Nuits malcommodes

Nuits malcommodes

17 janvier 2015 par 

«La Balconnière vous recommande de beurrer ce livre avant de le mettre au four. » Telle est la suggestion inscrite en troisième de couverture de Nuits malcommodes du fond d’un bar à vinyles, de l’auteure Annie Landreville. En effet, vêtu d’une pellicule d’aluminium et rappelant, tant par son graphisme que par son format, le 45 tours, l’objet étonne et rappelle la vocation musicale de la collection, dont il s’agit du premier opus.

Écrite en quatre nuits, quatre séances d’écriture automatique rythmées par l’écoute de jazz, cette suite de poèmes amoureux, dans leur adresse au « tu », exacerbe les sens tant sur le plan des thèmes que sur celui de la langue. Poète du désir et de l’intime, de l’excès aussi, à la langue goulue, l’auteure surprend par ses images oniriques, entre dégoût et fascination : « Tu entrais dans mon ventre pour y faire pousser des fleurs sauvages / leurs racines envahissaient tranquillement / toute ma cavité de géante / je marchais les jambes légèrement ouvertes / pour ne pas les noyer / en retenant le flux qui s’écoulait de mes membranes / tu appelais un lit un lit / et tous les chats du monde venaient y laper leur pitance. »

Fabriqué de façon artisanale à Rimouski, ce premier ouvrage de La Balconnière est un projet édité par Laurence Lola Veilleux (Chasse aux corneilles, Poètes de brousse). Cependant, la maison d’édition se décrit comme un collectif d’artistes multidisciplinaires; le noyau dur de l’équipe comprend également Guillaume Dufour-Morin et Alexandre Robichaud. La maison revendique des œuvres brutes et tend « à mettre en valeur leur intensité primaire ». À suivre!

Annie Landreville, Nuits malcommodes du fond d’un bar à vinyles, La Balconnière, 2014.

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