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Vol XXVI No 1, septembre-octobre 2020, Diverses nouvelles

Poèmes de l’essentiel

Poèmes de l’essentiel

13 septembre 2019 par 


La mort habite ici
est le premier recueil de poésie de Laurence Caron-C. que m’a fait découvrir la toute jeune maison d’édition Hashtag. Guidées par l’ouverture, les éditions Hashtag incarnent une littérature d’actualité, où les frontières de l’identité, de la culture et des genres s’enlacent.

La poésie de Laurence Caron-C. s’intègre à cette vision du monde par des mots qui relatent son quotidien. Le deuil face au décès de sa grand-mère Carmen, l’absence de son.a amoureux.se Sébastien, et son départ dans le Grand Nord pour enseigner les arts plastiques à des enfants nunavimmiut teintent ses jours. Une douce mélancolie s’échappe des vers de Laurence Caron-C. Elle nous rappelle combien il est difficile d’être. Et encore plus d’être sans ceux qu’on

La mort se déploie avec minutie dans l’ensemble du recueil. Par la distance, l’absence de Sébastien se superpose à celle de Carmen. Les deux personnages deviennent des alter ego. Dans le Grand Nord, une souffrance émane de la communauté nunavimmiut. Les grands drames se transforment en événements familiers : « avoir un jour de mort /comme on a des jours de neige ». La mort habite ici, nous confie le titre. Ici, c’est dans le cœur de Laurence Caron-C. Ici, c’est partout.
aime.

Malgré une douleur permanente, l’espoir réussit à s’immiscer dans le quotidien de le.a poète.étesse. Parce que la mort, l’absence et le manque, c’est aussi se souvenir qu’au fond, l’amour a existé et qu’il est là. Encore. « un écran / comme seule source de soleil / mais ce soir, mon amour, il brille ». La douceur et la tendresse qui se dégagent du recueil sont simples, mais touchantes. C’est justement leur simplicité, cette attention portée aux détails, qui leur donne ce pouvoir de transcender la page : « la pluie clapote sur la baie / ça sent le froid / et c’est à toi que je veux le dire ».

Avec ses mots, Laurence Caron-C. donne une voix singulière à des réalités éparses : « on est comme tout le monde, mais avec plus de glitter ». Sa poésie nous ramène à l’essentiel : au fait que nous sommes tout.e.s différent.e.s de la même manière.

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