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Vol XXVI No 1, septembre-octobre 2020, Diverses nouvelles

Agriculture urbaine : un site web, des bacs et des poules pour la MRC

Agriculture urbaine : un site web, des bacs et des poules pour la MRC

L'auteur est journaliste de l'Initiative de journalisme local, financée par le Gouvernement du Canada
19 mai 2020 par 

Hirondelle Varady-Szabo


L'agriculture urbaine a maintenant son site web dans la MRC de Rimouski-Neigette : il s'agit du www.agricultureurbainemrcrn.com, « un nom long mais facile à retenir » selon Hirondelle Varady-Szabo, agente de liaison pour COSMOSS Rimouski-Neigette. Cet organisme fait partie du comité de suivi du Plan d'agriculture urbaine adopté en 2019 par la MRC, en vertu duquel plusieurs annonces ont été faites aujourd'hui. 

Si la pandémie de covid-19 semble avoir ouvert les yeux des différents paliers de gouvernements sur la nécessité de produire davantage localement, cela fait déjà un certain temps que la population s'intéresse au jardinage et à la transformation alimentaire. « Les gens ne savaient pas où trouver des informations sur l'agriculture urbaine, explique Mme Varady-Szabo. On voulait un lieu qui rassemble tous les renseignements dont ils ont besoin. »

Sur le nouveau site, on pourra découvrir un répertoire des initiatives en agriculture urbaine dans la MRC, allant de la production de nourriture jusqu'à la gestion des matières résiduelles en passant par la transformation et la distribution. Seront également listées les possibilités d'implication bénévole et de formation autour de Rimouski, ainsi que les sources de financement disponibles pour le secteur bioalimentaire.

 Jardiner entre voisins dans tous les villages 

Par ailleurs, des bacs surélevés de cultures à partager de 3 pieds par 6 seront bientôt implantés partout dans la MRC, à raison de cinq à Rimouski et dix dans les autres municipalités. Une formule déjà bien connue dont l'objectif est double, selon Hirondelle Varady-Szabo : offrir à la population le plaisir de jardiner, et encourager une saine alimentation. Des guides d'utilisation seront offerts avec les bacs pour les rendre accessibles même aux débutants.

 « C'est comme ça que j'ai commencé, se souvient le préfet de la MRC de Rimouski-Neigette, Francis St-Pierre : d'abord un petit bac chez nous, puis un deuxième… C'est surprenant la quantité de légumes qu'on peut produire là-dedans. » Il l'assure, si l'expérience est concluante, il y en a davantage qui seront installés.

Enfin, M. St-Pierre a annoncé que la MRC allait modifier son schéma d'aménagement afin d'autoriser les poules dans les périmètres urbains – il reviendra à chaque municipalité de fixer les règlements entourant cette activité. « Il faut aligner le cadre réglementaire sur le plan d'agriculture urbaine qu'on a adopté », clame le préfet.

Saint-Valérien, exemple à suivre 

L'expérience de Saint-Valérien, un village précurseur dans le domaine de l'autonomie alimentaire, peut donner une idée du succès éventuel de ces démarches. « Avant l'adoption du schéma d'aménagement de la MRC, nous avions déjà un règlement autorisant les poules, explique le maire Robert Savoie. On l'a conservé même s'il n'était pas conforme au schéma, ce qui a permis de tester l'acceptabilité sociale des poulaillers dans le village. » Le résultat est probant : il n'y a jamais eu de plaintes à ce sujet à Saint-Valérien.

La municipalité qui surplombe Le Bic a également des bacs de jardinage accessibles à tous depuis deux ans, et les résidents s'en occupent très bien. « Les organismes communautaires responsables d'un bac nomment une personne responsable, qui recrute une équipe de bénévoles », témoigne le maire. Les employés municipaux n'y touchent donc pas, sauf peut-être pour apporter un sac de compost de temps en temps. Ce qui est certainement mieux, de l'avis de M. Savoie : « Quand c'est pris en charge par la municipalité, on peut parfois observer un certain délaissement de la part de la communauté. »

« Le rôle des municipalités n'est pas de « faire à la place de », mais d'offrir des conditions favorables pour qu'il se passe des choses », résume Francis St-Pierre, qui est maire de St-Anaclet. Au tour des citoyens de jouer, donc.

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