[En ]Fermez Trump!

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Les haut-le-cœur d’un misantrump
8 novembre 2019 par 

Non mais ça n’a aucun bon sens, s’il vous plaît, aidez-moi à y voir clair, comment un être aussi immonde et infect que Donald Trump a-t-il pu se hisser à la présidence des États-Unis et comment peut-il s’y maintenir et s’assurer du soutien d’une majorité de républicains, dont de nombreux sénateurs, lesquels ont pourtant juré fidélité à la nation et à la Constitution, reniant leur serment d’office et rampant comme des limaces aux pieds de ce gros dégueulasse qui parvient à synthétiser en une seule personne tout ce qu’on peut trouver de plus répugnant et de plus abject chez l’être humain, de l’égocentrisme morbide à la suffisance la plus ostentatoire, de la malhonnêteté crasse au racisme le plus éhonté, de l’homophobie chronique au sexisme affiché, du mensonge érigé en système à la dépravation quotidienne, manipulateur, maniganceur, combinard, magouilleur, Napoléon disait de Talleyrand qu’il était « de la merde dans un bas de soie », mais dans le cas qui nous occupe, oubliez la soie et passez immédiatement à la véritable substance qui constitue sans ambages le dehors et le dedans de ce triste sire, ce personnage qu’on dirait tout droit issu d’un film d’horreur, variante d’un Frankenstein contemporain que de malins docteurs auraient concocté dans leur officine en se disant qu’ils allaient jouer là un bon tour à l’humanité, et bon tour ils ont joué en effet, parlez-en à toutes ces femmes qui ont jalonné le parcours de ce misogyne et qui conservent un précieux souvenir du passage du prédateur dans leur vie, parlez-en à la ribambelle de subalternes, d’associés, de supposés amis qu’il a virés, trahis, traités sur Twitter de tous les noms possibles et imaginables en ternissant irrémédiablement leur réputation, parlez-en aux familles qu’il a détruites, aux Kurdes qu’il a abandonnés sous les tirs ciblés des Turcs, alors que ces pauvres combattants ont fait le sale boulot de l’Amérique et de l’Europe pendant des années en Syrie afin de venir à bout des forces de l’État islamique, laissant sur le champ d’honneur des dizaines de milliers des leurs, parlez-en à ce pauvre Volodymyr Zelensky, président d’Ukraine qui, à peine élu, se voit pris dans les mailles d’un filet tendu par l’ineffable Rudy Giuliani, bras droit de ce président sans scrupules, et vous connaissez l’histoire, pendant qu’on exige que l’Ukraine mène une enquête sur un citoyen américain qui, tout à fait par hasard, s’avère un adversaire politique, et ce, dans le seul but de brasser à des fins partisanes cette substance dont on raffole, on suspend une aide financière urgente votée à majorité par les deux partis au Congrès afin que l’Ukraine puisse tenir à distance l’armée russe laquelle, soit dit en passant, a récemment annexé la Crimée, et la liste des extorsions et des exactions semble sans fin alors qu’au jour le jour défilent les témoins ou les complices de ces déliquescences et que cet affreux jojo de Trump continue à bomber le torse et à faire le paon comme un grotesque clown triste qu’il est, et s’il s’intéressait à l’histoire de son propre pays, et si cet inculte se donnait la peine de lire de temps à autre au lieu de s’alimenter aux diatribes mensongères des pontifes de la droite conservatrice qui s’époumonent sur Fox News et sur les chaînes du même acabit, peut-être Trump aurait-il su tirer profit de cette maxime attribuée à un autre président républicain, pas mal plus prestigieux que lui, celui-là, et baptisé Abraham Lincoln : « On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps »; mets ça dans ta pipe et étouffe-toi avec, espèce de gros imbécile, pendant que nous ruminons ce si sombre mais réaliste constat établi par la journaliste du Guardian Rebecca Solnit : « […] Mais nous faisons face aujourd’hui à quelque chose de pire encore : la perversion et le délabrement de la règle de droit au profit de suprémacistes blancs milliardaires et misogynes, un système où les plus puissants acquièrent encore plus de pouvoir et ne sont tenus à aucune forme de reddition de comptes 1».

1. Rebecca Solnit, The Guardian US, en ligne le 10 octobre 2019, traduction libre.

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