAS LEURS MILLIONS DE DOLLARS, SOYONS DES MILLIONS À EXIGER LA FIN DU MONOPOLE SYNDICAL AGRICOLE AU QUÉBEC : LA SEULE CLÉ POUR UNE AGRICULTURE VIABLE ET PLURIELLE.

Martin Plourde

Responsable de la production aux Serres du Phénix

Représentant de l’Action collective

1. Michel Morisset, L’agriculture familiale au Québec, L’Harmattan, 1987.

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