Désobéissance civile

Désobéissance civile

9 novembre 2014 par 
Jamais l’homme n’a été aussi dépendant, pour satisfaire ses besoins vitaux, d’un système sur lequel il n’exerce pratiquement aucun contrôle. – Pierre Vallières, Nègres blancs d’Amérique

Comme pour nous dire « on s’en câlisse de vous autres », l’austère gouvernement libéral est au luxueux Manoir Richelieu quand il annonce des coupes dans les programmes sociaux. Notre bon gouvernement écarte les fesses du Québec pour qu’un gros pipeline phallique le pénètre sans son consentement pour lui déverser son liquide visqueux : j’appelle ça un viol politique. Les urnes, les élections et la démocratie nous ont menti. Il est temps que tous les citoyens s’organisent selon leurs talents et leurs affinités pour lutter ensemble : l’heure est à l’action directe et à la désobéissance civile!

L’action directe, faussement nommée vandalisme par une bourgeoisie qui sent le bacon, peut revêtir de multiples formes suivant la situation et la créativité des participants. Manifestations, pétitions, grèves, graffitis, occupations, campements, boycottages, grabuge, etc., ou mettre le feu comme les policiers et les pompiers à Montréal. À chacun son talent pour contribuer.

Le changement ne viendra pas spontanément de notre gouvernement qui est soit aveugle, corrompu, incompétent, ou les trois. Nous devons faire pression sur lui.

C’est qui votre député? Mettez-vous ami avec lui sur Facebook, envoyez-lui un message : « Je sais où t’habites ». Tsé des p’tites phrases de même. Ça te saisit le député! Parce que notre ministre de l’Environnement et de la Connerie, David Heurtel, lui, y est harcelé solide par 14 lobbyistes de TransCanada à longueur d’année. Ils le picorent avec des fourchettes à fondue… j’imagine. Facebook n’est pas seulement un ramassis de vidéos ultra-cutes, comme un bébé chiot qui lèche un bébé chaton posé sur la tête d’un petit bébé qui dort, ou de statuts ultra-personnels, comme « Je vois sa tête, je suis dilatée à 10. Y s’en vient. LOL ». Facebook a aussi cette principale qualité : trouver en quelques secondes des groupes citoyens ou des organismes qui luttent pour les mêmes raisons que vous. Joignez-vous au groupe et restez informé sur d’éventuelles mobilisations.

Relisons Henry David Thoreau, ce philosophe impliqué dans la lutte contre l’esclavagisme, qui, en 1846, fut emprisonné pour avoir refusé de payer ses impôts, car, disait-il, ça le rendait complice de l’esclavage. D’où l’expression « prendre le Thoreau par les comptes ».

Désobéir aux lois injustes est un devoir citoyen! La désobéissance civile n’est pas motivée par le caprice personnel ou l’intérêt individuel, mais bien par la conscience développée, par la réflexion, le dialogue, la lecture. Militants, activistes, mères de famille, participants d’Occupation double, tout le monde, faisons taire le Grand Capital et « ses pantins de la destruction » qui le soutiennent. Soyons aussi têtus qu’Antigone, aussi allumés que Jeanne d’Arc, aussi habités que Miron. Soyons « des bêtes féroces d’espoir »!

J’ai hâte que Pierre Bruneau au TVA Nouvelles nous dise que la richesse des uns est faite de la misère des autres. Que les corporations privées les plus puissantes ont d’abord été édifiées sur des terres volées, spoliées, conquises par la force et la guerre, puis légitimées par des traités et des contrats. L’Amérique a été allaitée à même les mamelles d’un génocide autochtone. « Décroche Fred, ça fait plus de 400 ans de ça. » Le temps qui passe serait-il devenu notre juge? Est-ce que Guy Turcotte sera moins coupable dans 400 ans? « Puis-je me contenter d’un sort confortable quand je sais qu’il prospère sur l’exploitation? Une minorité est impuissante tant qu’elle se conforme à la majorité. » Sacré Thoreau! Arrêtons de respecter des lois et un gouvernement qui ne nous respectent pas. Partout : désobéissons! Maintenant : désobéissons! L’historien Howard Zinn nous rappelle que « l’histoire nous montre que les pires atrocités (guerres, génocides, esclavage) ne résultent pas de la désobéissance, mais plutôt de l’obéissance ».

Les hôtels de ville, l’Assemblée nationale, le Parlement sont des fosses à purin où des porcs pleins d’marde se roulent en couinant leur mépris pour le peuple. Après tous les scandales de corruption qu’on nous sert jour après jour, ça choquerait qui qu’un groupe de citoyens défoncent les portes de l’endroit où toutes ces magouilles ont été encadrées et légalisées? Le pouvoir et ses mandarins nous diront « qu’ils mettent la démocratie en danger ». Ah! Mettre la démocratie en danger, c’est tolérer l’intolérable de l’actualité, c’est étouffer notre révolte à coup de séries télé. Mettre la démocratie en danger, c’est croire qu’on vit en démocratie. Et s’ils nous jettent en prison? « Dans une société où règne l’injustice, la place d’un homme honnête est en prison. »

L’indifférence est une arme blanche que l’on enfonce dans le cœur de l’humanité.

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