Roche, ciseaux, papier!

Roche, ciseaux, papier!

17 juillet 2016 par 

À la fin du mois de juin, une vingtaine de collaboratrices et de collaborateurs du Mouton Noir ainsi que ses gestionnaires ont tenu un lac-à-l’épaule. C’était la première fois depuis nombre d’années qu’un tel exercice était organisé. Il faut dire qu’avec la situation financière précaire que vit l’organisme, au fil du temps, l’énergie a surtout été consacrée à la recherche de financement et non aux grandes remises en question. Parmi les idées mises de l’avant, celle de garder le support papier pour Le Mouton Noir a fait l’unanimité. Ce ne sera pas la première ni la dernière fois que Le Mouton ira à contre-courant et nous en sommes fiers!

Au cours des dernières années, on a vu plusieurs médias abandonner l’écrit au profit du Web. Normalement, comme la demande de papier journal est à la baisse, on pourrait s’attendre à une diminution du prix. Eh bien non! L’imprimeur du Mouton vient d’annoncer une augmentation de 6 % du prix du papier. Concrètement, cela signifie environ 900 $ de plus par année pour nos impressions.

Récemment, Le Devoir nous apprenait que le gouvernement du Québec, contrairement à ses propres promesses, a investi beaucoup moins d’argent dans les médias communautaires de la province.

« Plongés en pleine crise, les médias communautaires voient leur échapper l’une des principales formes d’aide qui leur est destinée. Alors que l’État québécois est censé investir au moins 4 % de son budget publicitaire dans les journaux, radios et télévisions communautaires de la province, ceux-ci n’ont obtenu depuis 2010 qu’une fraction de cet argent 1. »

Depuis 2010, c’est plutôt moins de 2,5 % que les médias ont reçu. À titre d’exemple, quand Hydro-Québec achetait une page entière de publicité dans Le Mouton Noir, comme elle l’a déjà fait, le journal empochait près de 3 000 $. Si Québec respectait sa parole, on pourrait obtenir annuellement pas loin de 8 à 10 000 $ de plus. Pour un organisme avec un budget annuel de fonctionnement de quelque 130 000 $, c’est presque vital!

Le directeur général de l’Association des médias écrits communautaires du Québec, Yvan Noé Girouard, affirme que, pour les journaux communautaires, la chute est particulièrement dramatique. Au cours des six dernières années, ces petites entreprises ont vu les sommes payées en publicité par Québec et ses agences fondre de près de 90 %. « On a reçu moins de 15 000 $ de publicité gouvernementale en 2015-2016… divisés par 87 médias écrits 1! »

Il faut ajouter que les publicitaires privés délaissent de plus en plus les journaux au profit du Web oui… mais pour s’intéresser surtout aux médias sociaux. Même les médias électroniques comme Radio-Canada offrent, depuis quelque temps, des prix très concurrentiels aux petits marchands locaux pour une publicité télévisée de 30 secondes par exemple. Comment rivaliser?

Malgré tous ces bâtons dans les pattes, nous avons choisi, au Mouton Noir, de garder le cap. Encore une fois, nous relèverons nos manches et tenterons d’user d’imagination pour contrer cette tendance. Nous sommes convaincus de la pertinence et de l’importance des journaux en format papier. Si vous aussi vous voulez mener ce combat avec nous, abonnez-vous, faites un don, participez à nos activités-bénéfice, mais surtout… parlez de nous à vos connaissances et criez haut et fort votre attachement à notre bon vieux canard!

1. Philippe Orfali, « Aide aux médias. Québec fait fi de ses propres directives », Le Devoir, 27 juin 2016.

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