Une sexualité tout en beauté

Une sexualité tout en beauté

8 novembre 2016 par 

Marie-Christine Pinel, Fontaine de feu et autres mouillures, Leméac, 2016, 112 p.

Sexologue depuis près de vingt ans, Marie-Christine Pinel, originaire de Rimouski, nous offre Fontaine de feu et autres mouillures, un recueil de nouvelles érotiques. L’auteure s’éloigne du cadre de la littérature érotique habituelle en modernisant son approche et en offrant une littérature plus ouverte, plus près de la réalité de 2016.

Son recueil illustre la sexualité dans toutes ses formes et sous tous les angles. Marie-Christine Pinel relate sans mâcher ses mots la rencontre intime entre plusieurs personnages et la sexualité. Elle montre que toute personne est libre de vivre sa sexualité, qu’il s’agisse d’un enfant, d’un vieillard, d’une personne malade, d’une adolescente. Les textes montrent aussi l’importance d’assumer ses désirs et de se construire une sexualité unique et propre à soi-même afin de s’épanouir en toute liberté.

Ce recueil de nouvelles stimule notre imagination et nous fait voltiger toujours un peu plus haut. L’auteure nous donne accès à l’interdit, elle nous fait pénétrer tel un voyeur dans l’intimité des protagonistes. Le lecteur voyage et découvre des personnages différents qui ressemblent en fait aux gens que l’on croise à l’épicerie, au magasin, à nos voisins, à nos amis. Le lecteur plongera dans le récit d’une sexualité épistolaire où deux personnages correspondent par courriel et font l’amour à distance; dans la quête sexuelle d’un homme marié et d’un homosexuel; dans l’histoire d’une petite fille à la découverte du plaisir; dans le récit d’une jeune femme vivant sa première relation sexuelle ainsi que dans bien d’autres croustillantes nouvelles. Chacune des pages vibre de désirs et d’impudeur.

Pour donner un ton encore plus original à l’œuvre, on retrouve, entre les récits, de courts poèmes érotiques qui nous laissent la liberté de visualiser nos fantasmes les plus fous. L’auteure livre ces mots avec une grande agilité et une plume poétiquement rafraîchissante : « Le silence court sur ma peau et raconte le printemps. Je suis ce lac magnifique qui vient de caler. Ma chair fumante fait fondre la glace, telle une épave qui se noie. L’émotion de ce nouveau jour m’émeut. Je suis gavée d’espérance et de vérité. Mes seins se dressent encore alors que de ma fente épuisée et repue s’écoule cet élixir de nous. »

En plus de nous pousser à réfléchir, le recueil nous absorbe à corps entier. Il éveille en nous le désir de le lire d’un trait et nous caresse tendrement de ses phrases à la fois douces et pleines de vérités inusitées. Marie-Christine Pinel s’éloigne des stéréotypes exécrables et des croyances erronées à propos de la sexualité basée surtout sur la performance. Au lieu de dépeindre une pornographie dégradante loin de la réalité, l’écriture témoigne de la sexualité dans toute sa beauté : « Il découvrait mon corps avec la même joie diffuse que j’avais éprouvée en découvrant une nouvelle pièce musicale. S’attardant à la texture de ma peau, à la ligne de ma nuque, au grain de beauté sur mon épaule, il me fouillait avec son nez, ses doigts, ses yeux. Pour mieux m’accompagner, il avait quitté son gilet, me dévoilant ses bras, sa poitrine, son ventre. »

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