Un micro et des bières dans le Bas-du-Fleuve : du rire assuré

Un micro et des bières dans le Bas-du-Fleuve : du rire assuré

22 septembre 2016 par 

Ça fait une petite éternité que je souhaitais écrire dans Le Mouton Noir, ce journal qui a bercé mes premières heures d’artiste communautaire militant rimouskois. À l’époque, avec trois autres comparses, on allait semer de la joie dans les hôpitaux, les foyers pour personnes âgées, les organismes communautaires… C’était super, mais faute de subventions, on a dû abandonner ce projet. Ce n’est pas ce qui rapporte le plus, jouer de vieux sketches d’Olivier Guimond à la résidence La Jonquille.

Cela fait maintenant dix ans que je suis un artiste qui a cessé d’attendre après des sous pour réaliser de belles choses. Si j’étais seul, cela ne me dérangerait pas de manger des sandwichs au jambon tous les midis. Mais comme je suis maintenant papa, j’ai besoin d’une job « alimentaire ». Je veux pouvoir offrir à mon enfant des sandwichs au saumon fumé. Faire des sous, ça change pas le monde, sauf que ça varie le menu.

Je suis monologuiste-humoriste. J’aimerais bien dire que je suis l’un ou l’autre, mais les deux me compliquent l’existence. D’une part, monologuiste, ça ne rentre dans aucune case du Conseil des arts. D’autre part, même si j’ai déménagé à Montréal il y a quelques années pour étudier à l’École nationale de l’humour, j’ai toujours eu un sentiment ambivalent envers les humoristes. J’ai un malaise avec l’humour « industriel ». Et qui dit industrie dit économie de marché où les plus « big » l’emportent. Je salue l’excellent travail du ROSEQ, dont font partie Spect’Art Rimouski, le CODEC d’Amqui, ainsi que plusieurs autres diffuseurs de l’Est-du-Québec, car c’est grâce à eux que nous pouvons voir Louis-José Houde ou Lise Dion, pour ne nommer que quelques gros noms. Mais quand on n’aspire pas à gagner dans les six chiffres, où trouver des lieux pour présenter son art et gagner modestement sa croûte pour ses sandwichs?

Comme le souligne à juste titre Karine Vincent dans son article « La tradition orale sous enquête ! » (Mouton Noir, juillet 2016), « de nos jours, il faut recréer l’occasion de se raconter, provoquer des moments d’échange » (Mouton Noir, juillet 2016). J’ai donc décidé de créer mes propres soirées d’humour dans mon quartier à Montréal. J’anime toutes les semaines une soirée où six humoristes présentent un numéro de dix minutes. Toutefois, amener six humoristes pour dix minutes de représentation dans l’Est-du-Québec, c’est compliqué. On est un peu trop serrés dans ma Toyota Yaris! Mais présenter deux artistes qui offrent chacun 30 minutes de spectacle, c’est sécuritaire (chacun peut s’attacher), et même plus, cela leur permet d’entrer plus en profondeur dans le contenu de leur matériel humoristique.

La Captive d’Amqui et Le Bien, le Malt de Rimouski ouvrent leurs portes à ce projet sous forme de circuit mensuel. J’ai choisi deux microbrasseries, car leurs valeurs rejoignent les miennes. Je n’ai rien contre les Molson/Labatt, mais je préfère la stout du Bien, le Malt ou la rousse de La Captive. Je trouve ça plus savoureux.

Les soirées « microbrasserire » permettront au public bas-laurentien d’assister à des spectacles de qualité de la relève en humour, et pour les humoristes, de venir rencontrer les gens les plus merveilleux du Québec (ok, je prêche pour ma paroisse).

Enfin, avec une ouverture pour des talents locaux, nous allons peut-être voir naître le prochain Fred Dubé ou Boucar Diouf.

Les soirées « microbrasserire » seront présentées à La Captive d’Amqui le dernier lundi du mois et au Bien, le Malt de Rimouski le dernier mardi du mois.

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