As-tu vraiment besoin de manger, Hélène Sarrazin?

Les artistes de nos régions ont-ils-vraiment besoin de manger?

As-tu vraiment besoin de manger, Hélène Sarrazin?

26 janvier 2020 par 


Dans le cadre de cette rubrique,
Le Mouton Noir présente une ou un artiste du Bas-Saint-Laurent. Avec l’autorisation de Coline Pierré et Martin Page, Le Mouton Noir s’est inspiré du collectif que ces auteur·e·s ont publié en 2018 aux éditions Monstrograph, Les artistes ont-ils vraiment besoin de manger?, un recueil de 35 questions posées à 31 artistes sur leurs conditions de vie, de travail, de création.

Pour en savoir plus : www.monstrograph.com

Hélène Sarrazin est artiste en arts visuels. Amoureuse du Bas-du-Fleuve, elle est revenue s’établir dans la région des Basques en 2017. Elle a présenté son travail au Musée du Bas-Saint-Laurent au printemps 2019.

Ton autoportrait :

Je suis une artiste en arts visuels qui fait des tableaux à l’aide de peinture à l’huile en bâton.

Que réponds-tu quand on te demande quel est ton métier?

Je réponds que je suis une artiste en arts visuels qui fait des tableaux à l’aide de peinture à l’huile en bâton. Généralement à ce moment-là on me dit « Ah bon, tu es peintre alors ? » Voyant que c’est mal barré, j’essaie de changer de sujet.

Créer, c’est quoi?

Créer, c’est développer des stratagèmes pour retrouver en moi le filon qui m’est unique. Dans mon cas, ce stratagème se traduit par l’emploi de gestes répétitifs qui me mettent dans un état proche de la méditation. Je cherche à retrouver un état particulier ressenti il y a longtemps, depuis toujours peut-être, en lien avec l’expérience de la « beauté du monde ». Je cherche à traduire visuellement cette expérience fondatrice.

À qui t’adresses-tu quand tu crées?

Quand je travaille, je ne m’adresse à personne en particulier, mais, paradoxalement, quand le travail est terminé, il faut qu’il soit vu, exposé quelque part dans l’espoir qu’il y ait au moins une personne qui soit touchée.

Est-ce que parfois tu en as marre?

Oui, parfois j’en ai marre et j’aurais envie de me débrancher comme on débranche une lampe… jusqu’au lendemain matin. J’adore le matin! Et le café!

Qu’est-ce qui te sauve?

Le sommeil, les rêves, l’espoir, le plaisir, les rencontres, l’amour. Je cherche la liberté, l’ouverture d’esprit, la curiosité. Je cherche à me maintenir toujours en mouvement, je cherche un sens à ma vie et à celle du monde en général.

Qui sont tes alliés?

Je ne sais pas, probablement mes amis. Peut-être quelques anges bienveillants?

Qui sait?

Qu’est-ce qui est choisi ou subi dans tes conditions de travail?

Tout est choisi dans ma vie d’artiste dans le sens où, en faisant ce choix, je savais que les conditions ne seraient pas faciles et j’ai accepté ça, sinon autant faire autre chose.

Qu’y a-t-il dans ton frigo?

Je n’ai pas de frigo, (ah ah! ce n’est pas vrai) mais je pense que cette question n’est pas d’intérêt public.

As-tu vraiment besoin de manger?

Mon être de chair a besoin de manger, comme tout le monde. Le reste de mon être a aussi besoin d’être nourri et c’est tout aussi important. Cela se fait par des rencontres sous forme de livres, de films, de musique, d’œuvres d’art, de personnes inspirantes.

Consultez le journal au format numérique
Visionner

Consultez le calendrier culturel du Girafe