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#OnVousCroit

Par Isabelle Fournier le 2016/11
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#OnVousCroit

Par Isabelle Fournier le 2016/11

NDLR : Nous avons décidé de réserver aux femmes l’espace normalement consacré à l’éditorial. Le Mouton Noir affirme ainsi sa solidarité envers celles qui vivent de la violence, des agressions psychologiques, verbales ou physiques.

 «On vous croit! » Un enjeu de taille lorsqu’il s’agit de violence sexuelle. Diverses raisons – discutables – font que les proches, les intervenants et les intervenantes judiciaires, la société croient ou ne croient pas une victime qui, courageusement, dénonce une agression sexuelle vécue.

Pourtant, le fait de croire une victime est fondamental dans son processus de guérison, tout comme l’écoute, le soutien et le respect qui lui sont accordés.

Afin de sensibiliser et d’éduquer la population aux différentes attitudes permettant d’aider les victimes de violence sexuelle, le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) a lancé en octobre 2015 la campagne #OnVousCroit. Cette campagne « se veut à la fois une plate-forme pour commémorer le courage des milliers de femmes qui ont choisi, dans la foulée du mouvement #AgressionNonDénoncée en novembre 2014, de raconter et de dénoncer la violence sexuelle qu’elles ont subie, et est un tremplin pour envoyer un message clair et sans équivoque aux victimes : vous êtes crues; et aux proches et à l’entourage : croyez-les ». Un an plus tard, cette campagne est incontestablement toujours d’actualité.

Les 12 attitudes aidantes que propose le RQCALACS pour offrir un soutien adéquat sont simples, à la portée de toutes et de tous et ont fait leurs preuves. Les centaines d’intervenantes qui œuvrent dans les CALACS du Québec basent leur approche sur ces principes.

1. Croire

Vous n’avez pas à faire la preuve qu’il y a eu agression. Éviter les commentaires mettant la parole en doute ou visant l’intégrité.

2. Écouter sans juger

Privilégier l’écoute active et éviter les questions suggestives.

3. Respecter le rythme, le vécu, les mots

Respecter le vécu de la victime et la laisser vous parler en ses propres mots et dévoiler ce qu’elle peut.

4. Recevoir sans amplifier ou minimiser

Les victimes ne réagissent pas toutes de la même façon, mais une agression sexuelle touche toujours l’intimité et l’intégrité psychologique.

5. Assurer la confidentialité

Assurer la personne de votre discrétion et de la confidentialité de l’échange, à moins que les agressions persistent ou que la sécurité soit compromise.

6. Éviter les réactions trop fortes

Se garder d’exprimer devant la victime la révolte ou la colère que vous ressentez face à la situation.

7. Valider les émotions et les sentiments

Laisser pleurer, crier, rire et favoriser l’expression des sentiments, y compris la colère et la honte.

8. Déculpabiliser

Ce n’est jamais la faute de la victime; remettre la responsabilité à l’agresseur.

9. Garantir la sécurité de la victime

Vérifier si la personne est en situation de danger, si elle a des idées suicidaires et si elle a besoin d’une aide professionnelle.

10. Offrir du soutien, assurer une présence, être disponible

Signaler votre disponibilité en respectant vos limites et vérifier si la personne a un réseau de soutien (famille, amis).

11. Aider à cerner les besoins, favoriser l’autonomie

Laisser la personne faire ses propres choix, c’est l’aider à reprendre du pouvoir sur sa vie.

12. Orienter vers les ressources

Encourager la personne à aller chercher du soutien : référer, c’est aider. Recevoir la confidence d’une victime de violence sexuelle, c’est une grande marque de confiance. Toutefois, il peut être difficile, voire impossible de remplir le rôle d’aidant ou d’aidante. C’est pourquoi les CALACS offrent aussi du soutien aux proches. Il est également possible de faire appel à la ligne téléphonique de ressources en matière d’agression sexuelle au 1-888-933-9007.

Les conséquences d’une agression sexuelle sont multiples et touchent plusieurs aspects de la vie des personnes qui en sont victimes. L’accueil qu’elles reçoivent peut complètement changer une situation. Une mauvaise réaction lors de confidences, comme des jugements ou des commentaires déplacés, peuvent entraîner une re-victimisation et amplifier les conséquences. N’hésitez pas à faire appel aux ressources existantes pour obtenir du soutien et vous guider.

Pour obtenir plus d’information sur les attitudes proposées par le RQCALACS, consultez le site du regroupement (rqcalacs.qc.ca) ou contactez le CALACS de Rimouski au 418-725-4220.

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