Un printemps encore aux Jardins de Métis

Un printemps encore aux Jardins de Métis

17 juillet 2016 par 
La poète Sara Dignard s’est d’ailleurs laissé porter durant la création par l’histoire des lieux et du travail d’Elsie Reford, créatrice des Jardins de Métis, dont la passion l’a fascinée. Photo : Steve Leroux La poète Sara Dignard s’est d’ailleurs laissé porter durant la création par l’histoire des lieux et du travail d’Elsie Reford, créatrice des Jardins de Métis, dont la passion l’a fascinée. Photo : Steve Leroux

La poète Sara Dignard s’est d’ailleurs laissé porter durant la création par l’histoire des lieux et du travail d’Elsie Reford, créatrice des Jardins de Métis, dont la passion l’a fascinée. Photo : Steve Leroux

S’étalant sur la palissade à l’entrée des Jardins de Métis, l’exposition estivale Un printemps encore marie la poésie de Sara Dignard et les photographies de Steve Leroux, deux artistes bas-laurentiens qui donnent à voir et à penser les paysages autrement, comme des « spasmes de lumière et d’époque / sous les paupières ».

L’exposition présente une série de huit clichés pris aux Jardins de Métis, traversés par un souffle poétique qui habite des scènes de forêts, de rivières et de sentiers. Une histoire prend forme au fil des photographies, les textes s’inspirant et s’unissant à la lumière tremblante et diffuse, aux espaces flous ou dédoublés, au grain de l’image et à la silhouette presque fantomatique de l’artiste visuel, dont le reflet qui apparaît sur certaines photos traduit à la fois l’absence et la présence :

« tu reprends une à une les transparences essouffles les couleurs insistes pour te placer au centre appuies sur le noir de ton absence et souris »

Ce dialogue entre les pratiques artistiques de la photographie et de la poésie permet d’accrocher des souvenirs et une narration à l’espace découpé et saisi par l’appareil selon le procédé ancien du sténopé ou de la camera obscura, technique permettant de photographier l’image inversée du décor, capturée à l’intérieur d’une boîte. On ressent également ce retournement à la lecture des poèmes insérés dans les œuvres, cet espace qui se renverse pour refléter la part de l’autre, de l’absent qui réussit à imposer sa présence et se laisse rappeler à nous. S’en dégage une conception très intime du territoire et des jardins.

La poète Sara Dignard s’est d’ailleurs laissé porter durant la création par l’histoire des lieux et du travail d’Elsie Reford, créatrice des Jardins de Métis, dont la passion l’a fascinée.

« Les jardins sont des traces laissées par l’humain : ils parlent de nos vies, de notre façon de concevoir l’espace. Ils sont, comme la photographie, une composition, un cadre qu’on choisit d’aménager d’une certaine façon. » – Sara Dignard

Le projet Un printemps encore saisit l’évolution de ces lieux de mémoire et leur métamorphose au fil des saisons, les jardins revisités par Leroux et Dignard devenant un espace autant intérieur qu’extérieur.

L’exposition sera présentée jusqu’au 2 octobre 2016 aux Jardins de Métis.

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