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VOL XXVII No 1, septembre-octobre 2021 Suzanne Tremblay

De quelle démocratie? Les otages du système

De quelle démocratie? Les otages du système

17 juillet 2015 par 

Dans cette section, le rédacteur en chef du Mouton Noir, Marc Simard, partage avec les lecteurs ses coups de gueule, des textes coup de cœur de collaborateurs et encore plus…

Cette semaine, Marc vous présente un texte de Just Saint-Louis de Québec sur les défaillances de notre système électoral.

La guerre sévit au Québec. Le saviez-vous? Les combats rugissent partout. Mais selon les images que nous bombardent nos téléviseurs, tout semble bien aller dans notre coin de planète.

Pas d’explosions aux alentours! Non. Ceci est réservé aux terroristes d’outre-Atlantique. En pays de droits, la guerre qui nous est imposée est « civilisée »… Elle se passe dans les tranchées des coulisses d’un système que l’on nous vend comme étant « la démocratie »… Et que nous sommes obligés d’acheter.

En apparence c’est la tranquillité. Mais en réalité nous sommes coincés comme les otages d’un mécanisme qui octroie notre pouvoir de décision à des « élus » tous les quatre ans. Ce système est bien rodé; rempli de distractions, de divertissements, de consommations, d’amusements, de croyances et de messages de peur qui laissent conclurent qu’au fond, au Québec nous sommes peut-être nés sous une bonne étoile.

Dépouillage en règle

Au fil de l’Histoire, nous avons été amenés à croire au caractère choyé de nos existences québécoises. Après tout, le discours de masse ambiant ne nous répète-t-il pas que nous sommes des gens libres? Ooouiiiii… Libres de quoi au juste?

Comme consommateur : libres de dépenser notre argent. Et le système en place se charge bien de nous inciter à le faire de manière distrayante. Mais comme citoyens, libres uniquement de choisir une fois tous les quatre ans ceux qui se chargeront de voter « démocratiquement » les lois et les règlements qui vont servir à gérer nos vies et le bien public, idéalement, pour le mieux-être de nos collectivités et de l’environnement. Au-delà, nous, citoyens sommes des gens muselés, tenus de payer nos taxes.

Il est fort à parier, si l’on se fie au taux de participation aux élections municipales, moyenne située entre 30 et 50 % en général au Québec que vous n’êtes pas un habitué des séances des conseils municipaux de votre localité. Dans une société qui met le divertissement au sommet de sa pyramide des priorités, on pourrait dire que vous avez raison d’éviter ça. Même un « conseil d’amish » est plus stimulant. Et puis à quoi bon assister? Les décisions ont été prises en coulisse la soirée précédente. Vous n’êtes qu’un spectateur. Et n’allez pas contester, on va vous rassoir.

La guerre

Le problème c’est que ces « élus » qui reçoivent des salaires pour gérer le bien public grâce aux taxes que vous leur payez sont en réalité vos « employés ». Mais quel contrôle avez-vous sur eux? Aucun. Vous avez été dépouillés par ceux-là mêmes que vous payez à même vos revenus. Au Québec, les municipalités sont des entités créées par la loi dans un système qui se dit démocratique. Rien de plus faux. Vos « élus-employés » qui « votent » (ou plutôt qui décident) des règlements qui vous sont imposés n’ont aucune obligation de les respecter. Ceci est spécifiquement précisé sur le site du MAMOT : « …une municipalité n’est pas strictement obligée de faire respecter sa réglementation… » Une invitation en porte de grange pour la corruption. Et ça c’est l’étincelle dans le baril de poudre qui fait que ça explose partout au Québec.

En pays de « droits civilisés », combattre la corruption et le trafic d’influence coûte cher de sa personne, en temps, en énergie et en argent. Cette guerre pour la justice démocratique et pour le bien public qu’est notamment l’environnement mène des combats partout au Québec. Mais vous ne le saviez certainement pas, car ce sont des combats de paperasse. Rien de médiatique pour le système en place, même si les ravages sont réels.

Rebelles civilisés

Deux ans de spectacle de Commission Charbonneau. Un écran de fumée. Car même le MAMOT semble être de connivence. Si vous subissez un préjudice parce que votre municipalité choisit de ne pas respecter ses règlements, vous, citoyen-contribuable, êtes seul avec votre combat : le respect des règlements n’est rien d’autre qu’une gestion interne. Oubliez même les plaintes en déontologie. Les « sanctions » pour culpabilité déjà prévues pour vos « élus-employés » se rient de vous. Des réprimandes, des remises de don, des remboursements et des suspensions ne sont pas de taille à inquiéter quiconque et encore moins à éviter les récidives.

Finalement, de quelle démocratie parle-t-on lorsque ce terme sert à justifier l’envoi de nos troupes en pays étranger? Quelle démocratie exporte-t-on à nos frais? Celle qui asservie et qui tente de faire taire aujourd'hui des Québécois sur tout le territoire parce que le système d’endettement sur lequel elle s’appuie les fait « courir pour rembourser leurs factures ». Qui peut entreprendre aujourd’hui des procédures judiciaires, à leurs frais, contre des municipalités, bardées d’assurances et qui se défendent en cour avec l’argent de leurs contribuables?

Au Québec, de telles luttes pour une justice démocratique sont menées à Saint-Augustin, Drummondville, Issoudun, Saint-Antoine-de-Tilly, Sainte-Croix-de-Lotbinière, Sainte-Marie-Madeleine, Aylmer, Chelsea, Chicoutimi… et ailleurs. Le saviez-vous? Vous êtes concernés et la fumée vous aveugle. Le mécanisme en place qui nous a été imposé mise sur le fait que ces luttes devront être recommencées sans fin, par vous ou par votre descendance.

Citoyens, réclamez votre pouvoir de « payeurs de taxes ». Rompez l’isolement et joignez votre voix au regroupement du Front commun citoyens (frontcommuncitoyens.org) pour faire cesser cet engrenage, car vous n’avez pas voté pour cette démocratie-là.

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