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VOL XXVII No 1, septembre-octobre 2021 Suzanne Tremblay

Longue festival Vues dans la tête de…

Longue festival Vues dans la tête de…

20 mars 2015 par 

Quand j’ai commencé cet article, un soir plutôt froid de février, je sortais quelques heures auparavant des dernières projections du festival Vues dans la tête de… au cinéma Princesse à Rivière-du-Loup. Tous ceux qui comme moi avaient participé aux trois jours de projections, d’ateliers et de rencontres avec les invités de la troisième édition du festival semblaient ravis.

Les cinéphiles, et ils étaient nombreux, ont pu assister à un concentré d’expériences variées, le tout concocté dans la tête du talentueux réalisateur Stéphane Lafleur. Comme cet artiste a plusieurs cordes à son arc (auteur, scénariste, réalisateur et musicien dans le groupe Avec pas d’casque), le public a eu droit à un éventail de prestations souvent touchantes de sa part et de celle des invités qui l’accompagnaient dans cette aventure, de même que dans les discussions qui suivaient chaque projection.

La table ronde sur la scénarisation, dans l’atmosphère du Café l’Innocent, restera mémorable, ainsi que la présentation très attendue du film Tu dors Nicole de Stéphane Lafleur. Pendant cette projection, j’ai été ébloui, comme bien d’autres, par les images et les plans, mais aussi par la profondeur du personnage principal — Nicole, jouée par Julianne Côté — autant que par certains dialogues déconcertants et l’atmosphère aux tonalités de gris. Les scènes se déroulent souvent la nuit, sur fond de vacances d’été et de banlieue. Les superbes images de balades en vélo et la musique tonitruante du band du frère de Nicole finissent de brosser les contours de cette période un peu trouble qu’est l’adolescence, thème propre à presque toute la programmation.

La formule est originale, les invités le disent, et le festival est maintenant bien connu du milieu cinématographique québécois.

Le festival s’est d’ailleurs ouvert le vendredi après-midi avec la projection de À l’ouest de Pluton dans lequel j’ai retrouvé avec plaisir des portraits émouvants de jeunes adolescents. Comme les créateurs, Myriam Verreault et Henry Bernardet, étaient du groupe des invités, ainsi que l’actrice Julianne Côté de Tu dors Nicole, on a pu les rencontrer plusieurs fois durant les trois jours qu’a duré le festival. Le film 1987 de Ricardo Trogi, le documentaire La marche à suivre de Jean-François Caissy étaient aussi, avec d’autres films et courts métrages, de la programmation.

Autre invité : Alexandre Laferrière, scénariste de Félix et Méira, nous a entretenus de la reconstitution des habitudes de vie (une vue de l’intérieur donc) de la communauté juive hassidique montréalaise. Le scénario : une femme mariée issue de cette communauté cherchant à s’émanciper réussit, grâce à une relation imprévue avec un homme qui s’amourache d’elle (et qui n’est pas issu de ce groupe), à sortir du carcan de cette communauté distincte. Mais, dans le contexte des interdits et des libertés à conquérir, leurs coutumes et leur éducation respectives les confrontent à l’impossibilité d’une relation amoureuse profonde.

Après trois ans d’existence, soutenu par des partenaires importants du milieu et honoré du parrainage de Hugo Latulippe, de Sébastien Pilote et de Stéphane Lafleur et par la présence de nombreux invités, le festival Vues dans la tête de… a réellement pris son envol, trouvé son public et prouvé qu’il doit durer. Pour la présence du cinéma québécois à Rivière-du-Loup, pour l’École des métiers du cinéma et de la vidéo du Cégep et pour le public de cinéphiles de plus en plus nombreux, il importe de maintenir vivant cet événement. La formule est originale, les invités le disent, et le festival est maintenant bien connu du milieu cinématographique québécois, en plus d’être apprécié des cinéphiles bas-laurentiens qui se déplacent pour trois jours intenses de cinéma. Longue vie à Vues dans la tête de… tout en souhaitant que les partenaires actuels (et à venir?) continuent de le soutenir.

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