dernier numéro

Vol XXVI No 1, septembre-octobre 2020, Diverses nouvelles

Good COP bad COP

Good COP bad COP

25 janvier 2020 par 

N’en jetez plus, la cour est pleine. La COP déborde de l’inconséquence et de l’insignifiance de ces leaders nationaux qui sont retournés dans leur pays respectif avec un agenda mince comme la couche de glace qui recouvre mon entrée depuis que la saloperie de pluie est tombée et que le gel s’est mis de la partie même scénario pour ces décideurs : pendant que la schnout des changements climatiques continue à nous envahir de toutes parts et risque de nous ensevelir, ils se réfugient sous un mince vernis d’inconscience criminelle, quitte à faire déraper la planète entière et à la voir se casser la gueule pour de bon.

De toute façon, Dominic Champagne a raison, vous avez beau vous montrer un exemple d’écoresponsabilité, cesser de manger de la viande, acheter local, trier vos vidanges, mettre vos petits fruits et légumes dans un petit sac recyclable à l’épicerie, que peut-on contre ces masses farouches qui se ruent chez Walmart et autres Best Buy du genre à l’occasion du Black Friday ou du Boxing Day, ces formidables marathons de la consommation qui s’étendent maintenant sur des semaines entières? Comment peut-on endiguer le développement des mégapoles du monde entier, Mexico, Tokyo, Mumbai, New York, Séoul, alors que partout la paysannerie déserte les campagnes et ne rêve que de s’acheter un char, d’accroître son pouvoir d’achat et de venir grossir la masse de ces pauvres gens qui finalement « ne cherchent qu’à vivre comme tout le monde »? Comment peut-on se passer du pétrole alors que notre quotidien en est si dépendant et qu’aucune solution concrète n’est envisagée pour son remplacement, au plus grand désarroi de ces pauvres bêtes de nos bois, de nos lacs et de nos océans, innocentes victimes collatérales qui meurent d’asphyxie ou les bronches obstruées par le plastique de notre dérision collective?

Non, il y a trop loin de la COP aux lèvres. Il faudrait modifier le paradigme du tout au tout, renverser fondamentalement les tendances mondiales actuelles, déclencher une révolution mondiale, abolir le capitalisme sauvage. Mais, au bout du compte, si nous, nous ne voulons pas nous charger de la job, c’est la nature elle-même qui va assumer la chose. Comme dirait l’autre : « Fais-toi-z’en pas, si toi, tu t’occupes pas de l’environnement, lui, y va s’occuper de toi! »

Alors nous voici Gros-Jean comme devant, pendant que nos gouvernements dorment au gaz, à la pétrochimie et au Roundup. Et si nos dirigeants estiment ne pas avoir de prise sur l’économie mondiale, s’ils se sentent impuissants face à la « globalisation des marchés », s’ils pensent qu’aucune mesure factuelle ne peut être envisagée pour contrer le désastre, ils pourraient tout au moins se montrer prévenants et commencer à concocter des mesures concrètes pour protéger leurs commettants des pires affres du fléau qui gronde et s’annonce. La récente grève des cheminots du CN nous a notamment dévoilé un autre pan de notre vulnérabilité, alors qu’on a appris que les réserves de propane étaient si limitées qu’au bout de quelques jours à peine, les pauvres cultivateurs n’étaient plus en mesure de protéger leurs porcelets du froid ou de faire sécher décemment leurs grains. La crise du verglas nous a entraînés à quelques pylônes du désastre total, alors que nous avons appris collectivement à quel point notre dépendance à l’électricité s’avérait impérieuse. Imaginez maintenant, du jour au lendemain, les téléviseurs et les ordinateurs éteints, les feux de circulation ne fonctionnant plus aux coins des rues, les usines de pompage stoppées, les hôpitaux ayant épuisé leurs réserves de pétrole et les génératrices à bout de souffle. Il faut toujours envisager le pire, surtout lorsque le pire frappe à la porte. Sans doute seuls les grands et les riches de ce monde seront-ils à l’abri pour quelque temps, se serrant les coudes et les couilles dans leurs paradis frisquets. Au bout du décompte, ce sont toujours les pauvres gens qui éCOPent…

Attachons nos tuques, et toi aussi, ma courageuse Greta, noue bien le merveilleux tressé de tes tresses. Jamais dans l’histoire de l’humanité les adultes n’auront-ils eu un comportement aussi enfantin.

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