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Vol XXIV No 5, mai-juin 2019, Plein feu sur le KRTB

Grève scolaire pour le climat

Grève scolaire pour le climat

17 mars 2019 par 


«Nous sommes venus pour vous dire que c’est l’heure du changement, que ça vous plaise ou non. Le vrai pouvoir appartient au peuple. »
Tels furent les derniers mots de Greta Thunberg à la tribune de la COP24 en décembre dernier. Depuis août 2018, la jeune Suédoise s’engage corps et âme pour transmettre son message : puisque l’utilisation des combustibles fossiles menace l’équilibre qui permet la vie sur Terre, elle devrait être déclarée illégale.

Armée d’un grand carton blanc où figure en lettres noires son célèbre slogan « Skolstrejk för klimatet » ou plutôt « Grève scolaire pour le climat », l’adolescente d’à peine 16 ans s’assoit tous les vendredis depuis plusieurs semaines devant le Parlement suédois à Stockholm. Son but est simple : faire pression sur le gouvernement suédois dans l’espoir qu’il impose des restrictions pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre du pays, comme le prévoit l’accord de Paris sur le changement climatique.

Pour la justice climatique

Cette initiative, à première vue banale, n’est pas passée inaperçue auprès des médias. Après seulement quelques semaines de manifestations, Greta Thunberg s’est retrouvée sur la scène de TEDxStockholm pour transmettre son message à des centaines de spectateurs et à des milliers d’internautes. Les actions de la jeune militante sont à la base du mouvement international étudiant « Grève scolaire pour le climat ». Partout sur le globe, ils sont désormais des milliers à choisir l’école buissonnière chaque vendredi afin de manifester devant leur parlement pour une justice climatique.

À ceux et celles qui désapprouvent sa grève scolaire, la jeune Thunberg sert de nombreux arguments. En premier lieu, elle affirme qu’étudier dans le but de devenir climatologue ne vaut pas la peine puisque les faits pour comprendre la crise climatique et les solutions pour la résoudre sont déjà connus. En deuxième lieu, la Suédoise demande : « Quel est l’intérêt d’étudier pour un futur qui bientôt n’existera plus alors que personne ne fait quoi que ce soit pour le sauver? » Enfin, elle déclare que même les faits les plus importants, établis par la science la plus fine, n’ont aucune importance pour les politiciens et la société. En bref, étudier des faits dans le système scolaire ne permet pas de contrer les conséquences du changement climatique.

Le souci de Greta pour l’environnement ne date pas d’hier. Vers l’âge de huit ans, la fillette prend conscience du réchauffement climatique, phénomène d’extinction massive causé par les activités humaines. Hélas, personne ne semble prendre les mesures adéquates pour stopper les catastrophes qui en résultent. Découragée par l’état de la planète, Greta sombre dans une profonde dépression, cesse de manger, de parler et durant la même période, reçoit un diagnostic de syndrome d’Asperger à l’âge de 11 ans. Les parents de la jeune fille, tous deux connus dans le domaine artistique suédois, acceptent d’adopter plusieurs résolutions en vue de diminuer leur empreinte écologique. Cette perspective redonne l’espoir nécessaire à l’adolescente pour aller de l’avant et, bien vite, toute la famille s’initie au véganisme et s’abstient de voyager par avion.

Notre maison brûle

Ainsi, c’est par train que Greta Thunberg s’est rendue au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, à la mi-janvier 2019. Souhaitant minimiser l’impact écologique de son déplacement, la jeune Suédoise a choisi de passer la nuit en montagne à -15 °C, dans une tente de l’Arctic Basecamp. Sur la scène du Forum, le lendemain, la militante exprima ses convictions avec un sérieux et une sincérité qui étonnèrent grandement le public.  « Notre maison est en feu », affirma-t-elle au début de son discours. Voilà une façon poétique de dénoncer l’inaction des autorités malgré la crise climatique! L’inquiétude de la jeune Thunberg est palpable : « Nous sommes en crise et nous devrions nous comporter comme tel. Alors seulement à ce moment précis, l’espoir surgira. »

Le mouvement est déjà en marche au Québec. À Montréal depuis quelques semaines, un groupe d’étudiants organise une grève scolaire pour le climat les vendredis après-midi. Aux dernières nouvelles, ils étaient deux cents à manifester dans les rues de la métropole. Leur slogan, « Pour le futur », fait écho aux craintes et aux espoirs de milliers d’autres jeunes partout autour du monde. S’ils ne font pas entendre raison aux politiciens maintenant, qui le fera?

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