un patrimoine marin à protéger

Magtogoek,

un patrimoine marin à protéger

17 juillet 2016 par 
Image: Serge Doucet Image: Serge Doucet

Image: Serge Doucet

Magtogoek « le chemin qui marche »… Bien avant qu’on le renomme fleuve Saint-Laurent, les Vickings, et avant eux les peuples amérindiens, vivaient en harmonie avec ce plan d’eau qui allait devenir la pierre angulaire de notre histoire et de notre culture. De la découverte du pays jusqu’à nos efforts de développement d’une économie bleue, le patrimoine marin est au cœur de nos vies, depuis nos racines jusqu’à nos rêves futurs.

Aux quatre coins du monde, des écosystèmes forgent depuis toujours ce patrimoine marin, si bien que les Nations Unies ont désigné 46 sites du patrimoine mondial spécifiquement pour leur valeur marine, et 25 autres qui incluent une composante maritime. Pas étonnant, lorsqu’on sait que plus de 70 % de la surface de la planète est recouverte par les océans, et que ceux-ci contiennent plus de 80 % de la biodiversité, et que la moitié des populations humaines habitent dans des régions côtières.

Même si aucun site du programme marin du patrimoine mondial de l’UNESCO n’est répertorié au Québec, le Saint-Laurent, de par sa splendeur et ses richesses, n’en demeure pas moins un joyau de notre patrimoine collectif. Au-delà de son immensité et de sa beauté, le Saint-Laurent constitue un enjeu socio-économique majeur pour nous tous. Cette artère de vie traverse toutes les basses terres du Québec et rassemble aussi la plus grande partie de son patrimoine naturel et culturel. Le Saint-Laurent, c’est notre vie, nos origines et notre futur. Ce patrimoine marin inclut non seulement les ressources physiques, comme les épaves ou les sites archéologiques évoquant les reliques de notre passé, mais aussi des histoires, des légendes et une diversité des ressources qui rendent le Saint-Laurent si précieux et qu’on exploite depuis la nuit des temps. Or, depuis une cinquantaine d’années, les changements dans nos modes de vie ont éloigné le fleuve de notre quotidien. Aussi étrange que cela puisse paraître, encore plus pour une région côtière comme la nôtre, on a tourné le dos au fleuve.

Considérant le rôle essentiel du Saint-Laurent pour notre économie, nos ressources maritimes et notre patrimoine culturel, il est essentiel que nous l’intégrions dans toutes les sphères de la société québécoise et valorisions le plus possible son importance, en tentant de rapprocher le fleuve et la population, en commençant par les jeunes. Pour mieux protéger, gérer et valoriser toutes ces richesses naturelles et culturelles du Saint-Laurent, il est essentiel que les décideurs de demain soient, d’une part, sensibilisés à l’importance que revêt notre fleuve et, d’autre part, initiés au fleuve par des activités concrètes. Il est de notre devoir de les aider à mieux comprendre comment interagissent ses différentes composantes afin qu’ils puissent prendre les décisions qui assureront la pérennité de cette ressource à laquelle nous sommes si redevables et de laquelle nous devrions être fiers.

Protéger notre patrimoine marin

Connaître le fleuve pour mieux le protéger. Le connaît-on vraiment? Lorsqu’on voit que seulement 3 % des océans sont protégés, et qu’au Québec, c’est encore moins, malgré les 10 % d’aires marines protégées qu’on s’était promises en 2010 à Nagoya, on réalise qu’il y a encore beaucoup d’éducation à faire sur notre patrimoine marin. Plus on appréciera ce dernier, plus on sera apte à le préserver pour les générations futures.

Naviguer le Saint-Laurent

J’ai découvert ÉcoMaris par hasard en 2012 et je suis automatiquement tombée amoureuse de l’approche, de la vision et de la façon de faire de l’organisme, si bien que depuis je m’implique activement au sein de cet organisme. À bord d’un majestueux voilier, une équipe de passionnés crée des programmes visant à redonner le fleuve aux Québécois en partant de l’idée qu’on protège ce qu’on aime et qu’on aime ce qu’on connaît, comme le disait Jacques Cousteau. Or, selon ÉcoMaris, « il n’y a pas meilleur moyen de connaître le Saint-Laurent que de le naviguer ». Ils ont bien raison. Après avoir passé plusieurs jours à bord du Roter Sand depuis son arrivée dans nos eaux, force est de constater qu’une réelle incarnation de notre culture maritime permet de créer un lien sincère et tangible entre la population et le fleuve en plus de développer un sentiment d’appartenance qui permet d’opérer un réel changement, d’améliorer la connaissance de notre patrimoine maritime tout en y intégrant une perspective environnementale.

Par des actions éducatives comme celles d’ÉcoMaris et grâce à toutes les autres consacrées au Saint-Laurent, nous contribuons à la protection de l’environnement marin et au rayonnement de notre patrimoine maritime au Québec et dans le monde. La clé du succès est de travailler ensemble à ces projets importants liés aux milieux marins et, ainsi, favoriser l’éducation, la promotion et la protection du patrimoine maritime de Magtogoek.

 
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