Aux urnes, citoyennes et citoyens!

Aux urnes, citoyennes et citoyens!

21 mars 2015 par 

Trois scénarios semblent possibles : un gouvernement conservateur minoritaire; un gouvernement libéral minoritaire; un gouvernement de coalition PLC-NPD, ce qui serait sans doute la moins pire des trois options, considérant les valeurs d’un grand nombre de Québécoises et de Québécois. Photo : Lyne Brouillard

Au Canada, la loi impose l’échéance du 19 octobre 2015 pour tenir un scrutin général. Les partis sont déjà en mode pré-électoral. Celles et ceux qui croient que les conservateurs (PCC) de Stephen Harper seront évincés du pouvoir devraient être attentifs aux sondages et aux analyses. « Si la tendance se maintient » (c’est le nom du site qui relaie ces informations), le PCC formerait le prochain gouvernement minoritaire grâce à 33 % des intentions de vote. Le Mouton Noir a sollicité les six partis représentés au parlement pour répondre à ses questions; trois ont accepté l’invitation.

Trois candidats convaincus

Guy Caron, député du Nouveau Parti démocratique (NPD) dans l’Est-du-Québec, se définit comme un économiste progressiste. Il en est à sa cinquième campagne, mais la première où il doit défendre son bilan : « Ce sera un référendum sur ma performance », plaide-t-il. Le porte-parole adjoint du NPD en matière de finances et de commerce international dit avoir résisté aux assauts du gouvernement conservateur contre l’offre de services en région. Son parti prévoit le maintien de ces services. Le NPD obtiendrait la faveur de 21 % de l’électorat canadien. Ses stratèges sont toutefois confiants puisqu’il est le deuxième choix d’une majorité d’électeurs. Un sondage interne du NPD révèle aussi l’inquiétude de la population quant au manque d’expérience du chef du Parti libéral (PLC), Justin Trudeau.

Pierre Cadieux, professeur en gestion à l’Université du Québec à Rimouski, sera candidat à l’investiture libérale dans le comté de Guy Caron. « Les députés du comté ont souvent fait un bon travail, reconnaît-il, mais ils étaient limités dans leurs actions, car ils n’étaient pas à la table des décideurs. » Il souhaite que son parti soit au pouvoir pour réaliser les projets laissés en plan en région. Il plaide la cause du PLC, pragmatique sur le plan économique puisqu’il recherche la rigueur budgétaire, mais aussi attaché au partage de la richesse. Il milite pour une décentralisation des budgets des organismes fédéraux de développement économique et pour une offre de services fédéraux en région. Le PLC créerait un ministère dédié à la ruralité. Il obtiendrait 34 % des voix, mais moins de comtés que le PCC.

Jean-François Fortin, professeur de sciences politiques au Cégep de Rimouski, a quitté le Bloc québécois (BQ) en 2014 alors qu’il avait dans son comté une avance de 28 points sur ses adversaires potentiels. « Ce n’est pas par opportunisme que j’ai pris cette décision - d’autres partis m’ont aussi approché - mais par conviction. » Il a fondé Forces et Démocratie (FD) dont la plate-forme ne prévoit aucune ligne de parti, mais un objectif commun : assurer le bien-être des gens et la vitalité des régions. En février, 21 personnes avaient déjà montré un intérêt à se porter candidates pour FD. « Je ne vise pas à recruter des candidats et des candidates dans les 78 comtés du Québec, mais ceux et celles qui le seront feront activement campagne. » Il mettra de l’avant l’idée des Conseils de région, forums citoyens mandatés pour conseiller FD.

Au Québec, tous les cas de figure sont possibles

Le Bloc québécois est plus vivant que ne le laissent croire certains médias. Ses assemblées d’investiture sont courues. Le Parti vert du Canada recueillerait 4 % des voix au Québec, mais Elizabeth May, chef de la formation, pourrait assurer la présence du parti en Chambre, car elle recueillerait 48 % des votes dans son comté. Au Québec, les quatre principaux partis récolteraient chacun plus du cinquième des voix (28 % au PLC, 27 % au NPD, 20 % au BQ, 19 % au PCC), ce qui rend possibles dans certains comtés tous les cas de figure.

Des gens de gauche, face à un Thomas Mulcair qui n’a pas renié ses convictions libérales au provincial et qui promeut une politique extérieure plutôt conservatrice, seront-ils tentés par une autre candidature progressiste? Probablement, d’autant que plusieurs députés du NPD n’ont pas livré la marchandise, même si d’autres ont prouvé leur talent. Le chef du Bloc, Mario Beaulieu, saura-t-il se montrer rassembleur? Il n’a pas un grand charisme, mais son discours affirmé pour la promotion de la souveraineté rejoint bon nombre de convaincus. Le PCC n’est pas non plus sans appui au Québec. Il est bien installé au Saguenay-Lac-St-Jean et dans la région de Québec. Il règne dans l’Ouest canadien. La dérive sécuritaire de son gouvernement sert ses intérêts électoraux puisque 74 % des Québécoises et des Québécois appuient la loi conservatrice qui donne plus de pouvoirs aux forces de sécurité dans leur combat contre le terrorisme.

Plusieurs luttes seront serrées au Québec, mais pour l’ensemble du Canada, trois scénarios semblent possibles : un gouvernement conservateur minoritaire; un gouvernement libéral minoritaire; un gouvernement de coalition PLC-NPD, ce qui serait sans doute la moins pire des trois options, considérant les valeurs d’un grand nombre de Québécoises et de Québécois.

Consultez le journal au format numérique
Visionner

Consultez le calendrier culturel du Girafe