Miro peicak. Bienvenue dans l’univers de Microcosme

Miro peicak. Bienvenue dans l’univers de Microcosme

17 mai 2016 par 
Le défi du projet Innovation métiers d’art a été relevé avec beauté : promouvoir le rassemblement de compétences et de connaissances techniques de créateurs issus de cultures différentes et de diverses familles artistiques autour d’un même thème de réflexion et de création, le microcosme. Photo : lafabriqueculturelle.tv Le défi du projet Innovation métiers d’art a été relevé avec beauté : promouvoir le rassemblement de compétences et de connaissances techniques de créateurs issus de cultures différentes et de diverses familles artistiques autour d’un même thème de réflexion et de création, le microcosme.
Photo : lafabriqueculturelle.tv

Le défi du projet Innovation métiers d’art a été relevé avec beauté : promouvoir le rassemblement de compétences et de connaissances techniques de créateurs issus de cultures différentes et de diverses familles artistiques autour d’un même thème de réflexion et de création, le microcosme.
Photo : lafabriqueculturelle.tv

«Kwei, Miro peicak.Bonjour. Bienvenue dans l’univers de Microcosme. »Le son d’un tambour. Des mots métissés. Les portes s’ouv­rent sur des œuvres de tissus, de poils et de visions, de filaments électriques et oniriques entremêlés. Le 25 février, au 3e étage du Musée régional de Rimouski, le vernissage de l’exposition Microcosme a été le théâtre d’une grande rencontre artistique, artisanale et interculturelle entre différentes nations qui forment le Québec actuel.

La 4e édition du projet Innovation métiers d’art a offert à sept artistes artisans du Bas-Saint-Laurent et à sept artistes autochtones de créer en collaboration, comme en écho les uns des autres. Le défi du projet Innovation métiers d’art a été relevé avec beauté : promouvoir le rassemblement de compétences et de connaissances techniques de créateurs issus de cultures différentes et de diverses familles artistiques autour d’un même thème de réflexion et de création, le microcosme. La réponse des duos d’artistes a été à la hauteur de ce que le philosophe Pierre Riffard décrit comme étant un microcosme : « l’homme en tant que résumé, synthèse et splendeur du monde ».

En participant au projet, les artistes étaient invités à créer en deux temps. Chacun des artistes devait d’abord créer une œuvre miniature et la remettre à son partenaire, qui l’intégrait à son travail. Entrant en résonance, les univers de création se sont altérés avec une générosité et une complicité visibles et dans une esthétique qui a touché le public.

Ainsi, les duos Josée Desjardins (Rimouski) et Eruoma Awashish (Opitciwan), Marius Harton (Saint-André-de-Kamouraska) et Sylvie Bernard (Wôlinak), Annette Albert (Bic) et Marcel Dominique (Pessamit), Emmanuel Guy (Rimouski) et Sarah Cleary (Mashteuiatsh), Ito Laïla LeFrançois (Saint-Narcisse) et Virginia Pésémapéo Bordeleau (Rouyn-Noranda), Manon Lortie (Sainte-Luce-sur-Mer) et Jacques Newashish (Wemotaci), Josée Bourgoin (Saint-André-de-Kamouraska) et Teharihulen Michel Savard (Wendake) ont fait dialoguer leur microcosme. Le prix Marquise Leblanc a été remis au duo LeFrançois et Pésémapéo Bordeleau.

Microcosme est un retentissant moment de rencontre artistique et humaine qui ouvre au pouvoir d’une co-création simple et profonde entre allochtones et autochtones d’un Québec qui devient dès lors un peu plus uni.

L’artiste joaillière Josée Desjardins témoigne : « Il y a un avant et un après. Avant, j’étais menée par un mélange de culpabilité et de désinformation. J’éprouve une certaine confusion à constater qu’avantMicrocosme, je n’avais de toute ma vie su créer de liens avec aucun d’eux. Eux… les Abénaquis, les Algonquins, les Attikameks, les Cris, les Hurons-Wendats, les Inuits, les Malécites, les Mimacs, les Mohawks, les Montagnais-Innus et les Naskapis. Je dis eux et cela sonne faux… Je mesure la coupure, une coupure qui au final me coupe de moi, de mes parts métissées, mes parts sauvages, mon humus, de ma terre ». À travers Microcosme, l’acte de création donne naissance à un « entre-nous qui est en amont de nos différends […] un espace au sein duquel il est possible de dialoguer, de créer, de résister, d’humaniser l’inhumain en chacun 1. »

Microcosme est une exposition de belle ampleur qu’on pourra découvrir au cours de ses pérégrinations jusqu’en 2018. Après le Musée régional de Rimouski, l’exposition est présentée au Centre d’art de Kamouraska, à la Maison amérindienne de Mont-Saint-Hilaire, au Musée amérindien de Mashteuiatsh, au Musée Huron-Wendat et au Musée des Abénakis.

1. Jeanne-Marie Rugira, « La relation au corps, une voie pour apprendre à comprendre et à se comprendre. Pour une approche perceptive de l’accompagnement », Les cahiers du Cercle interdisciplinaire de recherches phénoménologiques, vol. 3, 2008.

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