Pétition - Projet Énergie Est : appel aux élus locaux et régionaux

Pétition - Projet Énergie Est : appel aux élus locaux et régionaux

12 septembre 2014 par 

Dans cette section, le rédacteur en chef du Mouton Noir, Marc Simard, partage avec les lecteurs ses coups de gueule, des textes coup de cœur de collaborateurs et encore plus…

Cette semaine, Marc vous invite à lire le texte de la pétition à l'intention des élus locaux et régionaux, sur le projet Énergie Est. Cette pétition est une initiative de Michel Lapierre, un citoyen de Métis-sur-Mer.

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Photo : Le Soleil

Monsieur Lagacé,

Nous nous adressons ici à vous à titre de président de la Conférence régionale des éluEs du Bas-Saint-Laurent. Citoyens du Bas-St-Laurent « de souche », d’adoption ou de cœur et défenseurs de cette région pour ses valeurs, son territoire, ses paysages et ses communautés, nous désirons vous faire part de notre inquiétude à l’égard du projet Énergie Est de TransCanada et de l’éventuel terminal pétrolier dans le port de Gros-Cacouna. Nous désirons aussi vous sensibiliser au rôle que doivent jouer, selon nous, les élus locaux et régionaux dans ce dossier en regard de la vision que ceux-ci ont du développement régional et plus particulièrement des défis et des stratégies inhérents au Plan de développement régional 2013-2018 Être(s) présents pour l’avenir.

Alors que des scientifiques sonnent l’alarme à propos des risques environnementaux mais aussi sociaux et économiques liés à un port pétrolier à Cacouna1, le gouvernement fédéral refuse obstinément de dévoiler les avis, les recommandations et les études sur lesquels il se fonde pour autoriser le début des travaux par TransCanada. Se pourrait-il qu’il n’y en ait aucun? Le ministère de l’Environnement du Québec a, quant à lui, accordé un certificat d’autorisation pour les travaux de forages en milieu marin sans même avoir obtenu un avis scientifique émanant de la Direction des sciences de Pêches et Océans Canada.

Si la communauté scientifique est bâillonnée, le politique est plus que jamais courtisé. Avec ses 23 lobbyistes inscrits au registre, TransCanada mène une campagne d’influence redoutable. Nous savons déjà que le gouvernement conservateur est favorable au projet Énergie Est et l’examen du projet par l’Office national de l’énergie (ONÉ) devant se dérouler au cours des prochains mois n’est, dans les faits, que de la poudre aux yeux. Ne soyons pas dupes. Le gouvernement Couillard est lui aussi favorable à ce projet, tout comme le Parti libéral fédéral qui pourrait former le prochain gouvernement en 2015. Les citoyens quant à eux ne parviennent pas à comprendre comment un tel projet, dont les impacts sont pourtant si majeurs sur les plans économique, social et environnemental, puisse être entrepris avec si peu d’éléments d’analyse. Les citoyens ne trouvent aucune autre explication aux décisions politiques prises dans ce dossier sinon que le pouvoir des grandes corporations privées prévaudrait sur le pouvoir de l’État, sur les fondements de la démocratie et sur la défense objective du bien commun.

Mais qu’en est-il de nos élus locaux et régionaux? Quelle lecture font-ils d’un possible port pétrolier à Cacouna? Quel rapport de force comptent-ils exercer dans ce dossier? Quelles seront leurs exigences pour la sauvegarde du bien commun? Quels liens entretiennent-ils avec TransCanada? Sont-ils outillés et appuyés pour ne pas envisager exclusivement l’avenue dorée des promesses d’emplois et des redevances? Quel leadership exercent-ils dans cette valse d’influence politique en cours? Comment nos élus locaux et régionaux portent-ils leur mandat de représenter leurs citoyens et de développer le Bas-Saint-Laurent selon les valeurs, les principes et les stratégies adoptés? Ces questions constituent précisément l’essence de notre propos.

Devant le projet Énergie Est tel que nous le connaissons, les Bas-Laurentiens doivent s’attendre à ceci :

  • 1.1 millions de barils de pétrole provenant des sables bitumineux albertains arriveront chaque jour à Cacouna. Un faible 7% de cette quantité répondrait à la demande en pétrole des Québécois(es) contre 70-90 % pour l’étranger;
  • À lui seul, le projet Oléoduc Énergie Est engendrerait l’émission supplémentaire de 30 à 32 millions de tonnes de GES par année (soit l’équivalent d’ajouter 7 millions de voitures sur nos routes);
  • En plus du port pétrolier situé au cœur de la pouponnière des bélugas vivant dans l’estuaire, le pipeline traversera quelque 600 affluents québécois, tout en passant dans des réserves naturelles abritant une biodiversité unique au monde (Battures de Saint-Augustin-de-Desmaures, Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent);
  • Par une demande d’accès à l’information, la CBC a obtenu de l’Office national de l’énergie un document présentant les accidents et les fuites des pipelines à travers le Canada. Ainsi, de 2000 à 2012, quelque 1000 accidents ont été relevés soit le double par rapport à la décennie précédente2
  • Deux super-pétroliers d’une capacité de dizaines de millions de litres de pétrole brut chacun (soit deux à cinq fois plus de pétrole que la quantité déversée par l’Exxon Valdez en Alaska en 1989) pourront s’amarrer simultanément sur le port et être chargés pour l’exportation et ce, à l’année longue;
  • Selon l’avis du spécialiste en écotoxicologie Émilien Pelletier, « il serait pour ainsi dire impossible d’envisager une opération de nettoyage en période hivernale » étant donné la présence de glaces et la capacité d’intervention en cas de déversement d’hydrocarbures qui est totalement déficiente;
  • Les retombées économiques prévues sont somme toute modestes comparativement aux conséquences d’un éventuel déversement ou d’une détérioration progressive de l’écologie marine (privation d’eau potable, coût de décontamination avec les deniers publics, saccage de l’industrie des croisières aux baleines et de la villégiature, etc.).

Dans une perspective de développement régional maintenant, est-ce que ce projet rejoint les aspirations des Bas-Laurentiens? Est-ce que Énergie Est s’inscrit dans les orientations qui doivent guider les décisions des acteurs et des leaders de notre région? Voyons ce que le Plan de développement 2013-2018 révèle à cet égard :

  • Le respect de l’environnement, la primauté de la qualité de vie, l’amour du paysage, la tranquillité, et la fierté sont quelques-unes des valeurs qui constituent la trame de fond du Plan de développement.
  • Le Défi 3 : Agir pour un environnement sain et une vie de qualité apporte des stratégies et des pistes d’action éclairantes :
    • Stratégie 1 : Construire un Bas-Saint-Laurent qui s’appuie sur des individus et des territoires en santé. Nous pouvons lire les pistes d’actions :
      • En ayant comme exigence constante le maintien ou l’amélioration de la qualité de l’air, de l’eau et des sols;
      • En assurant la sécurité physique et morale des individus sur l’ensemble du territoire;
      • En se mobilisant pour créer un climat social harmonieux et constructif.
    • Stratégie 3 : Créer une société durable en protégeant et en valorisant la biodiversité bas-laurentienne. Nous pouvons lire les pistes d’actions :
      • En étant proactif collectivement dans la création et la mise en valeur des aires protégées sur notre territoire;
      • En participant pleinement à la mise en œuvre d’un aménagement et d’une exploitation durables des ressources;
      • En poursuivant l’éducation et la sensibilisation des jeunes, des organisations et de la population aux valeurs environnementales.
    • Stratégie 4 : Connaître, protéger et valoriser la richesse de notre patrimoine naturel, culturel et paysager. Nous pouvons lire les pistes d’actions :
      • En se dotant d’outils pour la protection et la mise en valeur des paysages urbains et ruraux;
      • En œuvrant pour maintenir, améliorer et faire connaître la qualité de nos ressources naturelles.
    • Stratégie 5 : Participer activement aux efforts de lutte et d’adaptation aux changements climatiques. Nous pouvons lire les pistes d’actions :
      • En développant des messages et des outils innovants pour sensibiliser les citoyens et les citoyennes sur le défi des changements climatiques;
      • En étant proactif dans la prise en compte des effets des changements climatiques;
      • En ayant comme base d’action et de réflexion l’utilisation des énergies vertes dans tous les secteurs;
      • En adoptant des mesures collectives et des modes de vie permettant de réduire la dépendance des Bas-Laurentiens et des Bas-Laurentiennes au pétrole.
  • Le Défi 4 : Agir pour un entrepreneuriat et une main d’œuvre dynamiques et diversifiés. Une des stratégies de ce Défi est éclairante :
    • Stratégie 3 : Accroître la compétitivité et la responsabilité environnementale et sociale de l’économie bas-laurentienne. Nous pouvons lire la piste d’action :
      • En encourageant les entreprises à adopter des pratiques respectueuses de l’environnement et des humains et à faire reconnaître leurs pratiques.

En mettant ainsi en relation la connaissance que nous avons du projet Énergie Est et la vision collective (quant à elle on ne peut plus claire) du développement bas-laurentien souhaitée, il est complètement incompréhensible qu’un tel projet puisse s’implanter dans notre région à moins que les intérêts publics nobles et concertés soient totalement subordonnés à des intérêts privés exclusivement économiques. De grandes décisions seraient-elle prises en coulisse en faisait fi des institutions et des processus démocratiques qui constituent pourtant la pierre angulaire d’une société moderne?

Si la présente analyse de la situation n’est pas totalement fausse, eh bien nous demandons à la CRE du Bas-Saint-Laurent et à ses partenaires du milieu qu’ils portent avec panache et conviction leur engagement d’« être les ambassadeurs et les ambassadrices du Plan de développement bas-laurentien ». Ceci est un appel aux élus locaux et régionaux parce qu’au-delà de cette responsabilité, nous avons la ferme conviction qu’ils peuvent jouer un rôle-clé dans le rapport de force en cours et à venir. Les gouvernements provincial et fédéral ont clairement affiché leurs couleurs à l’avantage de TransCanada. Le dernier bras de fer se jouera donc (ou pas!) par la mobilisation des citoyens et des communautés les plus concernés par le projet de port pétrolier. Dans ce sens, les élus peuvent manifestement exercer un leadership décisif. Sans ce leadership ferme et obstiné des élus du Bas-St-Laurent, nous craignons sérieusement que les décisions des gouvernements provincial et fédéral en la matière nuisent outrageusement et irrémédiablement au Bas-Saint-Laurent, à ses habitants et à leur avenir.

Des Bas-Laurentiens et Bas-Laurentiennes qui en appellent aux institutions démocratiques locales et régionales et à la mobilisation citoyenne afin que soit bloquée une des pires menaces pour notre région et pour l’ensemble du Québec.

C.c : Monsieur Gérald Beaudry, directeur général de la CRÉ Bas-Saint-Laurent Les préfets des huit MRC du Bas-Saint-Laurent Madame Ghislaine Daris, mairesse de Cacouna

  1. Selon des scientifiques de Pêches et Océans ‘’une augmentation du trafic maritime dans le secteur sud risque d'avoir des effets négatifs, ou neutres dans le meilleur des cas, sur le rétablissement du béluga du Saint-Laurent. [...] La déviation d'une partie du trafic marchand vers le chenal sud diminuerait grandement le nombre de zones à l'abri du bruit pour les femelles, juvéniles et veaux, et contribuerait à la dégradation acoustique de certaines zones de concentration qui, auparavant, étaient peu exposées au bruit de la navigation». Selon le même avis, «la construction d'un terminal pétrolier dans le secteur de Cacouna, et les activités de construction ainsi que le trafic maritime qui en découlera, vont à l'encontre de ces recommandations». Le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins(GREMM) a lui aussi émis un avis qui critique sévèrement les activités de forage et l’éventuel port dans la pouponnière des bélugas. Enfin, pour Jacques Anctil, président de la Fondation québécoise pour la protection de la nature : « D’un point de vue environnemental, le projet est inacceptable. Il présente beaucoup de risques durant les travaux et pendant la période d’exploitation. Il n’y a qu’une seule garantie, c’est que le pipeline va fuir. Il s’agit seulement de se demander quand, où et quelle sera la quantité. »
  2. http://www.cbc.ca/news2/interactives/pipeline-incidents/

Cosignataires de la lettre :

Michel Lapierre, agent de développement Stéphanie Pelletier, écrivaine Christian Bégin, citoyen et conseiller municipal Saint-Germain-de-Kamouraska Jean-François Fortin, député indépendant de Haute-Gaspésie-La Mitis - Matane - Matapédia Yvon Rivard, écrivain Marc Simard, rédacteur en chef journal Le Mouton Noir Dominic Champagne, homme de théâtre Martin Poirier, co-fondateur de NON à une marée noire dans le Saint-Laurent Eric Bonenfant - éducateur spécialisé Nicolas Falcimaigne, journaliste Jean-Mathieu Fortin, technicien en travail social Aimée Lévesque, enseignante de français au Cégep Paule Gosselin, enseignante en français au Cégep Mélissa Brochu, fleuriste Vincent Roy, comédien Alain Caron, président Conseil Provincial des Communications du Syndicat Canadien de la Fonction Publique Jacqueline Chénard, professeure de français Pier-Luc Ouellet, étudiant Virginie Dechamplain, étudiante Sandra Fillion, citoyenne Louis-Philippe Gélineau Busque, propriétaire de La Rumeur du Loup Raphaël Bernier, formateur en santé et sécurité au travail David Lepage, réalisateur Fanny Dufour- Éducatrice, amuseure publique et professeur de yoga Benoît Ouellet, citoyen Julie Grant, agente de développement rural Louis Fréchette, conseiller municipal de Lejeune France Dionne, citoyenne de Cacouna et professeur en graphisme Yvan Roy, co-responsable de la Campagne d'adoption du béluga Frank Malenfant, analyste programmeur Simon Bessette, technicien en bio-écologie Jacques Chauvette, citoyen engagé Odette Lussier, STOP oléoduc Montmagny-L'Islet Élisabeth LeBlanc, étudiante en techniques d'éducation à l'enfance Stéphane Poirier, Non à une marée noire dans le Saint-Laurent Patricia Posadas, professeure de littérature au Cégep Serge Yvan Bourque, monologuiste Simon Côté, charpentier-ébéniste et porte-parole du Mouvement Stop-Oléoduc de Kamouraska Stéphane Imbeault Enseignant au Cégep Stéphanie Gagné, animatrice radio Maude Huard, étudiante Anne-Marie Duquette, étudiante Camille Deslauriers, professeure et écrivaine Sébastien Chabot, étudiant, enseignant, écrivain – Les pétroliques anonymes Mélanie Perroux, coordonnatrice de recherche Thomas Gaudet-Asselin, étudiant Véronique Gagné, comédien-musicienne Johanne Fournier, cinéaste Anne-Marie Côte, étudiante Katia Savard, Coordonnatrice Je raccroche Julie Boivin, directrice générale CLAC-Mitis Catherine Bélanger, enseignante Jacques Bérubé, scénariste fondateur du journal Le Mouton NOIR Rosalie Carrier Cyr, conseillère en intégration socioprofessionnelle Alexandre Caron, étudiante en Architecture Marc-Olivier Dugas, travailleur autonome en théâtre Pénélope Mallard, traductrice et étudiante Tom Jacques, musicien travailleur autonome Vickie Vincent, étudiante Julie Martin, représentante aux services affaires Julie Francoeur, éditrice déléguée au Mouton Noir et doctorante Marie-Pier Tremblay, tuteure pédagogique et auxiliaire de recherche Émile-Olivier Desgens, conseiller municipal St-Modeste Andréane Cormier, étudiante en orthophonie Dany Héon, Chargé de cours Claude Lachance, étudiant Olivier D'Amours, artiste multidisciplinaire et chauffeur Serge Côté, facteur Marie-Hélène Nollet, architecte Alexandre Cossette, dentiste Thuy Aurélie Nguyen, doctorante en création littéraire Guillaume Chevrette, réalisateur Jean Harrison, gérant à Le Bien, le Malt Fanie De Lasablonnière, étudiante à la maîtrise en lettres Guillaume Dufour Morin, étudiant Sarah Charland-Faucher, consultante en gestion de projet Sébastien Gagnon, Technologue sénior en architecture François Lafond, étudiant en archivistique Gabriel Fournier, étudiant en art, lettre & communication Cylia Themens, musicienne et coordonnatrice artistique du CLAC Sarah Landry directrice du Créneau Écoconstruction Cyril Opitz, étudiant dans le programme théâtre Danielle Brabant, conteuse Marie Beauchesne, chargée de cours UQAR Thomas Aubert, programmeur-analyste Hysope média Sandra Bernard, entrepreneur Eve Landry, comédienne Michel Séguin, infographe Richard Lemay, chargé de projet Jean-Claude Boudreault, retraité de la Fonction publique du Québec Stéphane Perron, enseignant en français au Cégep Karine Vincent, coordonnatrice organisme culturel et enseignante Julien Boisvert, graphiste Hugo Hallé, citoyen Hugo Boivin, graphiste Geneviève Cossette, étudiante à la maîtrise en gestion de projet Caroline Jacques, artiste engagée Vianney Gallant, chargé de cours UQAR Cybel Chagnon, gestionnaire organisme culturel Mélissa Grégoire, professeur et écrivaine Michel Dompierre, photo-reporter Mikael Rioux, guide de kayak Frédéric Dubé, humoriste Bruno Santerre, enseignant retraité du Cégep et artiste Julie Sarault, chargée de cours UQAR Mélissa Simard, technicienne en documentation Philippe Dick, directeur des ventes Sabrina Bérubé, préposée aux bénéficiaires Benjamin Grégoire, biologiste, m. Sc. Environnement Soliel Perreault, réalisateur TVCogeco Danielle et Johanne Blais, factrices Andréanne La Rue, enseignante Vincent Lapierre, charpentier-menuisier Karine Savoie, intervenante sociale Isabelle Blouin-Gagné, entrepreneure, conseillère en communication et auteure Élise Landriault-Dupont, professionnelle de recherche UQAR Marie-Josée Boudreau, enseignante Alexandre Pilote, technicien forestier Francine Saint-Cyr, directrice générale OMH de Rimouski Evelyne Lafleur Guy, productrice cinéma et télévision Marie-Claude Lapierre, directrice générale CJE de Rimouski-Neigette Jacinthe Montplaisir, organisatrice communautaire Youla Bourgoin, travailleuse de rue Marie-Eve Grisé-Blais, directrice de production Groupe PVP Louis-Philippe Simard, technologue en transformation alimentaire Mathieu Gagnon, artiste en arts visuels Lorraine Boulanger, enseignante à la retraite Julien Côté, technicien en génie mécanique Liz Fortin, retraitée

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