Avancez en arrière

Avancez en arrière

17 mars 2019 par 

Difficile à croire! À quelques mois des élections fédérales, le Parti conservateur est en tête des sondages : la troupe d’Andrew Scheer obtient 40 % des intentions de vote contre 31 % pour les libéraux de Trudeau1. Pourquoi un si grand écart et cette soudaine déconfiture? Affaire SNC-Lavalin : les accusations d’ingérence de Justin Trudeau et de ses proches dans les procédures judiciaires se sont transformées, en quelques semaines seulement, en crise politique sans précédent pour les libéraux depuis leur arrivée au pouvoir en 2015.

Le premier ministre a déjà perdu trois membres de son entourage stratégique : la ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, son principal conseiller Gerald Butts et, plus récemment, Jane Philpott la présidente du Conseil du Trésor.

Le sondage d’Ipsos2 révèle que la perspective d’un gouvernement conservateur est évoquée pour la première fois depuis 2015.

Il est vrai que les agissements des libéraux sont inexcusables dans l’affaire SNC-Lavalin. Mais ce n’est pas tout : Justin Trudeau a mis au rancart plusieurs de ses promesses électorales. Il a confirmé que le pétrole était maître du développement économique du pays. Trudeau a conséquemment montré que ses priorités allaient à l’encontre de la protection de l’environnement. Et j’en passe.

Pas encore les conservateurs

Le dernier gouvernement conservateur de Stephen Harper a été au pouvoir pendant tout près de dix ans. Dix ans de complots, de manipulations, de copinage, de mépris de l’environnement, de développement de projets pétroliers. Dix ans de grogne d’une grande partie de la population. Autant d’années à censurer l’information, à cacher la vérité aux journalistes. Est-ce qu’Andrew Scheer sera plus intelligent que Harper? Espérons-le.

En attendant, comment les libéraux pourraient-ils remonter la pente? Dans la dernière année d’un mandat, un gouvernement mène habituellement une pré-campagne électorale : distribution de subventions, virage un peu à gauche pour attirer le vote populaire. L’actuel premier ministre ne semble pas se diriger dans cette voie. Comme il vient en outre de perdre son principal conseiller, il va sans doute y avoir une période de flottement, d’ajustement stratégique.

Comprenez bien, je ne souhaite pas nécessairement la réélection des libéraux. Mais les conservateurs… Sérieusement?

Et le NPD?

Selon les sondages, le NPD n’aura pas la partie facile. Il pourrait voir disparaître quelques-uns de ses 41 sièges à la Chambre des communes et même être « rayé de la carte à cause de l’éparpillement du vote néodémocrate à travers le pays3 ».

Au final, si les conservateurs reviennent au pouvoir le 21 octobre, je propose la construction d’un mur entre le Québec et le reste du Canada… Car il ne faut pas l’oublier, ce ne sont pas les Québécois qui feront élire Scheer et sa bande, mais bien les électeurs de l’Ouest. Misère!

1. et 2. Sondage Global News-Ipsos publié le 5 mars 2019. Cette enquête a été réalisée en ligne du 1er au 4 mars auprès de 1 000 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. La marge d’erreur est de ±3,5 points.

3. Konrad Yakabuski, « Où s’en va le NPD », Le Devoir, novembre 2018.

 

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