Le luxe de sa liberté

Le luxe de sa liberté

2 novembre 2017 par 

Catherine Dorion, Les luttes fécondes, Atelier 10, 2017.

Dans son essai Les luttes fécondes paru en mai 2017, Catherine Dorion, auteure, comédienne et militante, revendique la liberté totale en amour et en politique.

C’est avec une plume à la fois franche et douce que Catherine Dorion établit un lien étroit entre liberté amoureuse et engagement politique : « En politique comme en amour, cette énergie est, la plupart du temps, soigneusement contenue à l’intérieur de cadres qui “organisent” les liens qui nous unissent et qui empêchent les révolutions de prendre pied. Le couple. Nos institutions politiques. Les élections. Comme s’il n’existait pas mille autres manières d’entrer passionnément en contact les uns avec les autres. » L’être humain tente de tout figer, les organisations politiques et sociales, les relations amoureuses, alors qu’il est en perpétuel mouvement. Portés par une culture vivante, ne devrions-nous pas « modeler l’institution à nous plutôt que de nous modeler à elle »? L’auteure exprime des inquiétudes à l’égard de nos institutions et précise notamment que plusieurs imaginent un système scolaire extraordinaire, inspiré d’ailleurs. Pourtant, rien ne se passe. « Le gigantisme de nos institutions et de la société qu’elles gèrent nous émascule. Nous avons été expropriés de notre vie politique immédiate. Sous la férule d’un système hypercentralisé, nous sommes réduits à poser des gestes tout aussi absurdes les uns que les autres pour espérer changer un tant soit peu notre environnement. » Nous sommes trop « bons élèves » pour changer quoi que ce soit, pour faire tomber toutes ces barrières qui contrôlent nos pensées.

Catherine Dorion parle abondamment de ce désir éteint jour après jour : « L’humain est une bête conditionnée. Conditionné à une culture, à des façons de faire, d’aimer et d’entrer en relation, de penser. » Son essai nous amène à nous questionner sur l’existence de la liberté. Selon l’auteure, nous préférons taire nos désirs parce que nous sommes conditionnés à le faire, c’est devenu un réflexe. À force de ne pas écouter nos désirs, ils finissent par tomber et se noyer dans le creux du ventre, sans que l’on puisse les retrouver. Notre quotidien est rempli de « il faut que » et de « il ne faut pas que » qui guident nos choix. Nous n’avons pas ce réflexe d’écouter nos désirs lorsque vient le temps de peser les pour et les contre. Et si nous nous posions cette question : qu’est-ce que je désire vraiment? Et si la liberté se retrouvait justement dans cette question?

À travers son essai, Catherine Dorion montre l’importance d’écouter tous les jours nos désirs, car « le désir a sa vie propre ».

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