Mordre la poussière

Mordre la poussière

15 octobre 2014 par 
Dans cette section, le rédacteur en chef du Mouton Noir, Marc Simard, partage avec les lecteurs ses coups de gueule, des textes coup de cœur de collaborateurs et encore plus… Cette semaine, Marc vous invite à lire le texte de Luce Lemieux-Huard de Rimouski, sur le néolibéralisme.

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Depuis les dernières années, on peut dire que le Québec a les deux pieds dans les plats de l'austérité. Les coupures fusent de toutes parts au même rythme que les pipelines et les forages qui, pourtant, reçoivent les bonnes grâces de nos gouvernements. Mais si on lève le regard, force est de constater que le Québec n'a pas l'exclusivité de ces maux actuels. D'autres nations luttent présentement pour renverser la vapeur néolibérale ou en subissent, impuissantes, la férocité. Que ce soit l'initiative de leur gouvernement en place ou celle des grandes institutions mondiales, l'austérité est le pain quotidien de bien des populations. Cette lutte contre les puissants qui nous font mordre la poussière est une lutte  globale.

Lors d'un récent cours à l'université, un professeur faisait l'erreur d'affirmer que le libéralisme avait mené à la fin de l'exploitation de l'Homme par l'Homme puisque ses déboires avaient poussé les populations à réclamer mieux et ainsi, le tout se balançait. Le professeur en question, bien que dépourvu de mauvaises intentions, oubliait que la planète est composée de deux hémisphères et que si les exploités de ce monde ne se trouvent pas au Nord, ils se trouvent forcément ailleurs. Les peuples du Sud ont vécu la colonisation, la traite des hommes et des femmes, les massacres et les coups d'État (et j'en passe). N'ayant pas la chance de souffler, ils vivent présentement l'exode des cerveaux, l'accaparement des terres, le saccage de leurs cours d'eaux et de leurs forêts, l'exploitation de leurs enfants et de leurs ressources et, comme la cerise de ce sundae peu ragoutant, les ajustements structurels. Parce que selon les grandes institutions économiques, rien ne doit nuire au sacro-saint libre marché, pas même l'aide alimentaire en cas de famine, pas même les cafétérias gratuites dans les écoles...ni les soins de santé, ni l'accès à l'eau potable (Ziegler, 2011). Le FMI (Fonds monétaire international) a été le plus grand défenseur de l'austérité, prônant la privatisation et la déréglementation à tout vent. Ces mesures ont détruit des systèmes d'éducation publique et ont saccagé l'agriculture de subsistance de certains pays. Aujourd'hui, les têtes du FMI avouent que c'était une petite erreur de calcul...que «oups, on s'est trompé. L'austérité ce n’est pas si bon que ça».

Le néolibéralisme s'étend sur l'entièreté de la planète puisant les ressources, appauvrissant les uns et exploitant les autres. Les Québécois doivent dire non à l'austérité ici comme ailleurs. Ensemble, il faut se parler d'un avenir meilleur pour l'ensemble de nos frères et sœurs humain.es. Ensemble, il faut monter le ton pour rêver de mieux, pour arrêter d'être né pour un petit pain. La solidarité internationale, c'est tous les jours, quand on décide de ne pas vivre du travail forcé ou abusif des autres, quand on prend parole auprès des décideurs et des puissants et qu'on leur dit que ça suffit et que ça ne se passera pas comme ça.

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