Gilles Carle, artiste peintre

Gilles Carle, artiste peintre

15 juillet 2019 par 


Réalisateur, scénariste et producteur, Gilles Carle est reconnu pour ses nombreuses œuvres cinématographiques, dont Les Mâles (1971), La mort d’un bûcheron (1973) ou Les Plouffe (1981). Toutefois, Gilles Carle a également nourri une passion pour l’art visuel à laquelle il s’est consacré en peignant et en dessinant, particulièrement durant les dernières années de sa vie.

L’exposition Paysages et personnages préparée par Annie Landreville, commissaire, en collaboration avec Chloé Sainte-Marie, la compagne du peintre, éclaire une facette peu connue de cet homme polyvalent. Dans une rencontre avec Le Mouton Noir, Annie Landreville explique la manière dont elle a procédé pour sélectionner les tableaux : « J’ai fait un choix de corpus qui pouvait être facilement mis en scène, qui a été pensé pour les lieux dans lesquels les tableaux se retrouvaient. » L’architecture de l’exposition se déploie en trois lieux distincts qui permettent aux œuvres d’interagir avec l’espace dans lequel elles figurent. Les tableaux des religieuses sont exposés au Vieux Presbytère de Sainte-Flavie, les paysages se trouvent à la maison écologique Ère 132 des Jardins de Métis et le Château Landry expose d’autres personnages de l’œuvre.

Si un thème majeur ne traverse pas uniformément l’exposition, « il y a un esprit qui unifie », explique Annie Landreville. Un esprit de liberté et d’humour qui prend sa source dans le mouvement des Plasticiens. Comme l’écrit Chloé Sainte-Marie : « Derrière toutes les œuvres de Gilles, il y a un sourire. Un sourire qui percole. » Ce sourire prend forme à travers des tableaux hétérogènes, parfois proches de la bande dessinée, parfois pastiches de grands peintres comme Picasso : une sœur lit religieusement Sade, une Chloé cubiste se pavane parmi les fleurs de l’île Verte. D’ailleurs, de nombreuses toiles témoignent de l’amour de Gilles Carle pour sa compagne, sa muse. « Quand j’ai fait le montage de l’exposition au Château Landry, je me suis arrangée pour que, peu importe où on est assis, on voie Chloé quelque part. Je voulais que Chloé soit partout. »

L’humour s’allie à la profondeur des tableaux de Gilles Carle. Une polysémie se déploie dans l’ensemble de l’exposition. « Parfois il y a des formes qui relèvent de ce que Dali appelait la paranoïa critique », affirme la commissaire. Dans Recette moyenâgeuse, la bouche se transforme tantôt en flamme, tantôt en sexe féminin; l’autoportrait à voir au Château Landry se laisse appréhender tant à l’envers qu’à l’endroit. Les tableaux de Gilles Carle nous confrontent à notre propre regard, à notre nous intérieur face à la beauté, à la complexité et à la créativité.

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