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Vol XXIV No 5, mai-juin 2019, Plein feu sur le KRTB

Le cinéaste portugais Sandro Aguilar à Rimouski

Le cinéaste portugais Sandro Aguilar à Rimouski

16 septembre 2018 par 


Octobre 2016, lors du 45e Festival du nouveau cinéma à Montréal, la directrice générale de Paralœil, Valérie Mongrain, siégeait au jury de la compétition courts métrages internationaux. Sandro Aguilar, réalisateur du film gagnant (Undisclosed Recipients), s’est vu offrir comme prix une résidence de création à Paralœil d’une valeur de 10 000 $ en équipements, transport et hébergement.

Malgré son intérêt pour la possibilité de tourner un film au Québec, Aguilar ne voyait pas quand il pourrait se libérer pour venir à Rimouski. Il faut dire que ce renommé cinéaste et producteur portugais a une feuille de route des plus impressionnantes. Depuis 1999, Sandro Aguilar a produit 71 films, a réalisé 17 courts métrages et deux longs métrages, cela, sans parler de son travail de monteur. Ses films ont été présentés dans plusieurs festivals internationaux et ont notamment fait l’objet de rétrospectives à Rotterdam, New York et Buenos Aires. En 2017, il a terminé un deuxième long métrage (Mariphasa) pour lequel il a repoussé ses propres limites dans la précision des cadrages, des clairs-obscurs et par une narration hachurée et énigmatique. Au sortir de cette expérience intense, il a ressenti le besoin de prendre du recul et de peut-être venir prendre l’air loin de chez lui.

Juillet 2018, Sandro Aguilar débarque à Rimouski pour un mois dans le but d’y tourner un petit film qu’il veut faire loin, voire à l’opposé des obsessions qu’on lui connaît. N’ayant pas avec lui ses fidèles collaborateurs, il entame seul le tournage d’un film, armé d’une caméra, « la plus petite et discrète possible ». Aguilar a l’habitude, lors de ses tournages, de ne pas respecter le scénario et de laisser un espace enviable à l’improvisation; cette fois, son court métrage sera « un petit poème » issu de pérégrinations dans les villages et paysages du Bas-Saint-Laurent. Parmi les espaces visités, il y a le parc du Bic, les villages de Saint-Fabien et… de Saint-Marcellin durant la Feste médiévale! Il va sans dire que, grâce au regard de ce cinéaste à la démarche singulière, ces lieux bas-laurentiens seront sans doute représentés sous un jour insoupçonné.

C’est la première fois que l’organisme de diffusion et de production rimouskois Paralœil accueille un artiste international en résidence de création. Ce baptême pourrait être le point de départ d’un dialogue et d’une relation entre les cinéastes de la région et ceux d’ailleurs. À bien vouloir témoigner de la réalité qui nous entoure, il est possible d’oublier le potentiel d’étrangeté et d’altérité de toute chose. Regarder ailleurs, regarder autrement, oublier un instant pour mieux se réinventer, voilà peut-être ce qui nous attend. Des rencontres et des collaborations qui pourraient contribuer à enrichir et à modifier le visage de la production cinématographique régionale.

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