Champ libre

Apaisante mélopée

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Apaisante mélopée

«MÉLOPÉE n. f. 1. Dans l’Antiquité, passage chanté. […] . Chant, mélodie monotone. »

(Le Petit Robert, 2013) Pour sa plus récente proposition, Jorane pousse à son apogée le concept qui l’a fait connaître : ici, les paroles et les formes conventionnelles sont inutiles, au risque de paraître par moments un brin monotone. Il faut dire que l’album sied davantage à une séance de yoga qu’à un fond sonore énergisant. L’artiste s’est d’ailleurs produite en première partie du Lolë White Tour, un rassemblement de 6 000 yogis vêtus de blanc dédié à la paix à Montréal le 9 août dernier.

Paru le 5 août, Mélopée témoigne de l’expérience et du savoir-faire de sa créatrice. Sa voix, en constante évolution d’album en album, nous révèle par ses inflexions une sensibilité à fleur de peau qui émeut particulièrement lorsqu’elle est plus dépouillée, comme dans la très belle « Mandala I ». L’accompagnement est toujours sobre. Carrément absent dans la pièce susmentionnée, il se résume parfois à un simple violoncelle jouant une basse pizzicato, comme dans « La promise ». Qu’il chante arco des graves caverneux ou qu’il murmure des harmoniques, l’instrument qu’elle met si bien en valeur depuis des années est encore une fois illuminé par la créativité de l’auteure-compositrice-interprète.

Des influences ethniques multiples se font sentir. L’Asie semble bien présente dans « Haïku II » et des sonorités arabes parsèment l’ensemble de l’œuvre. Sans toutefois arborer une étiquette claire, Jorane a son son à elle et son œuvre aboutie n’a que faire des catégories. Mélopée sera le compagnon idéal des fins de soirées tranquilles et des moments contemplatifs.

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