Un 27 septembre sur terre, à Rimouski

Un 27 septembre sur terre, à Rimouski

11 novembre 2019 par 


Qui aurait dit que tant de personnes se déplaceraient le 27 septembre 2019, toutes unies derrière un seul mot d’ordre : « Changeons le système, pas le climat »? Nous savions l’inquiétude portée par beaucoup, mais devant le nombre, c’est l’espoir qui a jailli! On a dit 2 500 manifestants à Rimouski, mais le chiffre de 3 000 serait sans doute plus juste.

Place aux enfants

Tout a commencé par la manifestation des enfants. « Sauvons la planète », scandaient les élèves du Grand-Pavois, à 9 heures du matin, sur la promenade de la mer, armés de leurs magnifiques pancartes, conçues avec les conseils de l’artiste Caroline Jacques. Ils étaient plus de 100, accompagnés par des enseignants et des enseignantes, des parents et des membres de la direction. Devant la rue de la Cathédrale, les adultes et les enfants ont fait des discours. Les enfants écoutaient, les enfants parlaient, les enfants étaient particulièrement fiers de leur coup, et le fleuve leur offrait un cadre éblouissant.

Nous étions quelques-unes du comité organisateur, dont Jocelynn Meadows, la directrice des études du Cégep de Rimouski, venues les rencontrer afin de recevoir certaines de leurs pancartes que, plus tard, les plus grands, sur l’heure du midi, ont porté haut et fier. Pour celles et ceux qui ont assisté à ce moment unique, toute la journée prenait son sens à 9 heures du matin, face au fleuve, car c’est pour l’avenir de ces enfants et pour préserver les forces somptueuses de la nature qu’il est important de se mettre en action.

La manifestation de tout le monde

À 11 h 30, Jeanne Manseau-Noël, du haut de ses 17 ans, a pris la parole devant une foule déjà très importante, assemblée dans le stationnement du cégep. Le discours de Jeanne était clair et précis, à l’image de cette jeunesse qui, galvanisée par le courage et la force de la jeune Greta Thunberg, ose nommer sa peur et réclamer son droit à un héritage en santé. Cet héritage que la jeunesse réclame, c’est une planète viable, tout simplement, une planète tout aussi viable que celle que nous avons reçue en naissant (et je parle depuis mes 60 ans bien révolus). D’autres enfants ont pris la parole, entre autres une petite fille de 10 ans, lumineuse et ardente, a pris le micro d’autorité afin de remercier les gens d’être là pour ce rendez-vous si important à ses yeux. Cloé Tremblay, une élève du Paul-Hubert nous a expliqué sa vision des changements climatiques.

Puis la foule s’est mise en branle. Nous n’avions jamais vu autant de monde à Rimouski dans une manifestation, et tout comme à Québec, Montréal, Ottawa, Gatineau, Trois-Rivières, et j’en passe, les citoyennes et les citoyens de tout âge, en groupes ou seuls, étaient plus nombreux que prévu et ont marché pacifiquement, faisant preuve d’originalité et d’humour, réclamant encore et encore que l’on change le système et non le climat.

Beaucoup plus qu’une manifestation

La grande particularité du 27 septembre à Rimouski est le rôle qu’y a joué le cégep. En effet, le signal qu’envoie ce dernier est fondamental : quand une institution se remet en question et accepte de bouger, le changement de système est peut-être en cours.

Dès juin, il avait été décidé par la Direction, en collaboration étroite avec les différents syndicats s’apprêtant à aller chercher un mandat de grève, et l’association étudiante, que cette journée serait dédiée au climat. Dès le mois d’août, un comité s’est formé et a travaillé d’arrache-pied pour que le 27 septembre soit beaucoup plus qu’une manifestation. Ainsi, toute la journée a été consacrée à des réflexions et à des propositions d’actions, parfois personnelles, d’autres fois collectives, comme la révision de La politique environnementale du cégep. Impossible de vous parler de tout ce qui s’est dit et fait, mais je vous invite à suivre le lien à la fin de l’article1 pour entendre les trois conférences du matin, données en présence de quelque 250 personnes.

Quant aux kiosques et aux ateliers de l’après-midi (une trentaine de propositions en tout), leur nombre témoigne de la vitalité d’une société civile en quête de solutions.

Le signal est clair : nous sommes beaucoup à avoir compris l’importance de la crise environnementale qui nous frappe, et nombreux et nombreuses sont ceux et celles qui mettent déjà la main à la pâte afin d’imaginer l’avenir.

Pour David Pelletier, porte-parole de notre comité organisateur, le cégep a ressemblé le 27 septembre à « une école populaire pour le climat ». Et nous souhaitons toutes et tous qu’il y ait une suite.

Le mot de la fin

Le mot de la fin sera en fait le mot d’ouverture de la journée. En effet, le directeur général du cégep, François Dornier, a ouvert la journée par un discours dans lequel il prenait plusieurs engagements. Je voudrais citer la fin de sa prise de parole :

J’ai une formation d’historien […] et deux questions me hantent. […] Je me souhaite un jour d’être vieux [et quelqu’un sûrement me posera ces] deux questions : « Le savais-tu? Et qu’as-tu fait? »

J’aimerais pouvoir répondre ceci : « Oui, je le savais et, en 2019, nous sommes passés à l’action! »

1. Pour entendre les conférences données au Cégep de Rimouski le 27 septembre, rendez-vous au https://livestream.com/cegepderimouski/events/8836006

Texte de Jeanne Manseau-Noël, prononcé à la marche pour le climat du
27 septembre à Rimouski

Bonjour,

Je suis Jeanne Manseau-Noël, j’ai 17 ans. Je fais partie du mouvement international d’Écologie de l’enfance. J’ai donc, très tôt, eu la chance de passer la plupart de mon temps dans la nature, ce qui m’a permis de constater à quel point les écosystèmes sont fragiles. Nous avons comme devoir d’être les porte-parole de la nature et de son incroyable biodiversité. En tant que citoyens, fleuves, oiseaux ou tout autre élément de la nature, nous exigeons de l’autorité publique le respect des droits de la Terre ainsi que la protection des écosystèmes qui nous offrent refuge. La qualité de vie des générations actuelles et futures dépend entièrement des décisions qui vont être prises ces années-ci. En somme, nos élus doivent reconnaître que la souveraineté de chaque pays s’efface devant une justice universelle qui reconnaît à la nature le droit d’exister et de perdurer. Aujourd’hui, nous nous joignons à un mouvement mondial pour le climat dont le but est l’adoption d’une loi climatique pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 oC. Autrement dit, les combustibles fossiles doivent rester dans le sol, et nous devons changer de paradigme. Aujourd’hui, nous avons une dernière chance pour faire pencher la balance en faveur de la nature, et notre temps est compté.
Merci et bonne marche!

Texte de Cloé Tremblay, prononcé à la marche pour le climat du 27 septembre à Rimouski

Bonjour,

Je m’appelle Cloé Tremblay et je suis en PEI, secondaire 5. J’aimerais d’abord remercier toutes les personnes qui sont présentes aujourd’hui pour cette marche pour l’environnement. Je fais partie du comité environnement de l’école Paul-Hubert. Je suis ici avec mes camarades du PEI, secondaire 5, plusieurs des membres du comité environnement et quelques étudiants du Paul-Hubert. On m’a demandé d’expliquer ce que l’environnement représente pour moi. Je pense que les changements et le réchauffement climatiques sont un cri de notre Terre.

Nous avons presque tout pris, sans rien redonner. Oui, notre avenir et notre qualité de vie dépendent des changements climatiques, mais il s’agit aussi du respect que nous devons avoir pour notre planète. Nous avons coupé des arbres par milliers pour nos besoins, sans jamais en planter. Nous avons chassé des quantités immenses d’animaux pour agrandir nos villes. Nous avons pollué les océans sans jamais nous soucier des conséquences de nos actions. Maintenant, nos forêts brûlent à des vitesses effroyables. Les animaux qui habitent ces territoires se retrouvent sans nourriture ou maison. Nos océans sont si pollués qu’un septième continent, celui de plastique, est apparu. La température moyenne de la Terre devient de plus en plus élevée. Ce phénomène fait en sorte de tuer les espèces les plus fragiles qui peuplent ce monde.

J’entends souvent les adultes et les plus jeunes dire que leurs actions personnelles n’auront aucun effet sur ce qui se passe avec notre planète, mais c’est totalement faux. J’ai donc un message pour eux. Vos actions personnelles ont de la valeur et font la différence. Vos petites actions quotidiennes donnent l’exemple à vos voisins, à vos collègues et à votre famille. Et si nous faisons tous des petites actions pour réduire notre quantité de déchets et notre niveau de pollution, je suis certaine que notre futur sera plus radieux que celui qui s’annonce.

Merci

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